12 Octobre 2017

Botswana: La technologie et les traditions africaines sont-elles compatibles?

En adoptant la technologie, l'Afrique doit penser aussi à sauvegarder sa culture.

« Conservons nos traditions africaines pour en faire une force dans notre évolution technologique ».

Cette citation serait de Philippe Choyar, Directeur Général de CFAO. Elle illustre le dilemme auquel font face beaucoup de pays a l'ère de la mondialisation.

Avec la télévision et l'Internet, c'est très facile d'être tenté d'oublier sa propre culture et d'adopter ce qui vient d'ailleurs et qui semble « moderne ». Mais l'histoire montre que les sociétés non occidentales qui se sont développées sont celles qui ont adoptés la technologie occidentale tout en gardant leur propre culture. C'est le cas du Japon et des autres puissances asiatiques.

En Afrique, le Botswana est un exemple. « L'Afrique n'a pas besoin de copier un nouveau modèle étranger, mais de créer son propre modèle en retournant à ses propres institutions indigènes. Le Botswana est le seul pays africain qui a fait cela, c'est pourquoi il se porte très bien», disait l'intellectuel ghanéen George Ayittey.

La raison pour laquelle les pays qui construisent sur leur propre culture se portent mieux est qu'ils sont stables. S'ils perdent leurs racines, ils perdent les repères et deviennent très vulnérables aux conflits.

Le Lexus et les oliviers

Dans son livre The Lexus and the Olive Tree, le journaliste américain Thomas Friedman illustre le contraste entre la technologie et la culture par les voitures Lexus et l'olivier, un arbre fruitier bien connu au Moyen Orient. Alors que les pays riches fabriquent des voitures de luxe à l'aide des robots, dans d'autres endroits les gens s’entre-tuent pour savoir qui doit contrôler l'olivier.

Il explique :«Les oliviers sont importants. Ils représentent tout ce qui nous enracine, nous ancre, nous identifie et nous situe dans ce monde - qu'il appartienne à une famille, une communauté, une tribu, une nation, une religion ou, surtout, un lieu appelé domicile ».

Et il ajoute : « Le défi à l'ère de la mondialisation - pour les pays et les individus - est de trouver un équilibre sain entre préserver le sentiment d'identité, la maison et la communauté et faire ce qu'il faut pour survivre dans le système de mondialisation. Toute société qui veut prospérer économiquement aujourd'hui doit constamment essayer de construire une meilleure Lexus et la montrer au monde. Mais personne ne devrait se faire l'illusion que la simple participation à cette économie mondiale rendra une société saine. Si cette participation vient au prix de l'identité d'un pays, si les individus sentent que les racines de leurs oliviers sont écrasées par ce système global, ces racines d'oliviers se rebelleront ».

En adoptant la technologie, l'Afrique doit penser aussi à sauvegarder ses traditions. Si l'un va sans l'autre, l'Afrique n'ira nulle part.

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