9 Octobre 2017

Ile Maurice: Arouille - Prix «so-so»

Considéré comme un mets typiquement mauricien, l'arouille laisse un goût amer à ceux qui le cultivent et le vendent. La raison: le rendement n'est plus le même. Pourtant, le fameux «gato arouy» s'est trouvé un nouveau public, les touristes.

Enn ti gato arouy ek so satini. Petit plaisir des Mauriciens qui est devenu, au fil des années, un luxe. Le petit beignet fondant préparé à base d'arouille (NdlR, aussi appelé taro et chou de chine, ou encore songe ou arouille violette à La Réunion), se vend à Rs 5. Et encore, si le marchand parvient à s'en procurer. Car l'arouille se fait de plus en plus rare.

«Arouy pa tro gagné aster», confirme Geeta Seechurn, qui tient un petit étal de gato délwil sur la route de Pont-Praslin et Mare-d'Australia. Avec son mari Premchand Seechurn, ils plantent et vendent arouilles et violettes. Mais attention, il ne faut pas confondre les deux. «Arouy li tipti. Fer kari avek sa. Violet li pli long ek gro. Ou bouy li ou manzé», explique Geeta Seechurn. Celle qui est dans le commerce depuis huit ans déjà, avoue que le tubercule devient non seulement rare, mais son prix aussi a largement grimpé au fil des années. Il faut compter Rs 60 la livre. «Kan li bien gro li Rs 75», fait-elle ressortir. Et d'ajouter que le prix ne descend pas en-dessous de Rs 50 la livre

Face à cette flambée des prix, certains marchands utiliseraient le manioc dans leurs préparations du fameux gato arouy. «Arouy tro ser. Nou pas koné kisann-la azout maniok mé éna fwa pou gagn plis gato éna marsan kapav azouté», concède-t-elle.

Un peu plus loin, à Brisée-Verdière, même son de cloche dans les champs. Jamunti Dayal cultive les violettes. «Avan nou ti pé plant arouy mé tro lapenn. Li tipti, ou bizin nétwayé, koupé. Ek kan ou avoy lavant li pé vandé Rs 15 a Rs 20. Akoz sa inn aret plant arouy», souligne l'agricultrice. «Violet inpé pli gro mé la osi pa pa bien raporté. Avan, enn violet ti pé pez 7 à 8 liv. Aster li pa pez plis ki 1 liv. Éna fwa li sorti tipti apré éna fourmi ki pé manz li», raconte Jamunti Dayal. «Ou fer tou, met medsinn mé kan ou al lavant, ou gagn zis Rs 30 à Rs 40 alors ki dan bazar li kapav plis ki Rs 75. Nou perdan.»

Toutefois, si pour les Mauriciens l'arouille se fait rare, Soobash Dayal, lui, en connaît certains qui se régalent de ce tubercule. «Bann lotel ki asté sa boukou. Touris bien kontan manz arouy ek violet», annonce-t-il. «Zot prépar li tou kalité manier. Lot fwa la-mem monn trouv zot pé fer chips ek violet.» Comme quoi, l'arouille a trouvé un nouveau public qui peut se permettre de s'en offrir...

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