7 Octobre 2017

Ile Maurice: Réouverture de l'usine de thé de Dubreuil - Infusion douce-amère

L'usine de thé de Dubreuil a connu des années de gloire, mais aussi celles des vaches maigres. Depuis sa fermeture en 1999, le bâtiment était tombé en ruine, visité uniquement par les pigeons et les chiens errants.

Pendant un temps, l'usine avait même été convertie en dortoir pour abriter les «squatters de Dubreuil». Mais depuis peu, elle a repris ses lettres de noblesse sous le nom de Dubreuil National Ripe Tea Factory.

L'usine est désormais équipée de machines flambant neuves de flétrissage, de roulage ou encore de fermentation. Une vingtaine d'individus y travaillent déjà. Ils sont majoritairement mauriciens.

L'équipe compte aussi trois Tea Makers professionnels d'origine chinoise. Ils s'attellent à leurs tâches respectives dès 7 heures du matin jusqu'à 15 heures. Certains s'occupent de la rénovation du bâtiment, qui se poursuivra jusqu'à fin 2018.

Parmi les employés, quelques-uns étaient là avant la fermeture de l'usine, en mars 1999.

À l'instar de Premlall Baboolall et Khemrajsingh Chaytoo, tous deux dans la cinquantaine. À une tonne de production quotidienne de thé, on est encore loin des 125 tonnes désirées.

Toutefois, ces deux employés qui habitent le village se réjouissent de cette réouverture. Même s'ils ne sont pas vraiment convaincus que le secteur théier sera relancé.

«Le bâtiment était un eyesore pour notre village mais désormais, c'est une fierté. D'autant plus que les habitants de la localité seront employés», soutient Khemrajsingh Chaytoo.

Il est actuellement le superviseur de l'usine. «Nou ti anvi ki li réouver. Nou pé rant dan laz. Mo swété ki ban zen vinn travay la aster», déclare pour sa part Premlall Baboolall, visiblement ému d'y travailler à nouveau.

La réouverture de cette usine s'inscrit dans le cadre d'une mesure budgétaire du gouvernement visant à relancer le secteur théier à Maurice.

Or, certains opérateurs sont sceptiques. Ashvin Bhokoree, directeur général de La Chartreuse, a déjà perdu une dizaine de planteurs au profit de la compagnie chinoise Mauristea.

Dans la foulée, sa compagnie a subi une perte de production estimée à 7 %. «Ce sont des habitants de Dubreuil.

Qui plus est, vu que la compagnie chinoise produit du Premium Tea, le salaire qu'elle propose est également premium. Elle a le droit de le faire mais au final, cette mesure est au détriment du consommateur de thé mauricien.»

Ashvin Bhokoree craint que l'arrivée d'un quatrième opérateur, avec la même superficie sous culture de thé et la même quantité de main-d'œuvre, ne plombe ce secteur.

«Certes, le pays aura des revenus avec les exportations, mais le marché mauricien connaît déjà une pénurie du thé. Cela risque de s'empirer si rien n'est fait pour satisfaire la demande des Mauriciens», fait-il valoir.

Ile Maurice

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