11 Octobre 2017

Cameroun: Crise anglophone - Le gouvernement accuse Me Akere Muna et Julius Sisiku Ayuk Tabe d'avoir menti sur un génocide visant les anglophones

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Issa Tchiroma Bakary le ministre de la Communication (Mincom) et porte-parole du gouvernement, était face à la presse lundi dernier à Yaoundé pour réfuter ces informations faisant mention de centaines de civils tués par l'armée le 1er Octobre 2017 dans les régions anglophones du Cameroun.

Ci-dessous, l'intégralité du propos liminaire du Mincom.

Mesdames, Messieurs les Journalistes,

Depuis les incidents survenus dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest le 1er octobre dernier, des voix se sont élevées ci et là, pour commettre des déclarations toutes aussi fallacieuses qu'inconsidérées, faisant état de bilans imaginaires en termes de victimes et mettant en cause le Gouvernement et les Forces de Défense et de Sécurité dans les violences intervenues à cette occasion.

Je vous ai donc conviés à la présente rencontre pour une mise au point du Gouvernement suite à ces allégations. Je vous remercie d'avoir promptement répondu à mon invitation et je voudrais à l'entame de mon propos, réitérer la satisfaction du Gouvernement pour la condamnation sans équivoque des actes de terrorisme, de vandalisme, d'intimidation, de harcèlement et de chantage auxquels se livrent les sécessionnistes, par toute la classe politique, la société civile, la communauté internationale, la presse nationale qui s'est érigée en sentinelle et gardienne de l'intangibilité de nos frontières.

Mesdames, Messieurs les Journalistes,Les événements qu'ont vécus nos compatriotes dans certaines localités du Nord-ouest et du Sud-ouest le 1er octobre dernier sont le fait de ces extrémistes violents qui avaient déjà prédit et planifié un bain de sang et pire encore, - je les cite - « un génocide anglophone », fin de citation. De fait, la stratégie mise en place par ces dangereux fauteurs de troubles consistait, au moyen de correspondances adressées au Secrétaire Général des Nations Unies par les nommés Julius SISIKU AYUK TABE, Wilfried TASSANG et AKERE MUNA, à préparer les esprits à la survenance d'un génocide planifié par le Gouvernement camerounais à l'encontre de compatriotes d'origine anglophone. Pour ce faire, des centaines de mercenaires ont été recrutés et formés à l'étranger, des cargaisons d'armes blanches - en l'occurrence plus de 500 machettes parfaitement aiguisées - d'importantes quantités d'armes à feu et d'engins explosifs ont ainsi été provisionnés et placés en lieux surs par les sécessionnistes.

Cet arsenal devait servir à l'exécution de tueries en masse, perpétrées par ces mercenaires. À cette occasion, des attaques armées devaient être lancées contre les Forces de Défense et de Sécurité, des services publics, des édifices et des biens publics et privés. Parallèlement, des groupes de personnes armées, fanatisés, drogués et que l'on avait conditionnés et revêtus d'amulettes pour leur faire croire à leur invulnérabilité, allaient être jetés contre les Forces de maintien de l'ordre ; le but étant de provoquer une réaction vigoureuse des Forces de Sécurité, entraînant un bain de sang et suscitant par là-même une hypothétique intervention internationale. Fort heureusement, les renseignements recueillis par nos Forces de Défense et de Sécurité ont permis de prévenir suffisamment à temps, la réalisation ce plan diabolique et de déjouer les conséquences déstabilisatrices de ce stratagème.

Sur le terrain, les Forces de maintien de l'ordre ont fait preuve d'un professionnalisme et d'une retenue remarquables dans les opérations menées, n'agissant qu'en état de légitime défense. C'est cette modération dans la riposte des Forces du maintien de l'ordre qui a permis de limiter les pertes en vies humaines, en dépit du fait que ces Forces étaient constamment harcelées par des assaillants armés. Qu'il soit donc clair une fois pour toutes, qu'aucune manifestation intervenue à cette occasion n'a fait l'objet d'une répression par des tirs à balles réelles. Comme je le disais déjà le 02 octobre dernier, cinq

personnes - des détenus - sont mortes à la suite d'une tentative d'évasion de la prison de Kumbo. Deux de ces personnes ont été victimes de piétinements lors des mouvements de foule, et trois autres ont été neutralisées par des gardes pénitentiaires, conformément au protocole en vigueur dans ce genre de situations. En dehors de ces cinq morts tombés lors de leur tentative d'évasion, les autres ont été touchés par des tirs de riposte règlementaire, alors que les Forces de Défense et de Sécurité étaient la cible de snippers qui ouvraient le feu sur eux à partir de lieux embusqués, au moyen d'armes de tous calibres.

Et comme vous le savez, dès lors qu'un policier, un gendarme ou un militaire subit une attaque armée, la riposte s'effectue ensituation de légitime défense. Au cours de ces affrontements, une douzaine de membres des Forces de Défense et de Sécurité ont été grièvement blessés. Et à ce jour, ils sont toujours internés en soins intensifs dans les services de la santé militaire. À ces braves soldats de la République, le Chef de l'État souhaite un prompt rétablissement et apporte tout son réconfort à leurs familles respectives. Le Gouvernement déplore la mort des personnes tombées lors de ces tristes évènements.

Le Chef de l'État adresse aux familles éprouvées ses condoléances les plus attristées. Ces victimes, des personnes innocentes, ont été sacrifiées à l'autel des visées diaboliques d'une poignée d'extrémistes assoiffés de pouvoir et mus par la violence et la terreur. Manipulés, drogués et placés sous le coup d'une propagande sans scrupules, ces compatriotes qui ont perdu la vie par la bêtise des autres, méritent la compassion et la solidarité de la Nation tout entière. Car, les seuls ennemis qui vaillent la peine d'être combattus dans cette crise, ce sont ceux-là qui, planqués à l'étranger, livrent des vies innocentes au danger d'un affrontement dont les victimes ignorent jusqu'à la cause.

À tous les blessés lors de ces tristes événements, le Chef de l'État adresse ses souhaits de prompt rétablissement. Ceci dit, le bilan de ces tristes évènements est loin, mais alors très loin de ceux avancés avec fantaisie et irresponsabilité par certains organismes, à l'instar du REDHAC, qui n'hésite pas à faire état de massacres de populations

civiles dans les Régions concernées. Le Gouvernement réfute et condamne avec la plus grande fermeté de telles affabulations, dénuées de tout fondement, et qui procèdent en réalité de la poursuite, par les sécessionnistes et leurs relais, de leurs sombres desseins de déstabilisation du Cameroun. Selon toute vraisemblance, loin de digérer l'échec de leur projet visant à imposer une amputation du pays par la violence et la terreur, les séparatistes qui avaient déjà planifié leur communication post-1er octobre, ont continué dans la lancée de la mise en œuvre de leur stratégie, via des relais tels que le REDHAC et certains organes de presse.

Pour parler d'ailleurs de ce fameux rapport du REDHAC, je noterai la supercherie et la légèreté dont ses auteurs font preuve en annonçant une centaine de morts dans son chapeau, pour ensuite révéler qu'il s'agit surtout de portés disparus. Pour ce qui est de la déclaration commise par les Évêques de la province ecclésiastique de Bamenda et par laquelle ceux-ci prennent fait et cause pour les dangereuses élucubrations des sécessionnistes, il est étonnant, surprenant et incompréhensible que des autorités morales censées être au-dessus de la mêlée se retrouvent dans l'arène en train de prendre fait et cause pour ceux-là qui délibérément ont choisi d'être en rupture de bancs avec la Constitution et les lois de la République pour inciter les populations à remettre en cause leur citoyenneté et leur devoir sacré de respect de la loi et de l'autorité de l'État.

Il est incompréhensible, alors qu'à l'évidence que l'on soit Musulman ou Chrétien, Anglophone ou Francophone, du Nord ou du Sud de l'Est ou de l'Ouest, partout où ils se trouvent, ils sont Camerounais ; alors que des Camerounais francophones habitent et investissent massivement dans la partie anglophone et que les Anglophones habitent et investissent massivement dans la partie francophone. Aujourd'hui ces autorités morales de l'Église prétendent que les Anglophones sont persécutés et pourchassés dans la partie francophone. N'est-ce pas là une contre-vérité manifeste dont l'objet est de créer une tension et des antagonismes entre Francophones et Anglophones, deux communautés qui par la grâce de Dieu vivent ensemble dans l'harmonie ?

Que seraient devenues ces deux régions en proie au séparatisme et à la violence sécessionniste, si nos Forces de Défense et de Sécurité n'avaient pas investi les lieux pour protéger les hommes et leurs biens, les institutions et ceux qui les incarnent, l'intégrité territoriale de notre Nation ? Par leurs messages constitués d'élucubrations et de contre-vérités, l'on se demande si à leur insu ces hommes d'Église ne sont pas devenus des alliés objectifs de ces sécessionnistes. Sinon, comment peut-on trouver des circonstances atténuantes à ceux qui brûlent des églises, des dortoirs de jeunes filles qui n'ont été sauvées par les affres du feu que par la providence parce qu'elles n'étaient pas là lors des faits ?

Comment peut-on trouver des circonstances atténuantes à des gens qui placent des bombes à des cuves d'hydrocarbure, l'objectif étant de décimer toute une ville et ses populations ? Comment peut-on condamner avec une légèreté incompréhensible ces hommes et ces femmes qui, au péril de leurs vies, protègent et sauvegardent l'intégrité territoriale de notre Nation, bien que confrontés à des hordes armées d'armes à feu et d'armes blanches ayant pour objectif de diviser notre nation. Ces militaires sachant pertinemment que s'ils sont pris en flagrant délit de violation, de brutalité vis-à-vis des populations, ils seraient désarmés et traduits devant la cour martiale et qu'il leur est interdit de faire usage d'armes à feu sauf en cas de légitime défense.

En tout état de cause, investi de la souveraineté du peuple, et conscient de sa mission suprême, le Chef de notre nation ne ménagera aucun effort pour que notre pays dans sa diversité culturelle et sa pluralité ethnique continue à être ce havre de paix où il ferait bon vivre et où « un pour tous et tous pour un » serait la devise de tous et de chacun. Quant à ceux de nos compatriotes mus par la boulimie et la soif inextinguible du pouvoir, il faudrait qu'ils réalisent que par leur folie démesurée, ils sont en train d'infliger des souffrances, des pertes en vies humaines, des dégâts matériels incalculables bien que sachant pertinemment que jamais la sécession n'aura droit de cité au Cameroun. De l'intérieur même de la plus haute instance dirigeante de l'Église catholique au Cameroun, le Président de la Conférence Épiscopale Nationale, n'est pas allé par quatre chemins pour en

appeler à la préservation de l'intérêt supérieur, à l'unité, au dialogue et à la paix. Parlant de la question sécessionniste, la Conférence Épiscopale Nationale du Cameroun dit non à la sécession qui, selon elle et de l'avis de nombreux Camerounais, n'est pas la solution aux problèmes que vit notre pays. En tout état de cause, le Gouvernement continuera d'assumer ses responsabilités avec détermination et fermeté. Il s'agit pour l'heure, de maintenir l'ordre, la paix et la tranquillité publics, pour que tous les Camerounais, où qu'ils se trouvent et qui qu'ils soient, puissent vaquer en toute quiétude à leurs occupations.

Le Gouvernement qui en est le garant, renouvelle son appréciation pour le travail remarquable abattu par les Forces de Défense et de Sécurité, qui conduisent leurs actions dans le strict respect des règles requises en la matière. Une telle éthique est fondée sur l'observance des normes internationales humanitaires auxquelles le Cameroun a dûment souscrit. Sous ce regard, les Forces de Sécurité continueront de faire régner l'ordre et la paix, de protéger les services publics, les personnes et leurs biens dans les Régions du Nord-ouest et du Sud-ouest et sur l'ensemble du territoire national, avec le professionnalisme qui leur est reconnu.

Les pyromanes, les poseurs de bombes et tous ceux qui ont pris les armes contre la République, ainsi que leurs complices, seront traqués sans ménagement et traduits en justice pour répondre de leurs actes. Je saisis cette occasion pour mettre en garde tous ceux qui diffusent et relaient sans preuve des allégations mensongères de prétendus massacres de populations civiles.

Je leur rappelle que persistant dans une telle dérive, leur responsabilité pourrait être engagée pour propagation de fausses nouvelles et incitation à la révolte. Pour terminer, je réitère au nom du Gouvernement, le caractère un et indivisible de la Nation camerounaise, tel que réaffirmé à maintes occasions par le Chef de l'État, Son Excellence Paul BIYA, garant de la Constitution et de l'application des lois de la République.

Le Gouvernement exhorte la Nation tout entière à continuer d'apporter son soutien aux populations des Régions du Nord-ouest et du Sud-

ouest, qui sont les premières victimes des actes terroristes, des violences, des manœuvres d'intimidation d'une minorité d'extrémistes irrédentistes. À cet égard, le Gouvernement de la République continuera à tout mettre en œuvre en vue de consolider la paix et la concorde dans les Régions concernées, de même que sur l'ensemble du territoire national.

Je vous remercie de votre aimable attention.

Cameroun

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