11 Octobre 2017

Togo: Roch/Talon - En marche vers une meilleure intégration sous-régionale

Le président de la République du Bénin, Patrice Talon, a achevé son séjour ouagalais hier 10 octobre 2017.

Avant de prendre congé de son hôte burkinabè, l'ancien homme d'affaires a signifié sa volonté de faire de Roch Marc Christian Kaboré son premier et principal partenaire dans la promotion des idées et des stratégies de renforcement de l'intégration des deux Etats, de la sous-région et surtout de l'Union africaine. Ainsi, la visite d'amitié et de travail s'est soldée par un communiqué conjoint identifiant un certain nombre de propositions et de recommandations.

Investi président de la République du Bénin le 6 avril 2016 à Porto-Novo, c'est la première fois que Patrice Guillaume Athanase Talon foule le sol burkinabè. Le Bénin et le Burkina Faso, à en croire le successeur de Thomas Yayi Boni, sont «deux pays plus que frères» qui ont des convergences de vues sur l'intégration de leurs économies et des sociétés. C'est la raison pour laquelle l'ancien homme d'affaires, qui a fait fortune dans la filière des intrants agricoles (1980) et de l'égrenage du coton au Bénin (1990-2000), s'est tourné vers son «aîné» Roch Marc Christian Kaboré en vue de faire de lui son premier et principal partenaire dans la recherche des mécanismes d'une meilleure intégration des peuples africains et des idées pour y parvenir.

Pour sa part, le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a qualifié cette visite de «fructueuse» dans la mesure où des instructions ont été données pour la tenue à Cotonou des travaux de la quatrième session de la Commission mixte de coopération entre les deux pays d'ici la fin de cette année. Une instance qui ne s'était plus tenue il y a au moins dix ans, mais le premier des Burkinabè a assuré qu'il n'y avait aucun souci à ce propos.

«Cette commission mixte ne s'est pas tenue pour des raisons diverses, mais mieux vaut tard que jamais. Nous avons vu cette nécessité de revigorer ce cadre et nous ferons en sorte qu'elle se tienne régulièrement, car il y va de l'intérêt de nos peuples», a indiqué le chef de l'Etat. Mieux les présidents se sont félicités de la parfaite symbiose dans laquelle vivent les ressortissants béninois et burkinabè dans leurs pays respectifs.

Dans l'élan du renforcement de l'intégration dans l'espace sous-régional, les présidents ont évoqué la nécessité de mettre en œuvre de grands projets intégrateurs routiers, ferroviaires et énergétiques dans l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) : ainsi, ils ont réaffirmé leur ferme volonté de voir réalisé le projet de «boucle ferroviaire Cotonou-Parakou-Dosso-Niamey-Ouagadougou-Abidjan» en vue de favoriser les échanges commerciaux et l'intégration régionale.

L'autre question majeure qui trouble le sommeil des dirigeants de l'espace est sans conteste la recrudescence du terrorisme et des trafics illicites. Au-delà de la mutualisation des moyens et du partage des informations, Roch Marc Christian Kaboré et Patrice Talon ont lancé un appel à la communauté internationale à soutenir la force conjointe du G5 Sahel en la dotant des moyens nécessaires à l'exécution de son mandat. De plus, concernant les foyers de tension en Afrique, ils ont appelé les protagonistes des crises à privilégier le dialogue et la concertation pour un retour définitif à la paix.

Sur le plan mondial, ce sont les essais nucléaires de Pyongyang qui sont une source d'inquiétude. Ils ont estimé qu'il s'agissait, ni plus ni moins, d'une menace à la paix dans la péninsule coréenne et appelé à un respect des résolutions «pertinentes» du Conseil de sécurité de l'ONU. In fine, les deux autorités ont lancé un appel en faveur d'une gouvernance mondiale plus transparente, démocratique et équilibrée, qui accorde une meilleure place à l'Afrique. C'est pourquoi elles ont rappelé l'urgence d'une réforme des Nations unies. Le président du Faso a accepté l'invitation de son homologue béninois à se rendre en visite officielle au Bénin à une date qui sera fixée par voie diplomatique.

Encadré

Talon salue l'icône Thomas

Alors que la liste des questions adressées aux deux présidents était close, le numéro un béninois a tenu à saluer la mémoire du père de la Révolution burkinabè, Thomas Sankara ; puisque le pays s'apprête à commémorer les 30 ans de l'assassinat de l'icône qui a inspiré le «jeune» entrepreneur qu'il était. En foulant le sol ouagalais la veille, Talon dit avoir ressenti une charge émotionnelle en raison de l'intégrité et de la dignité prônées par l'illustre disparu. «... Monsieur le Président, on aimerait entendre votre avis sur le débat concernant le franc CFA. » Et l'occupant du 15e rang des plus grandes fortunes d'Afrique subsaharienne francophone selon le classement Forbes (2015) de répondre : «Vous savez que notre monnaie se porte très bien. Ça devient un débat philosophique et je pense qu'il faut que nous donnions une réponse appropriée pour apaiser tout le monde. La monnaie a un aspect technique. Depuis que quelques personnes ont commencé à en parler, ça été amplifié et c'est devenu une affaire. Nous comprenons qu'il y a lieu de donner une réponse forte à la communauté internationale, à nos populations, sur la santé du franc CFA, sur le chemin qu'il a parcouru et son avenir. Dans tous les cas, c'est une monnaie dynamique, il n'y a pas de situation figée, si demain, dans 5 ans, 10 ans ou 100 ans il y a lieu de revisiter les conditions d'existence de la monnaie, on le fera sans que cela donne lieu à une psychose, le franc CFA se porte très bien.»

Togo

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