12 Octobre 2017

Burundi: Demande en mariage surprise - « J'ai dit oui pour ne pas embarrasser mon petit ami »

Interpellée par un billet paru récemment sur Yaga, la blogueuse Sonia Butoyi (pseudo) brise le silence et raconte son calvaire quand son petit ami s'est soudainement agenouillé, au milieu d'une bande d'amis, bague à la main, pour une demande en mariage surprise. Une autre façon d'appréhender cette manière de procéder importée de l'Occident, devenue tendance aujourd'hui à Bujumbura.

Il se leva, repoussa sa chaise et mit un genou à terre. Il sortit de sa poche un petit étui qu'il ouvrit tout doucement. Il contenait une petite bague scintillante qui reposait sur son lit de velours. J'écarquillai les yeux, ouvrit la bouche puis la referma. Je me levai, par réflexe. « Veux-tu m'épouser ? » me demanda-t-il. Quoi ? Mais... qu'est-ce qu'il fait ? Non, non non non... Mon Dieu ! Je tombais des nues. Je suppliai silencieusement le sol de s'ouvrir et de m'engloutir à jamais. À ce moment précis, je souhaitais être ailleurs. Ailleurs, n'importe où, plutôt qu'ici devant cet homme, qui était là devant moi, un genou à terre attendant ma réponse.

Autour de moi, je sentis les murmures de surprise plus que je ne les entendis. Le temps semblait s'être arrêté et je me rendis compte que j'avais oublié de respirer. Je baissai la tête et lis de la fierté dans ses yeux. Il était fier de lui et il attendait ma réponse. Zut ! Qu'est-ce que je réponds ? Oui ? Non ? Oui et non ? Par tous les dieux... Ça fait deux ans qu'on est ensemble et ma foi, tout se passait bien, jusqu'à présent. Pourquoi devait-il tout gâcher ? Le pire, c'est qu'il ne s'en rendait même pas compte. Je me visualisai mentalement : je me vis debout, une main sur la bouche, les yeux arrondis ne sachant quoi répondre. Quelque part, un flash d'un appareil photo ou d'un téléphone mobile crépita et illumina la petite table à laquelle nous étions assis.

C'était mon anniversaire et il avait organisé une petite soirée tranquille dans un endroit sympa, avec quelques potes à nous. Bref, tout se passait bien jusqu'à... ça. Cette foutue demande en mariage au milieu du repas. Je n'aime pas les surprises. Ce genre de surprise, je veux dire. Oui, on avait déjà évoqué vaguement (je dis bien vaguement) le sujet du mariage, mais voilà quoi... je ne me sentais pas prête. Pas tout de suite. Peut-être l'année suivante. Pour tout vous dire, j'étais encore indécise. Mais les dés étaient jetés. Que devais-je faire ?

Peut-être prier : « Mon Dieu, venez à mon secours. Jésus, je te fais le serment que si tu me sors de ce pétrin, j'irai à la messe chaque jour jusqu'à la fin de l'année. (Oui bon, plusieurs dimanches. Il ne faut pas non plus exagérer, Jésus !) ». Me voilà en train de passer un deal avec le Christ alors que tous attendaient ce fameux Oui. Devais-je lui dire que je ne suis pas prête ? Non, je ne pouvais pas lui foutre la honte devant tous nos amis réunis. Et si je dis oui alors qu'au fond je n'avais pas envie de me marier tout de suite, attendrait-il encore une année, voire deux, ou allait-il rompre ces fiançailles? Tout ça pour faire « comme les autres ».

Oui, parce que les demandes-en-mariage-surprise sont la tendance du moment. Je n'avais pas le choix. Je finis par hocher la tête et souffler un petit Oui, tandis qu'autour de moi résonnaient cris de joie et sifflements. Tous ont pris mon moment de silence pour un trop plein d'émotions. La-fille-hyper-surprise-qui-ne-trouve-plus-ses-mots. S'ils savaient...

Burundi

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