11 Octobre 2017

Cameroun: Dr Justine Laure Menguene Mvina - « Il faut relativiser autant que possible »

interview

Sous-directeur de la santé mentale au ministère de la Santé publique

Comment appréhende-t-on le problème de la santé mentale en milieu professionnel ?

D'emblée il faudrait préciser que santé mentale ne veut nullement dire maladie mentale. La santé mentale est simplement un état de bien-être alors que la maladie mentale est une affection dont les causes peuvent aussi provenir d'un mal-être moral. Cette précision faite, je dois dire que le thème de la célébration de l'édition 2017 de la Journée internationale de la santé mentale, à savoir : « Santé mentale au travail » amène à comprendre que cette problématique est vécue en entreprise et que ce n'est pas seulement clinique. Il est question du bien-être en milieu au travail, tout simplement.

Il faut le reconnaître, les travailleurs sont de plus en plus stressés dans leur environnement. Les origines du stress y sont multiples : l'organisation et la gestion du travail, les horaires élastiques, des tâches inadaptées au profil de l'employé, des conflits et incompréhensions divers, la surexploitation, la marginalisation, la monotonie, etc. Tout ceci peut gêner l'épanouissement personnel et familial, finalement pousser l'employé à bout. Précisons qu'il y a toujours l'incursion de la vie professionnelle dans la vie privée et vice-versa.

Cette question préoccupe-t-elle réellement en entreprise ?

Non malheureusement, du moins, en ce qui est pour la plupart. C'est pourquoi une journée comme celle-ci permet de sensibiliser et édifier les populations. Il est temps que les entreprises et les employeurs trouvent des espaces pour parler du mal-être au travail. Permettre aux employés d'en parler, c'est déjà leur permettre de se soulager. Lorsque le bien-être préoccupe dans une entreprise, le rendement suit. La déception amoureuse, la maladie ou la perte d'un parent, sont autant de situations privées qui peuvent compromettre la qualité du travail si ce n'est pas bien géré. Cela conduit à des dépressions : la victime se plaint de l'insomnie, du mal d'estomac, des nerfs qui tirent, de la lombalgie, etc. Et ailleurs, on enregistre des suicides. Tout ceci est l'expression d'une tension quotidienne avec les collègues, les patrons ou la tâche qu'on effectue.

Que faut-il faire pour ménager une bonne santé mentale malgré un environnement hostile ?

Chacun doit savoir qu'il est artisan de son propre épanouissement. Dans un environnement défavorable, il faut pouvoir se mettre au-dessus-de la mêlée, relativiser autant que possible, développer les pensées positives. C'est de la pensée que découle notre comportement. A ce niveau, l'adage : contre mauvaise fortune, bon cœur est un conseil à suivre. Il faut se ménager, s'oxygéner, faire du sport, avoir une bonne alimentation. Il n'y a pas de recette miracle. Chacun doit pouvoir se connaître. Il faut s'investir sur ce qu'on aime. Il faut que cela se sache, la santé mentale est un problème de santé publique au Cameroun.

Le fait d'avoir créé une sous-direction à elle consacrée est la preuve que le sujet est pris en compte. Le fait de célébrer la Journée internationale de la santé mentale est aussi un signe fort. En faculté de Médecine et des Sciences biomédicales, on forme des psychiatres. On ne peut pas dire que rien n'est fait. Au contraire, il y a bien une politique nationale et cela montre aussi que les pouvoirs publics sont préoccupés par le sujet. Dans les médias, il y a une sensibilisation réelle. Toutefois, la santé mentale demeure le parent pauvre de la médecine.

Cameroun

Kylian Mbappé - Élu Golden boy 2017

Voilà de quoi redonner du sourire à Kylian Mbappe qui a totalement raté son match dimanche dans le… Plus »

Copyright © 2017 Cameroon Tribune. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour toute modification, demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica publie environ 800 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.