6 Octobre 2017

Burkina Faso: Suspension temporaire de 23 entreprises des marchés publics

Pour une des rares fois, « Le Fou » est allé assister, par effraction, à une conférence de presse. Il s'agit de celle animée par l'Autorité de régulation de la commande publique (ARCOP), le 3 octobre dernier. Je sais que les marchés publics font l'objet de toutes les convoitises et de tous les marchandages possibles.

Là, je suis allé écouter ce que les « gendarmes » de la commande publique avaient sur le cœur. De tout ce qui a été dit, un seul volet a retenu mon attention : la suspension temporaire de 23 entreprises des marchés de l'Etat.

Comme on le dit couramment dans mon quartier, les couvercles de la soupe se sont refermés, même si c'est de façon temporaire, pour les entreprises concernées. Je ne verserai aucune larme pour elles, parce qu'elles méritent amplement ce qui leur arrive, si je m'en tiens aux raisons invoquées par les responsables de l'ARCOP. Falsification de documents et production de convention de groupement non authentique. Une entreprise ne peut pas s'adonner à ces pratiques et on va la laisser tranquille dans son coin ; bien sûr pour les puristes de la bonne gouvernance. Il est heureux donc que, ne serait-ce que par la leçon, l'Etat essaie de mettre de l'ordre dans cette ambiance de vouloir tricher pour décrocher des marchés publics.

En fait, la question que je ne pose, en tant que fou « illuminé », c'est celle de savoir s'il n'y a que ces 23 entreprises qui « déconnent », du moins, qui violent les règles de la transparence. Ça, c'est ma première préoccupation. En effet, et ce n'est un secret pour personne, la fin justifiant les moyens, certains Burkinabè de la génération actuelle, sont prêts à s'allier au diable pour bénéficier de certains avantages pour s'enrichir sur le dos des autres.

En la matière, les marchés publics sont de vastes champs d'application de la fraude et de la corruption. La preuve, si vous avez un marché aujourd'hui et que vous ne « graissez » pas ceux chargés de suivre son exécution, vous pouvez être sûr que demain, vous n'en aurez plus. Dans les bénéfices des attributaires des marchés et même dans la somme consacrée à son exécution, il faut prélever un pourcentage à remettre « à qui de droit ». Si vous refusez cette logique des choses, vous ne devez plus postuler aux marchés publics puisque la chance de sortir bredouille dépassera la hauteur du Pic Nahouri. Il est important de remonter toute la chaîne des « falsificateurs »

Je veux tout simplement dire que cette histoire de falsification de documents n'est qu'une petite partie visible des deals que certains essaient de camoufler dans leur boubou. A ce propos d'ailleurs, si les 23 entreprises ont réussi à falsifier des documents, c'est qu'elles ont bénéficié de complicités quelque part.

Selon moi, Le Fou, il est important de remonter toute la chaîne des « falsificateurs » et punir chacun selon son rôle si tant est que, véritablement, nous sommes engagés pour la transparence dans le sens plénier du terme. Je dis cela parce que je connais parfaitement les Burkinabè ; tant qu'une affaire leur profite, ils restent le plus souvent muets; dès que ça ne les arrange plus, ils deviennent des perroquets. Avec la culture du faux, c'est sûr que beaucoup de gens se sont grassement enrichis.

Il ne suffit donc pas de suspendre pour la forme. Il faut enquêter et situer les responsabilités. De la sorte, nous autres, fous et enfants de Falangoutou, nous pouvons espérer, un jour, avec le jeu des règles de la transparence et de la compétence, devenir « quelqu'un » dans ce pays. Autrement dit, il ne faut pas clore cette affaire de suspension temporaire des 23 entreprises comme si de rien n'était.

Burkina Faso

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