6 Octobre 2017

Congo-Kinshasa: Province de Sankuru - L'équipe du Dr Mukwege mène une campagne de réparation des fistules génitales à Kole

La mission médicale de la Fondation Panzi de Bukavu, qui vient au secours des femmes de Kole, est la deuxième pour l'année en cours, alors qu'elle est la cinquième dans cette région depuis l'existence de Panzi.

Une mission médicale de la Fondation Panzi, composée notamment du Dr Shangalume Ahadi, spécialiste en chirurgie gynécologique, et de l'anesthésiste Mushengezi Fidèle, a séjourné du 22 au 30 septembre dans la province de Sankuru.

L'objectif de la mission a été de soigner des femmes souffrant des fistules uro-génitales. C'est la deuxième mission menée par cette structure en cette année dans le Sankuru. La précédente, rappelle-t-on, a eu lieu entre mai et juin 2017. L'équipe de la Fondation Panzi y avait opéré 99 femmes.

Par ailleurs, depuis l'existence de Panzi, c'est la cinquième mission dans la région. Ses équipes ont déjà été à Katakakombe, à Wembonyama, à Kole, à Benadibela, à Lodja, etc. où à l'instar de plusieurs contrées de la RDC les fistules y sont un véritable problème de santé publique.

Un remarquable travail

Le remarquable travail de chirurgie réparatrice réalisé depuis plus de 20 ans par l'équipe du Dr Mukwege auprès des femmes violées ainsi que des femmes souffrant des fistules uro-génitales « classiques », c'est-à-dire post traumatiques, ont fait la renommée sur le plan mondial de la Fondation Panzi et l'hôpital éponyme. La majorité des fistules, note-t-on, surviennent à la suite des traumatismes lors de l'accouchement.

Depuis plus de 20 ans, l'hôpital de Panzi a acquis une expérience dans la prise en charge de cette pathologie. À ce jour, près de six mille cas de fistules y ont été soignés. C'est cette expérience que depuis quelques années, les équipes du Dr Mukwege partagent avec d'autres formations médicales des différentes provinces de la RDC.

Les équipes du Dr Mukwega sont déjà intervenues dans le nord et sud-Ubangi, Nord-Kivu, Tanganyika, Lomami, Haut-Uélé, Ituri, Lualaba, Kasai-Oriental et Sankuru. Lors de ces missions, ces équipes assurent en même temps la formation du personnel local: des médecins, des anesthésistes, des infirmiers et de divers intervenants dans la prise en charge globale de cette pathologie.

« À Panzi, nous ne soignons pas seulement les lésions physiques, nous organisons également le soutien psychologique, social et économique. Le but ultime est de réinsérer cette femme dans la société, de la remettre debout, de l'aider à recouvrer sa dignité. C'est une prise en charge globale, holistique », a expliqué le Dr Shangalume.

À Lodja, la délégation de Panzi a chaleureusement été accueillie, le 23 septembre, par le révérend Pierre-Albert Ngueliele, pasteur et président de la société civile de ce territoire.

Ce dernier, un homme attachant, rigoureux et de conviction, avait quitté, il y a une dizaine d'années, la Belgique où il avait étudié et travaillait. Il retourna avec sa famille vivre à Lodja parmi les siens avec comme ambition de contribuer au développement de son terroir et de la RDC.

La mission ramenait de Bukavu cinq filles de Lodja. Elles avaient suivi des soins spécialisés à Panzi. Leurs familles étaient également là, rayonnantes de joie et reconnaissantes.

La mission est partie de Lodja pour Kole, le lendemain. Le Dr Pamandjelo, médecin directeur de l'hôpital de Lodja, formé au début de l'année aux techniques de réparation des fistules à Panzi fut du voyage.

Dans cette partie du pays, 41 femmes rassemblées par les religieuses attendaient cette équipe « en sauveurs ».

« La sœur Thérèse qui vit à Kole depuis 37 ans porte dans sa chair et dans ses prières les souffrances de ces patientes.

Elle connaît mieux que quiconque la valeur de cette mission pour ces femmes qui vivent depuis longtemps dans le déshonneur », a-t-on soutenu.

L'équipe a passé six heures pour traverser les 210 km de route qui relient Lodja à Kole en passant par Dibele, qui sont d'une épreuve à dissuader les plus hardis des cascadeurs.

Malgré les épreuves rencontrées sur la route, la détermination de soigner leurs malades était l'ultime réconfort des membres de cette équipe.

Le dernier passage de l'équipe du Dr Mukwege à Kole date de 2012. Au service des consultations, les 41 femmes malades attendaient « leurs sauveurs » avec un subtil melange de pudeur, de délicatesse et de gratitude.

Après quelques jours de dur labeur dans une chaleur étouffante pour ces gens venus des fraîcheurs des hautes terres du Kivu, l'essentiel était fait.

En tout, 32 femmes souffrant de fistules ont été opérées. C'était dur. Mais on pouvaitt lire sur ces visages extenués la joie du devoir accompli. Comme à l'accoutumée, l'équipe de Panzi venait ainsi de partager son savoir-faire avec le personnel médical de Kole. Les sœurs, pour leur part, ont réçu en sus 32 « kits de réinsertion sociale » destinés à chacune des patientes. Ces kits contiennent quelques produits de base essentiels pour booster et contribuer à redorer l'image écornée de ces femmes. Il s'agit d'un pagne, d'une paire de chaussures, des produits de toilette pour la beauté féminine, des assiettes, des couverts, etc.

Neuf autres femmes dont les cas étaient plus compliqués ont nécessité une intervention chirurgicale plus sophistiquée. En RDC, elle ne peut être réalisée qu'à l'hôpital de Panzi à Bukavu. En attendant leur transfert, pour elles, la patience sera encore longue. Mais l'espoir d'arriver un jour dans cette lointaine « terre promise » du Kivu, d'y être enfin opérées des mains expertes du Pr Mukwege, devient possible. Un jour, se disent-elles en secret, grâce au Dr Mukwege, cette sale maladie et la honte qu'elle charrie ne seront plus qu'un vieux cauchemar ... Cet espoir longtemps caressé a désormais un nom et un visage.

Une fistule, note-t-on, est une solution de continuité entre les voies urinaires (et/ou digestives) et les voies génitales. Autrement dit, c'est un trajet anormal qui relie la vessie (et/ou le rectum) avec le vagin. Elle entraîne ainsi un écoulement urinaire et/ou des matières fécales dans l'organe génital de la femme. Ces « fuites urinaires » sont une véritable tragédie physique et sociale pour la femme. Stigmatisées, la plupart des femmes atteintes de cette maladie invalidante mènent une vie malheureuse. Elles sont souvent abandonnées par leurs maris et victimes d'une exclusion sociale injuste. La société leur colle l'étiquette dégradante de « la femme qui pue ».

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