2 Octobre 2017

Afrique: Faire de la recherche des cas de tuberculose une priorité mondiale

Tous les ans, 10,4 millions de personnes développent la tuberculose, une maladie qu'il est tout à fait possible de prévenir et de guérir. Pourtant, il y a plus inquiétant : 40 pour cent des cas ne sont même pas soignés. Ils ne sont pas repérés par les systèmes de santé et ne sont pas diagnostiqués, traités ou déclarés.

Fondamentalement, ces patients manquent à l'appel parce que nous n'avons pas fait assez pour éliminer les obstacles qui entravent leur accès aux services appropriés ou parce qu'ils appartiennent à une population vulnérable difficile à atteindre, comme les migrants, les mineurs, les réfugiés et les personnes vivant avec le VIH. Il peut également s'agir de patients qui ont été traités mais qui n'ont jamais été signalés dans le cadre des programmes nationaux.

Au final, beaucoup mourront ou resteront malades et contagieuses, voire contribueront à alimenter la menace grandissante de la pharmacorésistance si elles sont traitées avec des médicaments inadaptés.

Les cas manquants et la résistance aux médicaments représentent des enjeux de taille dans la lutte contre la tuberculose et font peser une grave menace pour la sécurité sanitaire mondiale.

Les décès imputables à la tuberculose pharmacorésistante - lorsque la bactérie responsable de la maladie ne réagit pas aux médicaments de première intention - représentent désormais près d'un tiers de l'ensemble des décès liés à la résistance aux antimicrobiens dans le monde.

Il est urgent d'agir pour briser le cycle de la transmission de la tuberculose et de la forme pharmacorésistante de la maladie s'il l'on veut sauver des millions de vies et concrétiser l'objectif mondial d'en finir avec la tuberculose d'ici 2030. Plus on tarde à trouver les cas manquants, plus il faudra de temps pour atteindre les objectifs internationaux.

Le partenariat du Fonds mondial a lancé une nouvelle initiative visant à identifier les cas manquants de tuberculose pharmacosensible et pharmacorésistante. Il s'agit d'un investissement dans des interventions ciblées et innovantes visant à recueillir des données probantes et à généraliser les méthodes les plus efficaces.

Grâce à un ensemble complet de services qui varieront selon la situation, les partenaires espèrent trouver 1,5 million de nouveaux cas de tuberculose d'ici à 2019 dans 13 pays qui compte pour 70 pour cent de l'ensemble des cas de tuberculose et de tuberculose pharmacorésistante qui manquent à l'appel dans les systèmes actuels.

À la quarante-huitième Conférence mondiale de l'Union sur la santé pulmonaire organisée à Guadalajara, au Mexique, des partenaires représentant l'OMS, le partenariat Halte à la tuberculose et le Fonds mondial se sont associés à des maîtres d'œuvre d'Afrique du Sud, du Bangladesh, d'Inde, d'Indonésie, du Kenya, du Mozambique, du Myanmar, du Nigeria, du Pakistan, des Philippines, de la République démocratique du Congo, de Tanzanie et d'Ukraine pour soutenir et lancer cette initiative conjointe.

L'initiative d'investissement à effet catalyseur contre la tuberculose intègre 115 millions de dollars US sous forme de fonds de contrepartie destinés à soutenir des programmes dirigés par les pays. Dix millions de dollars US supplémentaires au titre de l'initiative stratégique serviront à aider les partenaires techniques à élaborer de nouveaux outils fondés sur les meilleures pratiques. Enfin, un investissement multi-pays de 65 millions de dollars US ira aux programmes transfrontières portant notamment sur la riposte à la tuberculose pharmacorésistante parmi les travailleurs migrants ou sur l'offre de traitement pour les réfugiés et les personnes déplacées à l'intérieur d'un pays.

Cet investissement diffère des autres efforts en ce qu'il adopte des approches qui ne sont pas habituelles et qui se concentrent sur des populations-clés exposées à un risque élevé de tuberculose, défavorisées et marginalisées. Les interventions suivront les principes de base de la recherche, du diagnostic et du traitement de toutes les formes de tuberculose chez l'adulte et l'enfant et permettront de lutter contre la propagation de la tuberculose, y compris de la tuberculose pharmacorésistante.

Cette démarche passe notamment par le dépistage systématique et ordinaire dans le cadre des examens médicaux, ainsi que le diagnostic précoce de la tuberculose et de la tuberculose pharmacorésistance en utilisant des outils de dépistage plus sensibles et des outils de diagnostic plus spécifiques, comme la radiographie et la technologie GeneXpert.

Les investissements serviront également à susciter l'engagement des prestataires des secteurs privé et public dans le but d'accélérer la détection et le traitement des cas de tuberculose. Dans de nombreux pays d'Asie du Sud-Est, la majorité des patients atteints de tuberculose consultent des prestataires de soins du secteur privé pour différentes raisons. Il est donc indispensable que ces données soient transmises aux systèmes nationaux de lutte contre la tuberculose. Des modèles novateurs de prise en charge mis en œuvre dans le secteur privé ont donné de bons résultats. En Inde, par exemple, ils ont permis la notification de centaines de milliers de cas de tuberculose manquant à l'appel.

Atteindre les patients manquant à l'appel demande également de développer plus encore des programmes qui favorisent les approches intégrées et communautaires de la prise en charge de la tuberculose et de la tuberculose pharmacorésistante. Dans des pays comme le Nigéria, par exemple, nous devons centrer les investissements sur le renforcement et le meilleur équipement des structures de soins de santé primaires en vue d'accélérer l'identification de cas.

À l'échelle mondiale, seule la moitié des patients atteints de tuberculose multirésistante qui entament un traitement le suivent avec succès, principalement en raison de la forte mortalité et de l'abandon du traitement. Nous devons donc soutenir les pays en vue de garantir des soins de qualité et d'améliorer l'accès et les résultats de traitement.

Le Fonds mondial soutiendra également une évaluation au regard des questions de genre et du droit afin d'aider les partenaires à mieux comprendre qui sont les cas manquant à l'appel et où ils se trouvent, et à identifier les principaux obstacles aux services de prise en charge de la tuberculose.

Dans notre monde globalisé, les maladies n'ont pas de frontières ; lorsque les gens se déplacent, les maladies leur emboîtent le pas. Il est donc crucial de rechercher les cas manquants et de mettre fin à la tuberculose partout dans le monde : cela signifiera non seulement que des millions de vies seront sauvées et que des communautés seront redynamisées dans les pays vulnérables à revenu faible ou intermédiaire, mais aussi que la sécurité sanitaire mondiale sera renforcée.

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