12 Octobre 2017

Burkina Faso: Grossesses précoces - 6401 cas enregistrés entre 2012 - 2016

L'ONG Plan International-Burkina a commémoré, la Journée internationale de la jeune fille, le mercredi 11 octobre 2017 à son siège à Ouagadougou. C'est à travers une vidéo-conférence sur les grossesses précoces en milieu scolaire que la cérémonie a été introduite.

«Au Burkina Faso, nous avons choisi de parler d'une situation préoccupante pour les filles. Il s'agit des grossesses précoces à l'école», a déclaré la représentante-résidente de Plan International au Burkina Faso, Edith Sawadogo. Elle était en vidéo-conférence et s'adressait à l'assistance de trois bureaux de l'ONG à savoir ceux de Ouagadougou, de Kaya et de Gaoua. Elle a échangé avec la gouverneure de la région du Centre-Nord, Viviane Sawadogo et aussi avec les ministres en charge de l'action sociale, Rose Astrid Dabiré et de l'éducation nationale, Zalica Dgini de Gaoua.

« Je viens de la région du Centre-Est de 2012-2016, 542 filles enceintes au primaire et au secondaire ont été enregistrées. Au Centre ici, elles sont au nombre de 252 pour la même période», a confié la représentante-résidente de Plan International au Burkina Faso. A la question de savoir la situation dans le Centre-Nord, Mme la gouverneure a répondu : « Entre 2012-2016, nous avons enregistré 108 cas de grossesses au primaire et au secondaire. Ces filles ont un âge compris entre 14 et 17». A l'entendre, les cas existent parmi les enfants déscolarisées. « La situation est à fendre le cœur », a-t-elle souligné.

A son tour, le ministre de l'Education nationale a réagi : « Les grossesses précoces sont effectivement un fléau ici. Entre 2012-2016, ce sont 1377 filles qui sont tombées enceintes. C'est très préoccupant de voir ces jeunes adolescentes qui, au lieu de jouir pleinement de leur jeune âge, se transforment brusquement en adultes responsables d'autres êtres humains». Pour le ministre en charge de l'éducation, les grossesses précoces constituent un véritable défi pour son département.

Des chiffres inquiétants

« Les statistiques nationales de 2012-2016 font état de 6401 cas de grossesses en milieu scolaire », a déploré le premier responsable de l'éducation. Des chiffres qu'il a estimés en- deçà de la réalité. « Tous les établissements scolaires ne déclarent pas les cas de grossesses parce qu'ils croient que cela peut nuire à leur réputation», a-t-elle soutenu. En parlant des preuves, les autorités ont reconnu qu'elles sont les mêmes dans toutes les localités. Ce sont, entre autres, la pauvreté, la curiosité sexuelle, le manque d'éducation sexuelle dans les écoles et de communication entre enfants et géniteurs sur la sexualité.

Et comme solutions, elles sont le recensement systématique des cas de grossesses précoces, l'apport des moyens adéquats pour faire prendre conscience aux enfants, des dangers liés aux relations sexuelles. A cela s'ajoute, la répression des cas d'abus perpétrés sur les mineures, la révision des programmes éducatifs. La disponibilisation des centres d'écoute pour les jeunes dans toutes les communes ainsi que l'association des jeunes à la lutte sont aussi incontournables selon les autorités du jour.

En réalité, il s'agit d'une fiction inspirée des actions que mènent le gouvernement et les organismes en matière de lutte contre les grossesses en milieu scolaire. En effet, nous sommes au 11 octobre 2017. Une date où, le monde entier célèbre la jeune fille. Et cette vidéo-conférence est la trouvaille de Plan International pour commémorer la journée, à travers l'initiative « Girls Take over». Il s'agit d'une trouvaille qui a mis en scène six filles dans les rôles de quatre personnalités dont deux ministres, une gouverneure et deux victimes de grossesses précoces.

Et la principale animatrice de la vidéo-conférence, du côté de Ouagadougou et par ailleurs la représentante-résidente de Plan International au Burkina, n'est autre qu'une élève de la classe de Terminale au lycée Saint Philippe de Koupéla. Elle et ses camardes sont aujourd'hui dans des rôles de décideurs pour une matinée. La gouverneure de la région du Centre-Nord, Viviane Sawadogo, élève en classe de terminale à Kaya et les deux ministres respectivement, Rose Astrid Dabiré de l'Action sociale, Zalica Dgini de l'Education nationale sont toutes en classe de 1ère D à Gaoua. « C'est une célébration toute particulière, parce que nous allons tout simplement écouter ces filles et connaître ce qu'elles vivent au fond d'elles-mêmes, par rapport à un problème qui les touche, les grossesses précoces en milieu scolaire», a déclaré la représentante-résidente, Dr Fatoumata Haïdara, à l'entame de la cérémonie.

Un phénomène qui, selon elle, prend de l'ampleur et provoque des tourments dans les familles et influent négativement sur le cours de la vie des filles d'aujourd'hui, les futures mères de demain. Elle a relevé que le thème retenu au niveau mondial est l'autonomisation économique des jeunes filles, mais sa structure a choisi de se pencher sur les grossesses précoces. Cela entre en droite ligne a-t-elle expliqué de la nouvelle stratégie de Plan International, le bien- être des enfants et spécifiquement des jeunes filles, de la naissance à l'âge adulte.

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