10 Octobre 2017

Tunisie/Mozambique: La potion magique ?

Si c'était au Mozambique, où l'équipe de Tunisie buta sur la marche conduisant au Mondial 2010 en Afrique du Sud, on pourrait redouter cette simple formalité.

Si l'adversaire s'appelait le Cameroun, cela serait encore pire. D'autant qu'au dernier tour, ce furent justement les Lions Indomptables qui écartèrent les nôtres du Mondial 2014 au Brésil.

Là, les choses sont claires: dans la foulée du triomphe de samedi dernier à Conakry (4-1), les copains de Youssef Msakni ne peuvent pas manquer leur rendez-vous avec l'Histoire.

Revoilà donc le Mondial après deux éditions et huit ans d'absence. Comparaison faite avec l'absence de l'Egypte, roi incontesté du Continent avec ses sept couronnes africaines, et dont le dernier Mondial remonte à 1990 en Italie, celle des Rouge paraît insignifiante.

Un gain économique salvateur

Les retombées de ce come-back du foot national au plus haut niveau sont très importantes. Impossible de ne pas penser aux quinze millions de dinars qui vont tomber dans l'escarcelle d'un foot au bord de la banqueroute. Le ministère de tutelle cherche progressivement à se désengager des coûts rebutants qu'il a pris l'habitude d'assumer vis-à-vis de la fédération. Les clubs se sentent livrés à eux-mêmes en l'absence des soutiens publics auxquels ils s'étaient habitués.

De nombreux joueurs de la sélection vont devenir la cible privilégiée des clubs européens. Pas tous certes, mais nos clubs peuvent prétendre tirer les dividendes de ce nouveau palier auquel accèdent les Aigles.

On peut également penser à la main-d'œuvre liée au football qui trouvera preneur à l'étranger, notamment au Golfe. Entraîneurs, préparateurs physiques, entraîneurs des gardiens, kinés... seront sollicités plus souvent.

Point de vue sportif et économique, le gain peut se révéler salvateur si l'on sait promouvoir concrètement le produit. Un temps, le Mondial va fédérer tous les sportifs sous une même bannière, celle des couleurs nationales. Ils vont à l'unisson pousser derrière les copains de Mathlouthi, loin des querelles de clocher auxquelles ils sont habitués chaque dimanche. Et qui débordent parfois et font craindre le pire.

Il ne faut pas pour autant croire que la «qualif» va guérir tous les maux dont souffre le corps malade d'un foot sur le compte duquel certains n'hésitent pas à dire qu'il va à sa perte.

Attentes démesurées ?

Un Mondial va-t-il par un coup de baguette magique permettre de moderniser des stades obsolètes et n'offrant aucun confort, transformer des pelouses infâmes et parfois même ressemblant à un champ de patates, et redonner aux tifosis le goût d'aller aux stades ?

«Russie 2018» va-t-il éteindre le feu de la contestation, des suspicions, de la violence verbale et physique et des menaces qui pèsent chaque dimanche sur les arbitres ?

Le fait d'appartenir au cercle fermé des 32 nations finalistes va-t-il garantir un regain de crédibilité de la compétition nationale, rendre éblouissant le spectacle affiché dans nos enceintes et assainir providentiellement les mœurs et pratiques en cours dans notre sport-roi qui ne reconnaissent qu'une chose: gagner à tout prix, s'il le faut au mépris de la charte sportive ?

Eh bien, que peut-on attendre de plus d'un simple événement sportif aussi important soit-il ? N'accable-t-on pas notre Mondial, réceptacle de tous les fantasmes possibles de trop lourdes attentes ?

Allons donc. Si le Mondial devait servir de remède miraculeux à tous les vices qui gangrènent le sport-roi tunisien, il l'aurait fait depuis belle lurette. Car l'année prochaine, en Russie, nous en serons à notre cinquième Mondial.

Alors, trêve de chimères et de balivernes. Sur la place Rouge, au centre de Moscou, on ne pratique pas encore les artifices de la magie. Et on ne vend non plus aucun philtre miraculeux...

Tunisie

Trio d'enfer !

Le public venu nombreux, composé de mélomanes et de représentants de l'ambassade d'Autriche, s'est… Plus »

Copyright © 2017 La Presse. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour toute modification, demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica publie environ 800 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.