10 Octobre 2017

Tunisie: A prendre bien au sérieux !

Le débat sur «Les médias et le terrorisme» ne prend décidément pas fin. En fait, il n'a jamais pris fin. La raison ?

La relation est «symbiotique», expliquent les chercheurs .A vrai dire «ils y ont, tous deux, intérêt». L'objectif du terrorisme est moins de «tuer que d'effrayer le maximum de gens»(R .Aron). Et malgré leur sincérité, leur engagement, leur bonne volonté, les médias résistent peu à l'attrait de l'audience en traitant de cette «sorte» de sujets.

Bien sûr, au fur et à mesure des attentats, les Etats ont réagi. Ils ont érigé des lois, ils ont durci la répression.

L'institution journalistique s'est, elle aussi, réorganisée en conséquence. « Interdictions» diverses : de glorification posthume, de diffusion d'images, de révélation d'identités, etc. Avec des mises en garde, des mises en demeure, des pénalisations. Contournées, toutes, néanmoins. Le débat ressurgit, la controverse reprend, à chaque fois, parce que personne, en toute apparence, ne prend la question bien au sérieux. Personne n'y apporte la juste et nécessaire pensée.

Où réside le problème du traitement médiatique du terrorisme ?

Nous avons déjà des réponses. Pratiques, logiques, issues d'une «introspection» de la profession, de ses premières précautions : globalement, dans le «que dire», «que montrer», dans le comment «ne pas faire le jeu des attaquants», «ne pas porter atteinte à la mémoire des victimes», «ne pas travestir la vérité». Des réponses «insuffisantes» au regard d'autres chercheurs qui pensent, au contraire, qu' «en parler librement» dans les médias joue «un rôle thérapeutique», «permet de se rassembler autour d'une même émotion». Deux extrêmes. C'est dire la difficulté. On a été choqués, l'autre soir, par la présence à «Andi manqollek» de l'épouse et de la mère d'un des «recrues» de Daech qui venait de se faire exploser à Reqqa, tuant plus d'une soixantaine d'innocents. Choqués, sans doute, parce que l'on ne comprenait pas bien les motifs d'une telle invite.

Alaâ Chebbi a insisté, tant bien que mal, sur le «drame d'une famille» et «le malheur de deux petits orphelins». Mais pendant tout ce temps, sur le plateau, femme et belle-maman s'épanchaient «sec» pour le «bourreau daechien». L'étalage faisait sûrement« scoop». On eût préféré l'abstention.

On n'aborde pas un thème aussi grave et complexe que le terrorisme avec le mélo de la télé-réalité. Mais avec la pertinence du sociologue et la rigueur de l'historien !

Tunisie

Le pays classée paradis fiscal - Le président Essebsi plaide sa cause à Paris

Le président tunisien était à Paris lundi 11 décembre. Au cours de la conférence de… Plus »

Copyright © 2017 La Presse. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour toute modification, demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica publie environ 900 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.