10 Octobre 2017

Congo-Kinshasa: 51 ans d'âge et 30 ans de carrière musicale - Faya Tess - «Si l'Europe est comme un cimetière pour les artistes congolais, sauf moi... »

Chanteuse- compositrice et interprète hors pair par son timbre vocal fluide et limpide, Thérèse Kishila Ngoyi, alias «FAYA TESS », est l'une des rares voix féminines dont l'écho a débordé les seules frontières nationales et même africaines.

Sur les traces des légendes, entre autres, Kalé Jeff, Franco, Tabu Ley, elle figure parmi les véritables adeptes et héritières de la rumba congolaise moderne. Née le 8 octobre 1966 en République démocratique du Congo, la Sirène d'eau douce a accordé une interview à votre journal à cette occasion de la célébration de ses 51 ans d'âge. C'était une aubaine pour l'ancienne diva de l'Afrisa International, résident en France, de défendre avec pertinence son projet intitulé : «Au Temps des Classiques» au travers lequel elle rend hommage aux pères géniteurs de la rumba. Toujours dynamique, l'auteur de la chanson « Camarade ô », FASS TESS, a profité également de cette opportunité, pour annoncer la sortie pour bientôt d'un nouveau film documentaire sur son histoire avec la rumba.

A suivre.

8 octobre 1966-8 octobre 2017 : avez-vous un message à adresser à vos fanatiques à cette occasion de votre anniversaire de naissance ?

Faya Tess : Je tiens à exprimer, à chacun d'entre vous, mes profonds remerciements pour tous les vœux qui m'ont été adressés à l'occasion de mon anniversaire. Mes remerciements sans limites à tous mes fans ainsi qu'à tous les amoureux de la bonne musique, en général. Je suis en train de faire bouillir la casserole et bientôt ils seront servis de la suite de notre série de «Classiques de la rumba» qui franchit le volume 7.

Que peut-on encore attendre de vous, au-delà de 30 ans de carrière musicale ?

FT : Après trois décennies dans cette profession de musique, je crois qu'il me reste encore beaucoup de choses à faire pour le plaisir des vrais mélomanes. Et surtout, je travaille toujours afin de maintenir sans faiblir cette flamme qui fait la fierté de notre culture, à savoir : la Rumba congolaise avec sa valeur intrinsèque. C'est-à-dire, le fond de sa valeur inaliénable. Vraiment c'est toute une charge. Le travail continue chers amis. En attendant de vous détendre avec les clips, nous venons de mettre à votre disposition tous les volumes de notre série «Au Temps des Classiques ». A Paris, les supports (CD) sont en vente chez Mr Henry BH ELETRONIC, au 101, rue Faubourg St Denis 75010 (Gare de l'Est). Vous pouvez aussi passer vos commandes aux magasins FNAC monde. L'œuvre est aussi disponible bien sûr dans toutes les plateformes de téléchargement sur Internet. Merci de vous rapprocher de vos points de ventes.

Pourquoi êtes-vous très accrochée à votre projet «Au temps des classiques» alors que les mélomanes ont aussi besoin de consommer les nouvelles œuvres signées Faya Tess ?

FT : « Au temps des classiques » est un projet qui a une autre dimension, un autre objectif. C'est toute une histoire, c'est une charge. Je suis également en train de réécrire une page d'histoire de notre musique qui allait à la perdition. C'est donc grâce à mes mécènes que ce projet est devenu réalité. A savoir que les blancs ont des manuels dans lesquels leur musique est écrite. Et nous, notre musique se transmet oralement. Donc, ces séries de classiques en vaut la chandelle pour la postérité. Je me suis investie de cette mission par le fait d'avoir ces mécènes qui connaissent la valeur des choses. Sans oublier ceux qui m'accompagnent au studio. Par ailleurs, j'ai mes nouveautés qui vont sortir au moment opportun. Donc, je ne suis pas en retard.

Car, la périodicité pour sortir mes albums, c'est 4 ans. Or, « Désolééé » est sorti en 2014. Bientôt, les friands de la bonne musique seront servis et surpris. Il ne faut pas oublier que c'est mon album « Désolééé » qui a donné naissance à ce projet "les Classiques". Maître Alexis Vincent Gomes avait écouté avec attention la chanson «Mongali» alors que je l'avais chanté pour rendre hommage à mon mentor Tabu LEY ! C'est après avoir été touché par ma capacité d'interpréter qu'il a demandé qu'on s'embarque pour le volume 1. Et les mélomanes ont suivi et la machine est lancée pour réécrire cette page d'histoire avec la voix de Faya Tess, bien sur.

Vous aviez livré un spectacle tonitruant en août dernier en Hongrie. A quant votre prochaine production sur la scène internationale ?

Après Hongrie, il y a une longue liste par rapport à mon calendrier des productions scéniques. En effet, mon fonctionnement est comme ceci. J'ai des mécènes. Dieu merci pour ce projet des « Classiques » qui travaillent avec ma maison de production « Air Monde Culture » avec le Président André TETU. Tandis que de l'autre côté, j'ai des gros producteurs des spectacles (Français de souche) qui, eux, ne font que créer des contrats pour des gros spectacles car, ils ont des collaborateurs partout et dans les grands pays. Ils travaillent aussi étroitement avec ma maison de production « Air Monde Culture » qui est coordonnée et supervisée par Mr. André TETU. Il est au centre et tout passe par lui. Il est au premier plan pour savoir où je vais aller pour mes prochains spectacles. Que les fans sachent qu'il y a des dates qui sont callées pour un an d'avance. Nous avons aussi beaucoup d'autres projets scéniques (tournées) avec mes partenaires du groupe Cubain qui m'accompagne en international.

Sans oublier l'Afrique pour l'année prochaine. Retenez également qu'avec ces producteurs européens, nous sommes en train de faire un film en France, c'est-à-dire, le film sur Faya Tess dont la thématique repose sur mon expérience, ma vie artistique et mon histoire avec la rumba. C'est un film documentaire qui retrace ma carrière musicale, ma passion sur la rumba. Bref, comment suis arrivée là ? Ce film sera diffusé sur des grands écrans et télés du monde. Donc, c'est toute une équipe qui me suit, et nous irons jusqu'à la source de la Rumba bien sur. Ce sont des projets très lourds. Raison pour laquelle, j'ai toujours dis que nous devons considérer la Rumba congolaise comme une richesse, comme une matière première.

Pourquoi avez-vous élu domicile en Europe qui est considérée comme un cimetière pour les artistes congolais ?

Peut-être pour les autres artistes ! Pour moi, je défends bien au contraire, le Congo, mon pays, à l'extérieur parce que je porte toujours cette identité de la rumba congolaise. A l'étranger, j'exporte notre culture par ma façon d'être, de s'habiller. Au niveau international, il y a autant des musiques, autant des communautés qui existent. Si nous ne restons qu'au pays, on n'aura pas notre visibilité mondiale. Ainsi, je suis à cheval entre l'Europe et le Congo. C'est pourquoi, dès qu'il y a une opportunité qui se présente, je n'hésite pas de revenir dans mon pays et repartir ensuite pour assurer la promotion à l'international. Si l'Europe est comme un cimetière pour les artistes congolais, sauf moi. Car, je travaille, en défendant toujours notre musique, la Rumba qui nous a été léguée par les pères géniteurs.

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