10 Octobre 2017

Cameroun: Crise anglophone - Boycott d'un meeting de soutien à Paul Biya à l'Est

Photo: Michael Vadon/Daily Monitor
Donald Trump

La permanence du parti Rdpc de Bertoua, lieu de l'évènement était presque déserte samedi 07 octobre 2017. A peine une cinquantaine de militants du Rdpc ont répondu à l'appel de l'élite pour ce grand meeting de mobilisation des forces-vives de la région contre « les velléités sécessionnistes » enregistrées dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest.

Pour éviter de présenter cette image d'occupation clairsemée des près de 1500 chaises installées pour la circonstance dans cette grande salle, instruction a été donnée au protocole de faire avancer les [quelques rares] militants présents. Objectif, soufflait un membre du comité d'organisation, « il faut essayer de faire foule devant les caméras de télévision ». Sans doute, l'absence remarquée des partis politiques alliés du Rdpc, des chefs traditionnels et des ministres de cultes conviés à ce meeting pour une « prière œcuménique » a également suscité des curiosités.

Pourtant, le thème de cette manifestation était bien choisi et connu de tous. « La région de l'Est dit « Non » à la violence et à la sécession, « Oui » à la paix et au dialogue ». Un évènement politique qui a réuni autour d'une même table l'élite gouvernementale de l'Est au premier rang desquels, Joseph Anderson Le, directeur-adjoint du cabinet civil de la présidence de la République, Michel-Ange Angouing, ministre de la Fonction publique et de la réforme administrative, Ernest Gbwaboubou, ministre des mines, de l'industrie et du développement technologique, Grégoire Mvongo, le gouverneur de l'Est, et quelques parlementaires des deux chambres.

Nonobstant le fait que la salle était presque vide, les responsables départementaux des délégations permanentes du Comité central du Rdpc n'ont pas fait réserve sur les raisons de leur sortie. « Nous sommes ici parce que la situation de notre pays, le Cameroun est préoccupante. Au moment où la partie septentrionale sort peu à peu de la menace terroriste de la secte Boko Haram, les régions anglophones sont secouées par une crise sociale qui a connu quelques débordements menaçant la paix et la stabilité de notre pays », a indiqué, Me Olivier Bembell D'Ipack Cromwell, président de la section Rdpc Lom-et-Djerem Sud1 à Bertoua.

A l'occasion de cette manifestation qui marquait la fin des meetings départementaux organisés le 30 septembre dernier sur l'ensemble de la région, les responsables politiques de l'Est ont dit haut et fort que le Cameroun ne devrait pas être l'apanage des divisions qui pourraient aboutir à la destruction de son unité. Pour les orateurs qui se sont succédé au pupitre, l'unité du Cameroun, sa cohésion, sa stabilité dans la diversité et le caractère composite de cette nation sont non négociables dans la mesure où ces valeurs ont été acquises de haute lutte.

Unité nationale

Pour Paul Danata, député de la Kadey, « si le Cameroun compte plus de 250 dialectes et des personnes de diverses origines qui vivent ensemble dans la paix, ce ne sont pas les langues étrangères (le français et l'anglais) qui diviseront les Camerounais ».

De l'intervention du sénateur Joseph Roland Matta, l'on note que plus de 3000 ressortissants des régions du Nord-ouest et du Sud-ouest exercent librement leurs activités (même l'exploitation forestière illégale) en toute quiétude dans la Boumba-et-Ngoko, son département d'origine.

Après un cours magistral sur l'histoire du Cameroun depuis la colonisation, le sénateur Benjamin Amama Amama du Haut-Nyong, tout comme son collègue Badel Ndanga Ndinga, du Lom-et-Djerem ont condamné « la violence comme mode d'expression ».

Pour sa part, Badel Ndanga Ndinga, invite le chef de l'Etat à accélérer le processus de décentralisation au Cameroun.

Par la voix d'Emmanuel Bondé, représentant du délégué régional permanent du Comité central du Rdpc, les forces vives de la région de l'Est ont réaffirmé leur soutien à Paul Biya, chef de l'Etat et président national du Rdpc, afin qu'il continue de préserver l'intégrité territoriale, l'unité nationale et de promouvoir le vivre ensemble.

« C'est pour cela que nous disons non à la tentative de sécession, non à la destruction des édifices publiques, non aux villes mortes, non au désordre comme moyen de résolution d'un problème quelle que soit sa pertinence, non aux actes de violence et de vandalisme dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest » a martelé le patriarche de la Kadey. Ensemble, à travers une motion de soutien, les filles et fils de l'Est ont réaffirmé leur attachement à un Cameroun, Etat unitaire décentralisé, un, et indivisible.

En savoir plus

L'appel au dialogue d'Amnesty International

Cette organisation estime que la situation actuelle est la conséquence d'un problème de gouvernance. Plus »

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