8 Octobre 2017

Tunisie: «L'accroissement du financement de l'économie, notre priorité stratégique»

interview

L'UIB, filiale du groupe français Société Générale, se donne pour priorité stratégique d'accroître son financement de l'économie tunisienne et prépare un nouveau projet de formation financé par Proparco (filiale de l'AFD dédié au secteur privé) et destiné aux responsables des entreprises dans les régions, affirme le directeur général de cette banque, Mondher Ghazali.

Dans cet entretien accordé à l'Agence TAP, Ghazali s'étale sur ce projet ainsi que sur les efforts déployés par la banque pour offrir un meilleur accompagnement aux entreprises tunisiennes qui misent sur l'Afrique. De nombreux responsables de ces entreprises ont assisté, les 5 et 6 octobre à Tunis, aux «Rencontres Africa 2017», pour examiner, en présence de responsables de banques et de fonds d'investissement, la question d'accès des petites et moyennes entreprises (PME) au financement et leur accompagnement pour l'internationalisation.

En quoi consiste le projet de formation que vous préparez en collaboration avec Proparco ?

Ce projet a pour objectif de proposer une offre de services non financiers mais consacrés à la formation et la mise en contact des responsables de PME. Il consiste à organiser des journées de rencontres périodiques entre les PME de la région et aussi des conférences dans les différentes régions du pays, notamment celles situées loin des grandes villes où l'accès à l'information et la formation financière n'est pas toujours disponible. Des séminaires seraient, par ailleurs, organisés pour former les chefs d'entreprise et les initier à des sujets d'actualité, tels que la loi de finances, le contexte fiscal et les étapes et les moyens d'internationalisation, la gestion commerciale et financière et de l'entreprise et les moyens de les optimiser. L'idée est d'aider ces entreprises, à travers des journées thématiques régionales périodiques, à se restructurer et à avoir les bons contacts, ce qui ne manquera pas d'avoir un impact positif sur les deux parties (UIB et entreprises).

Ainsi, l'entreprise améliore la qualité de sa gestion et donc ses chances de succès. Nous voulons avoir des clients que nous connaissons sur le plan financier et qui déposent auprès de nous des projets mieux ficelés avec une information plus détaillée, plus pertinente. Cela nous permet de les financer (les clients) plus facilement et d'une manière plus efficace.

Mise à part la formation, qu'envisage l'UIB pour accompagner ces entreprises tunisiennes que ce soit dans leurs projets d'internationalisation ou même dans la réalisation de projets dans les régions ?

Cet accompagnement, l'UIB le fait déjà aujourd'hui. Nous avons un nombre très important de success-stories. Au moins 30 opérateurs tunisiens ont été accompagnés par notre banque à l'international. Il s'agit d'opérateurs exerçant dans divers secteurs tels que le bâtiment et les travaux publics, les TIC, l'agroalimentaire, le commerce en général, l'automobile, la distribution. Nous avons accompagné également plusieurs dizaines d'opérateurs tunisiens dans leurs projets d'expansion en Afrique, à travers le réseau du groupe Société générale, qui est l'un des premiers en termes de présence de filiales sur le continent africain. Cela nous permet de les aider sur deux points structurants et souvent décisifs pour la réussite de leur internationalisation.

Le premier point porte sur l'aspect financier. Nous aidons les entreprises à se familiariser avec les banques de la place, qui se montrent souvent prudentes durant les premiers contacts, ce qui oblige l'entreprise à redémarrer de zéro et à faire ses preuves auprès du banquier. Avec le groupe Société Générale, nous disposons d'un desk Afrique spécialisé en Tunisie qui va communiquer avec la filiale du pays en question, de manière à réserver à cette entreprise l'accueil souhaité et un intérêt semblable à celui qu'elle trouve en Tunisie. Donc ça leur fait gagner des étapes qui sont très importantes.

Le deuxième point est relatif au cadre réglementaire. Les entreprises disent également que, quand elles arrivent sur le marché africain, elles ne connaissent pas très bien les spécificités réglementaires et juridiques. Comme elles n'ont pas de partenaires possibles que se soit ceux à qui elles vont vendre leurs produits ou ceux qui cherchent une participation au capital et demandent l'aide, la banque met à leur disposition la connaissance et l'expertise de ses filiales sur place.

Celles-ci les mettent en contact avec des opérateurs de confiance, bien connus de ses filiales, souvent des clients de la Société Générale. Ainsi, nous leur permettons de démarrer leurs activités avec plus de chances de succès et c'est cela l'objectif: démarrer dans les meilleures conditions et évidemment mobiliser tout le potentiel de ces projets pour la Tunisie à la fois en termes de développement de l'emploi, des investissements et des exportations

Vous faites cet accompagnement depuis combien de temps ?

Depuis plusieurs années, dans le cadre du réseau Afrique du groupe Société Générale, mais depuis le début de cette année 2017, on a intensifié nos efforts dans ce domaine, et on a créé en Tunisie le desk Afrique, qui est une structure spécialisée dans l'accompagnent. En juillet dernier on avait réuni, à Tunis, les 18 directeurs généraux de l'ensemble des filiales de la Société Générale et on avait organisé des rencontres «business to business» (BtoB) avec des opérateurs tunisiens intéressés par l'Afrique. L'UIB a également participé à toutes les délégations tunisiennes officielles qui se sont déplacées en Afrique, cette année, dont la tournée faite par le Chef du gouvernement tunisien dans plusieurs pays africains (3 au 6 avril 2017).

Pouvez-vous nous donner plus de détails sur vos engagements financiers dans ce sens ?

Ce sont notamment des projets qui démarrent. Compte tenu des contextes locaux, les projets d'implantation en Afrique mettent deux ans pour s'installer. Comme je viens de le dire, ce sont plusieurs dizaines de projets, dont au moins une dizaine qui ont été déjà concrétisés. Donc, à terme on peut parler d'un potentiel de plusieurs millions de dinars en termes d'exportations par les entreprises tunisiennes et d'investissement en Afrique.

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