9 Octobre 2017

Nigeria: Procés des présumés membres de Boko Haram - Le difficile équilibre de la balance

C'est hier lundi 9 octobre que s'est ouvert au Nigeria, le procès inédit de 2300 personnes supposées appartenir au groupe terroriste Boko Haram qui sévit depuis quelques années au nord du Nigéria, du Cameroun et au Tchad.

Un procès de masse qui suscite espoirs et craintes en ce que c'est la première fois, sauf omission, que la justice nigériane statue sur des dossiers qui impliquent autant de nombre d'accusés si fait que l'on peut s'interroger si elle pourra conduire ce procès convenablement. En tout cas, elle n'a pas droit à l'erreur.

S'il est heureux de voir que les accusés dont bon nombre est détenu depuis huit ans comparaissent enfin devant un tribunal, l'ouverture de ce procès est aussi un ouf de soulagement pour les parents des victimes de ces nombreux attentats et autres atrocités commis par la secte islamiste.

Sans oublier également les parents et proches des lycéennes de Chibok enlevées et qui aimeraient savoir la vérité sur ce qui s'est passé. Mais la manière dont ce procès se profile donne tout de même à inquiéter.

Sa tenue à huis-clos passe mal au sein de nombreuses organisations de défense des droits humains qui ont les yeux rivés sur ce procès dont les audiences se tiennent au sein même des centres de détention militaires. Ce qui fait craindre à nombre d'observateurs les risques de violations des droits de la défense.

En plus, la question de l'instruction des dossiers se pose alors que du côté des autorités, on reconnaît que des « enquêtes ont été mal menées ». Toute chose qui pourrait présumer un marathon judiciaire à multiples rebondissements.

Eu égard donc au non respect strict des procédures d'instruction qui ont sans doute conduit à des arrestations abusives, il appartient aux juges de savoir être justes pour ne pas avoir à condamner des innocents qui pourraient après leur libération aller grossir les rangs des ingénieurs du mal de Boko Haram.

C'est dire que la justice nigériane a le devoir de se mettre au dessus de toutes pressions quelconques pour bien conduire ce procès assez délicat et hautement sensible. Comme on l'a vu avec le Cameroun voisin, la lutte contre le terrorisme est souvent utilisée comme prétexte par des autorités pour bâillonner les opposants ou museler la liberté d'expression.

Et le cas du simulacre procès intenté contre Ahmed Abba, correspondant de RFI en langue haoussa au Cameroun, pour une prétendue « collusion » avec cette secte islamiste Boko Haram est là pour l'attester à plus d'un titre.

En tous les cas, l'expérience montre que là où on a la manie du secret règne souvent l'injustice, parce que le pouvoir en abuse. C'est donc dire qu'il faut éviter que ce procès soit une mascarade.

Nigeria

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