12 Octobre 2017

Burkina Faso: Liberté provisoire accordée à Djibrill Bassolé - Des Osc dans la rue pour protester

Photo: fasozine
Djibril Bassolé

Un rassemblement de plusieurs OSC a envahi en partie la Place de la Nation, à l'annonce de la libération de Djibrill Bassolé à qui une « liberté provisoire » a été accordée le mardi 10 octobre 2017 par la Justice militaire.

Le rassemblement d'OSC a marché pour dénoncer ce qu'il considère comme une liberté accordée « sous la pression des parents politiques ou familiaux du prévenu » et a exigé le retour de Djibrill Bassolé en prison, en attendant un procès en bonne et due forme.

Des associations ou organisations de la Société civile, suite à l'annonce de la liberté provisoire accordée au Général Djibrill Bassolé le 10 octobre 2017, ont marché de la Place de la nation au tribunal militaire pour réclamer le retour du Général de gendarmerie en prison, en attendant son procès. Pour l'artiste rappeur Smockey du Balai Citoyen, une enquête doit être faite pour établir l'innocence du prisonnier, avant toute idée de libération.

« S'il est innocent, qu'un jugement soit prononcé, qu'une enquête soit menée jusqu'à terme afin qu'on puisse délibérer et qu'on comprenne que ce monsieur n'a pas pris partie », a indiqué le rappeur à la Place de la Nation. Il a indiqué que l'opinion publique, le rassemblement d'associations ou d'organisations de la Société civile mobilisé en ce jour en l'occurrence, a toutes les raisons de croire le contraire, au regard, selon lui, de « tout ce qui se trame dans le pays », de la « mobilisation de l'extérieur et de la tentative de faire en sorte qu'il échappe à la Justice ». Cela, le Balai Citoyen et les autres associations ou OSC ne vont pas l'accepter, a-t-il signifié.

Pourquoi toute cette mobilisation alors que certains prisonniers avaient eu droit à la liberté provisoire ? Pour Smockey, les OSC tout comme le Balai Citoyen, ont toujours crié leur « ras-le-bol » face à cela, précisant aussi que « tous les prisonniers ne se valent pas ». De par son implication dans les dossiers de l'insurrection et du putsch manqué, la libération de Djibrill peut entraîner d'autres libérations comme celle du Général Gilbert Diendéré par exemple, de l'avis des marcheurs qui ont dit comprendre « la manœuvre » qu'ils ne laisseront pas passer.

Ceux qui ont été libérés et qui n'ont pas été jugés, doivent être remis en cellule et être jugés, selon le rappeur. Il faut en finir avec les questions de justice et que le gouvernement puisse se mettre à l'œuvre pour le développement du pays, a-t-il conclu. Pour Hervé Ouattara du CAR, la Justice doit expliquer simplement à l'opinion publique si Djibrill Bassolé est coupable ou non et pourquoi il doit être libéré. La question de justice est une longue marche, foi de Hervé Ouattara selon qui le tribunal militaire doit prendre ses responsabilités. Sinon, a-t-il conclu, « c'est le peuple qui prendra ses responsabilités ».

Pour le député du CNT, Yaya Karambiri, qui a pris part à cette marche de rejet de la mise en liberté provisoire du Général Djibrill Bassolé, « sous prétexte qu'il est malade », selon ses mots, la marche traduit l'indignation face au comportement de certains juges du tribunal militaire qui ont accordé la liberté provisoire à un prisonnier contre qui pèsent des charges.

Les OSC resteront mobilisées jusqu'à l'audience de confirmation des charges contre Bassolé si celui-ci reste en liberté provisoire et exigeront sa comparution à cette audience, a-t-il précisé.

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