11 Octobre 2017

Madagascar: Épidémie - Le Président déclare la guerre à la peste

Photo: © RFI/Paulina Zidi
Quartier des 67 hectares, proche du centre-ville d’Antananarivo, à Madagascar.

Le chef de l'État part en croisade contre la peste. S'exprimant pour la première fois sur l'épidémie, il lance un appel au calme et au discernement de la population.

Mieux vaut tard que jamais. Critiqué pour son impassibilité apparente face à la propagation de la peste dans le pays, Hery Rajaonarimampianina, président de la République, est sorti du silence, hier.

Pour prouver que contrairement à ce qu'affirment ses détracteurs, les échos de l'épidémie résonnent à Iavoloha. Il déclare ainsi la guerre à la peste.

Le scénario a, selon toute vraisemblance, été ficelé pour montrer un chef d'État au front, et menant l'administration publique et les partenaires à la guerre contre l'épidémie, comme il l'a dit hier. La journée consacrée par le locataire d'Iavoloha à son engagement dans la guerre contre la peste a démarré par une visite du dépôt de la Centrale d'achats de médicaments essentiels et de matériels médicaux SALAMA, à Tanjombato.

Le président de la République a affirmé que l'arsenal nécessaire pour combattre la peste est suffisant. Après quoi, il a pris part à la réunion de la cellule de crise au ministère de la Santé, à Ambohidahy.

Une séance d'environ trente minutes, retransmise en direct sur les réseaux sociaux et devant la presse, qui s'est surtout focalisée à faire le point de la situation au chef de l'État.

Après un détour par l'Institut Pasteur à Avaradoha, Hery Rajaonarimampianina a participé à la réception d'un lot de médicaments et de matériel de riposte donnés par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), l'Unicef et l'Usaid, au centre de stockage de DHL Ankorondrano. Durant cette journée de sortie, l'appel à la population à ne pas céder à la panique, car elle crée le désordre, a été le message martelé par le président de la République.

Communication

Durant la réunion avec la cellule de crise à Ambohidahy, il a donné la consigne sur la riposte contre la maladie, la communication et la sensibilisation de la population sur l'évolution de l'épidémie et les mesures à prendre. « La peste peut être guérie si l'on est soigné à temps. Nous avons les armes suffisantes pour lutter contre cette maladie », a-t-il tambouriné.

Insistant sur l'importance de la communication, le président Rajaonarimampianina a sorti les griffes contre ceux qui propagent des rumeurs autour de l'épidémie. Il a également contracté ses muscles contre ceux qui veulent profiter de la situation pour en faire une arme politique.

La communication, pourtant, est le point sur lequel l'État est fortement critiqué dans sa riposte contre l'épidémie. Il a fallu près d'un mois après le début des hostilités pour que le chef de l'État s'exprime et monte au front pour mener ses troupes au combat.

Le gouvernement, quant à lui, a alterné les déclarations contradictoires. Un jour il est dit que la maladie est maîtrisée, le lendemain il est soutenu qu'elle se propage au point de devenir une épidémie urbaine. L'État n'a d'autant plus concédé l'existence des risques que plusieurs jours après le premier décès.

Le branle-bas de combat n'a été lancé qu'au lendemain du décès d'un ressortissant seychellois, alors qu'avant, la presse a déjà alerté sur des cas de Malgaches morts de la peste, enregistrés à Antananarivo et Toamasina.

En réponse à une question de la presse, hier à Ankorondrano, Hery Rajaonarimampianina a déclaré que chaque année, des actions pour prévenir une épidémie de peste est menée. Nous n'y avons pas dérogé cette année. Un communiqué du gouvernement, publié hier soutient que la propagation rapide dans les grandes villes et hors de la période habituelle aurait compliqué la riposte. Le ministère de la Santé a pourtant déjà indiqué que le pays est en pleine saison pesteuse.

Bien qu'il semble y avoir une nouvelle contradiction ici, la sensibilisation de masse sur les mesures à prendre face aux risques, a été tardive. Pareillement, l'assainissement qui devrait être un travail quotidien des autorités locales, appuyées par l'État si elles n'en ont pas les moyens, n'a été effective que lorsque les signaux ont viré au rouge.

Quand le chat dort, les rats dansent.

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