11 Octobre 2017

Burundi: Journée internationale de la fille - « Chère petite sœur, tu n'as plus d'excuses »

Pour cette 5ème édition de la journée internationale dédiée à la fille, la blogueuse Bella Lucia Nininahazwe a tenu à rappeler à sa petite sœur, par ricochet aux jeunes burundaises, qu'il n'y a plus d'excuses pour ne pas faire leurs preuves car, « les temps ont évolué.»

Aujourd'hui le 11 octobre, le monde célèbre la journée dédiée à la fille. Une journée que tu ignores probablement, comme des milliers d'autres petites filles. Laisse-moi éclairer un peu ta lanterne. Depuis 2012, cette journée est célébrée chaque année et elle vise à illustrer les besoins des filles et à répondre aux défis auxquels elles font face. Cette journée encourage l'autonomisation des filles. Donc de toi et de moi.

Te souviens-tu de ce jour où maman nous racontait des histoires sur la vie de la jeune burundaise d'antan? Peut-être que tu ne t'en rappelles pas, mais je suis là pour te rafraîchir la mémoire, c'est mon devoir de grande sœur.

Elle disait qu'à l'époque de grand-mère, sa maman donc, la vie d'une jeune fille se résumait à des activités domestiques. Rien que ça. Et dans son temps à elle, les choses avaient évolué... un tout petit peu. Seuls les parents qui ont accepté d'être la risée de leurs communautés ont envoyé les filles à l'école. Son papa, trop fier, n'a pas daigné accepter l'opprobre. Ce jour-là, en conclusion, elle nous a demandé à nous deux : « Quelle sera votre excuse ? » Aucune ! Moi et ma génération, je dirais que nous sommes gâtées. Nous avons tous été encouragés à aller à l'école. Oui, tous, garçons et filles confondus. Il est vrai, on nous ressassait souvent que les maths étaient durs pour les petites en jupes et que c'est une matière réservée aux garçons. Il est vrai aussi que les longues études n'étaient pas notre fort. Savoir lire et écrire, cela ne suffit-il pas? Bien évidemment, non. Mais c'était notre temps. Et quant à toi ?

Petite sœur, l'adjectif « gâté » ne sied pas pour te dire combien d'opportunités te sont offertes. Cela pour te répéter que tu n'as vraiment aucune excuse. Si maman a grandi à l'époque où courir était un délit pour les filles, maintenant Francine fait la fierté de toute une nation.

Si j'ai grandi à une époque où chevaucher un vélo était aussi un crime, aujourd'hui Adelphine se fait un nom grâce au vélo.

Si à l'époque de ma grand-mère, une fille ne pouvait pas jongler du ballon, aujourd'hui, Sada force partout l'admiration grâce à ses talents sportifs.

Chère sœur, tous ces exemples, c'est pour te montrer que le monde n'est plus hostile à la fille comme dans le passé. Tout ce que je voudrais que tu saches, c'est que c'est de ta responsabilité d'oser, de t'assumer et de foncer dans ce monde afin de marquer ton temps, d'être une battante.

Burundi

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