10 Octobre 2017

Madagascar: Épidémie - Des pestiférés s'évadent des hôpitaux

Photo: © RFI/Paulina Zidi
Quartier des 67 hectares, proche du centre-ville d’Antananarivo, à Madagascar.

Évasion sanitaire ». La maîtrise de la propagation de l'épidémie de peste se complique. Trois malades se seraient échappés de leur lieu de traitement, en fin de semaine. « C'était dimanche. Le premier a été sous traitement au centre hospitalier à Ambohimiandra (CHAPA).

Le second, un cas suspect répertorié au point de contrôle sanitaire d'une gare routière. Le troisième cas n'est pas encore précisé », révèle une source auprès du ministère de la Santé publique, hier.

Ces malades, isolés pour éviter de contaminer d'autres personnes, n'auraient pas encore achevé leur traitement. Leurs proches et toutes personnes qui entreront en contact avec eux sont donc exposés à la contamination de la maladie. Malheureusement, on ne connaît pas leur identité.

Cette évasion sanitaire des cas suspects de peste a pris de l'ampleur ces derniers temps. Ce n'est malheureusement pas la première fois que de tels problèmes ont été signalés, depuis l'apparition de l'épidémie.

Un enfant a été emmené en catimini par sa famille hors formation sanitaire à Antananarivo, la semaine dernière. Un autre malade s'est enfui de l'hôpital à Toamasina.

Négligence

Dans un autre hôpital d'Antananarivo, le personnel de santé et du bureau municipal de l'hygiène de la commune urbaine d'Antananarivo a été en pleine négociation avec la famille d'un enfant qui a succombé à cette maladie, hier matin, pour que celle-ci accepte de l'inhumer dans la fosse commune d'Anjanahary. Une énième tentative, suite aux nombreux refus des familles de victime d'admettre que leur proche soit atteint de la peste.

C'était le cas, à Toamasina où des éléments des forces de l'ordre ont dû intervenir pour empêcher la famille d'une personne pestiférée de prendre le corps. Quelques jours après, on a déterré le corps d'une victime d'une fosse commune à Manangareza Toamasina.

À Ambodihady Ambohima-narina, les proches de la victime ont refusé de reconnaître que leur proche en soit victime. À Amboditsiry, une famille a emmené illicitement le corps de son proche pour l'enterrer dans son tombeau familial, dans le district de Manjakandriana.

Il est certain que des personnes pestiférées circulent ici et là, sans qu'on ne s'en rende compte. En fin de semaine, par exemple, une personne provenant d'Antananarivo a rejoint la ville de Fianarantsoa en taxi-brousse, avec la bactérie de la peste. Il n'a succombé qu'à l'arrivée dans cette ville. Il a sûrement contaminé ses compagnons de voyage.

À Ambohimangakely, une femme de 37 ans a perdu la vie samedi, suite à cette épidémie. Les médecins ont fait un mauvais diagnostic en certifiant qu'elle était victime de coma éthylique.

D'autres médecins, inquiets, ont fait faire un test de diagnostic rapide. C'était positif à la peste pulmonaire. Avec de telles négligences, ce n'est pas étonnant que l'épidémie continue à faire de nombreuses victimes.

Quarante-cinq décès

Le ministère de la Santé publique a fait état de quarante-cinq personnes décédées et trois cent quatre-vingt neuf cas suspects de peste dans tout Madagascar, depuis août 2017 jusqu'au 8 octobre.

À Antananarivo, les personnes décédées seraient de dix-huit, jusqu'à hier. Quatre autres nouveaux districts sont également touchés par l'épidémie, à savoir Soavinandriana, Fénérive-Est, Ambohimahasoa et Fandriana, malgré la mise en place de point de contrôle sanitaire.

Le ministère de la Santé publique, avec le ministère du Transport, le Bureau national de la Gestion des risques et catastrophes se concertent pour étudier une stratégie adéquate à la maîtrise de la circulation des personnes pestiférées.

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