10 Octobre 2017

Gambie: Le long chemin vers la sécurisation du pays

Depuis son arrivée au pouvoir, le nouveau président gambien Adama Barrow a fait du secteur de la sécurité l'une de ses priorités, pour consolider la démocratie. Les soldats qui ont commis des exactions sous Jammeh ont été arrêtés, ou se sont enfuis. Mais, après 22 ans de dictature, reposant en grande partie sur une société très militarisée, il reste encore beaucoup de réformes à mettre en place pour obtenir une armée professionnelle et un pays sécurisé.

Il y a dix mois, le 9 décembre dernier, en Gambie, après avoir dans un premier temps accepté sa défaite électorale, l'ancien président Yahya Jammeh annonçait à la télévision nationale qu'il rejetait les résultats. S'en sont suivis près de deux mois de crise, jusqu'à ce que l'ancien président quitte le pouvoir, le 20 janvier.

Depuis, la démocratie essaie de prendre racine, progressivement. Chantier numéro un du chef de l'Etat : la sécurisation du pays, loin d'être une sinécure.

Mais des progrès s'affichent. Le changement le plus visible, selon le chef de l'armée, le lieutenant-général Masaneh Kinteh, c'est une présence un peu moins pesante des militaires dans la société :

« Sous l'ancien régime, l'armée était très présente. On ne voyait jamais un lieu public sans soldats en uniforme. On a un peu diminué cette présence, car elle n'était pas nécessaire. »

La population coopère

De nombreux soldats déjà en poste sous Jammeh sont toujours en place. Le chef de l'armée lui-même a servi sous les ordres de l'ancien président. Alors la réforme la plus importante selon lui, c'est la formation des soldats, pour que l'armée serve l'Etat, et non un seul homme :

« Chaque soldat, chaque officier devra passer par l'étape de la formation. On a besoin d'une armée professionnelle, sur laquelle les manœuvres politiques n'ont pas d'emprise. »

La formation sera coordonnée par la force de la Cédéao présente sur place. Pour le colonel Magatte Ndiaye, à la tête de la mission, cette présence étrangère est un peu mieux acceptée aujourd'hui : « Au début de notre engagement, il y a peut-être eu un déficit de communication.

Mais depuis un certain temps, les populations ont décidé de coopérer avec les forces déployées sur zones. Je dirais qu'il y a des avancées très positives que nous tentons de consolider, mais que la situation n'est pas encore irréversible. »

La force de la Cédéao se dit aussi attentive aux menaces extérieures, avec la présence de proches de Yahya Jammeh dans les pays voisins. Les 500 soldats resteront sur place au moins jusqu'en juin.

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