11 Octobre 2017

Rwanda: HRW accuse l'armée de recourir à la torture

Photo: HRW
Caricature - Détention militaire illégale et torture

Dans un rapport publié mardi 10 octobre, Human Right Watch (HRW) accuse l'armée du Rwanda de recourir régulièrement à la détention illégale et à la torture dans des centres de détentions non officiels. L'organisation de défense des droits de l'homme, qui s'appuie sur des témoignages recueillis auprès d'ex-détenus et de membres de famille de personnes torturées, assure avoir documenté au moins 104 cas de personnes arrêtées illégalement entre 2010 et 2016, et cela en toute impunité.

L'organisation de défense des droits de l'homme Human Rights Watch (HRW) accuse l'armée rwandaise de recourir à la torture pour extorquer des aveux à des suspects détenus illégalement. HRW affirme avoir documenté 104 cas de personnes détenues illégalement et, pour une majorité d'entre elles, victimes d'actes de torture - bastonnades, décharges électriques, simulacres d'exécution -, dans les centres de détention de l'armée rwandaise entre 2010 et 2016, selon son rapport de 102 pages intitulé « Nous t'obligerons à avouer: torture et détention militaire illégale au Rwanda ».

Pour la directrice Afrique chez HRW, Ida Sawyer, une chape de plomb recouvre ces pratiques « odieuses », qui se poursuivent : « C'est lié en partie au climat de peur qui existe au Rwanda. Les gens, les victimes craignent tellement de dénoncer ce qui se passe par peur de représailles... Mais nous avons quand même documenté des cas où des détenus, qui ont été torturés pendant des semaines ou des mois dans des centres de détention non officiels, ont ensuite été transférés dans des centres de détention officiels et parfois traduits en justice. Quelques-uns ont eu le courage de dénoncer ça devant des procureurs et des juges, mais dans des cas que nous avons documentés, les juges et les procureurs ont complètement ignoré ces plaintes et n'ont fait aucune enquête. »

Selon HRW, la plupart des victimes ont été détenues en raison de leur appartenance présumée aux Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR), des rebelles hutus rwandais installés dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC) et dont certains des membres fondateurs sont accusés d'avoir participé au génocide de 1994 au Rwanda. D'autres victimes sont soupçonnées par les autorités de liens avec le Congrès national rwandais (RNC), un groupe d'opposition en exil composé principalement d'anciens membres du parti au pouvoir.

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