6 Octobre 2017

Cameroun: Les 14 résolutions sur la crise anglophone

Au départ, ce fut une simple revendication des enseignants et avocats. Un an après, elle s'est muée en une revendication politique des sécessionnistes du southern Cameroon. Une révolte qui couve depuis 1994 avec la création du Southern Cameroon National Cuncil ( scnc) qui revendique la partition du Cameroun. Depuis un an, on enregistre des pertes en vies et des dégâts matériels importants suite aux affrontements entre les indépendantistes et les forces de l'ordre. L'ONU et la francophonie ont appelés au dialogue.

Le 1er octobre dernier, des échauffourées ont eu lieu dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest anglophones. Laissant plusieurs morts. Sur la responsabilité du drame, le pouvoir de Yaoundé est pointé du doigt et taxé de laxisme dans la gestion du problème et, les « partitionnistes » sont en ordre de bataille. A Yaoundé on se défend « l'Etat et son Chef, le Président de la République Paul BIYA, ont su pleinement jouer leur partition en la matière »

14 résolutions prises depuis le déclenchement de cette crise

1. La mise à disposition de la version officielle, en anglais, des Actes Uniformes OHADA et du Code Pénal Camerounais ;

2. La création à l'Ecole Nationale d'Administration et de Magistrature du Cameroun (ENAM) d'une Section Anglophone ;

3. La création d'une Chambre de la Common Law à la Cour Suprême du Cameroun, pour examiner de façon spécifique et méthodique les recours en provenance des juridictions du

Nord-Ouest et du Sud-Ouest ;

4. La création d'une Faculté des Sciences Juridiques et Politiques à l'Université de Buea ;

5. La création des Départements de English Law (Droit Anglais) dans les Universités de Douala, de Maroua, de N'Gaoundéré et de Dschang et des Départements de Droit Public dans les Universités de Bamenda et de Buea ;

6. Le recrutement et l'affectation des personnels judiciaires appropriés dans les Cours d'Appel du Nord-Ouest et du Sud-Ouest ;

7. La nomination par Décret présidentiel d'un Magistrat anglophone travaillant dans le cadre de la Common Law au poste de Président de la Chambre Judiciaire à la Cour Suprême ;

8. La nomination d'un Magistrat anglophone comme Procureur de la République près les tribunaux de première et de grande instance de Bamenda

9. La création, par Décret présidentiel, le 23 janvier 2017, de la Commission nationale pour la promotion du bilinguisme et du multiculturalisme. Matérialisation d'une des promesses du Chef de l'Etat dans son Message à la Nation le 31 décembre 2016. L'institution ainsi créée vient compléter le dispositif étatique visant à faire de tous les Camerounais des hommes et femmes bilingues et habités par la volonté de vivre ensemble. Elle traduit la vision politique qui fait du Cameroun un pays uni, indivisible et fier de sa diversité ;

10. La libération des avocats arrêtés, l'arrêt des poursuites judiciaires à l'encontre de l'Evêque de Bamenda et des Pasteurs de la Cameroon Baptist Convention dans l'affaire les opposant au Consortium des parents d'élèves des établissements missionnaires et l'arrêt des poursuites judiciaires à l'encontre des leaders anglophones Agbor Balla, Fontem, Ayah Paul et autres ;

11. L'intégration, la promotion et le redéploiement des magistrats sur l'ensemble du territoire, en tenant compte de leur maîtrise de la langue officielle la plus usitée dans les ressorts d'affectation, sans remettre en cause ni l'option irréversible de l'intégration nationale, ni l'évolution normale de la carrière des magistrats ;

12. La nomination de deux anglophones parmi les nouveaux officiers généraux de l'Armée Camerounaise : les Généraux de brigade Ekongwesse Divine et Agah Robinson ;

13. Le dialogue initié, dès le début de cette année, à travers les missions gouvernementales d'information et d'explication sur la « crise anglophone » déployées dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, auprès des Grandes Chancelleries Occidentales et auprès de la diaspora camerounaise ;

14. Des mesures diverses de restauration de la confiance et de maintien du dialogue, à l'instar du rétablissement de la connexion internet dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest ; connexion suspendue le 17 janvier 2017 afin de préserver la paix sociale et l'ordre public au plus fort de la crise.

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