11 Octobre 2017

Tunisie: Les inquiétudes de Chettaoui et les précisions de l'ambassade de France

La polémique enfle au point que l'ambassade de France est obligée de réagir, quelques jours plus tard (lundi), via un communiqué « explicatif » des bases du projet. L'ambassade de France rappelle que ce sont les ministres des Affaires étrangères français et tunisien de l'époque, MM. Laurent Fabius et Taïeb Baccouche, qui ont signé ce projet en avril 2015.

Il est vrai aussi que, comme plusieurs autres personnalités à l'instar de Mokhtar Trifi, président d'honneur de la Ltdh et président du bureau de la Fidh en Tunisie, et Abdelkarim Hizaoui, alors directeur du Centre de développement des médias (Capjc), Tasnim Cherchi fait effectivement partie du « comité de pilotage » du projet. Sur les ondes de Rtci, l'ambassadeur de France précisera que « comme d'autres, Tasnim Cherchi, en tant qu'experte, donne quelques heures de son temps à titre bénévole ».

« Les trois représentants de la société civile interviennent intiuti personae comme experts pour conseiller lors des échanges en comité de pilotage, mais ne jouent aucun rôle dans la mise en œuvre du projet et ne reçoivent aucun financement du projet », précise le communiqué de l'ambassade de France. Autrement dit, les 400.000 euros du projet ne servent pas à financer une quelconque association, mais servent à mettre en œuvre un certain nombre d'actions liées au projet, dont la formation des journalistes.

Mais pour Leïla Chettaoui, la vigilance reste de mise malgré les précisions, et la présence dans ce projet de Jasmin Foundation et de Tasnim Cherchi l'intrigue. « Lorsque vous évaluez la composition du comité de pilotage, il y a des personnes qui, de par leurs qualités ou leur parcours, sont parfaitement à leur place, explique-t-elle. Mais la question se pose pour cette association. Selon quels critères la présidente d'une association créée en 2015, la même année du lancement du projet, parvient rapidement à faire partie du comité de pilotage d'un tel projet ? Sommes-nous en train de reproduire, à tous les niveaux, le modèle, par ailleurs critiquable, du consensus entre modernistes et islamistes ? », s'interroge-t-elle.

Par rapport au ministre Mehdi Ben Gharbia, l'élue Chettaoui revient à la charge, assurée en cela par une autre affaire : elle se dit certaine que le ministère de Ben Gharbia était sur le point de signer une convention portant sur la lutte contre le terrorisme et l'extrémisme avec le Centre d'études sur l'Islam et la démocratie, présidé par Radhouan Masmoudi. «Ce monsieur n'a jamais caché ses liens avec les islamistes et les frères musulmans», a-t-elle clamé, malgré les démentis de Mehdi Ben Gharbia. «Ce que j'ai révélé a eu le mérite de rendre difficile la signature d'une telle convention », estime la députée. En tant qu'élue, je me considère d'abord comme un lanceur d'alerte, contrairement à d'autres collègues, et je mets mon immunité au service des citoyens pour éclairer l'opinion publique».

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