12 Octobre 2017

Sénégal: Les filles réclament leurs places dans les instances de décision

Photo: Plan International
Les filles marchent en Ouganda pour célébrer la journée internationale de la fille.

Les filles du Sénégal veulent des représentantes dans le gouvernement, l’Assemblée Nationale, les Conseils municipaux, les Conseils d’Administration, le Haut Conseil des Collectivités territoriales, entre autres instances où se prennent les décisions. La porte-parole des filles, Mlle Ndeye Yacine Faye, à la cérémonie de célébration de la journée internationale de la fille, le mercredi 11 octobre 2017 à Dakar, l’a fait savoir aux autorités publiques, responsables d’agences onusiennes et  société civile.

Au Sénégal, les filles veulent prendre leur destin en main. Elles veulent plaider pour leur propre cause pour mieux défendre leurs intérêts. Cette nouvelle donne fait suite à l’énormité du mur de résistance qui continue de faire barrage aux filles. Devant un parterre d’autorités venues assister à la cérémonie officielle célébrant la journée internationale des filles au Sénégal, leur porte-parole du jour, dans un discours engagé a fait part d’une volonté de changement exprimée par les filles.

Selon Mlle Ndeye Yacine Faye, les filles veulent une rupture dans la démarche jusque-là adaptée. Elles veulent avoir une meilleure place dans l’élaboration et la mise en œuvre des politiques publiques notamment le Plan Sénégal Émergent (Pse).

Les filles du Sénégal veulent intégrer les sphères de décision et laisser éclore leurs potentialités. Elles recommandent à ce qu’il soit trouvé un cadre approprié à leur contribution dans l’élaboration et l’application des politiques en leur faveur. Cette invite colle avec le thème 2017 de la journée internationale de la fille qui appelle à « Libérer le pouvoir des filles ».

Dans cette même dynamique, le Président de la Coalition nationale des associations et ONG en faveur de l'enfance au Sénégal (Conaf), M. Raoul Latouf soutient ce plaidoyer que font les filles pour faire entendre leur voix. « Il nous faut agir et maintenant », dira-t-il à l’endroit des tous les acteurs engagés dans la lutte contre les violences faites aux filles.

A cet effet, M. Latouf a fait un plaidoyer pour la finalisation et la mise en œuvre du code de l’enfant, la relance du parlement des enfants.

Même son de cloche pour Mme Oumy Lakh Sall, Directrice de Plan International Sénégal et porte-parole du jour pour les Ong. Tirant un sombre tableau sur la situation de la fille, elle lance : « l’heure du changement est arrivée ».

Selon elle, Plan International estime que la fin du cycle de la violence contre les adolescentes et les femmes, l’accès des femmes au pouvoir et l’autonomie financière et l’emploi des femmes demandera une révolution politique et sociale. Sur ce point, elle estime que les gouvernements doivent réagir et intervenir dans les espaces publics et privés.

Appuyant la rupture prêchée par les filles, Mme Sall pense qu’il faut que les filles deviennent visibles dans les lieux de pouvoir et d’influence. A son avis, de plus gros efforts sont nécessaires pour comprendre comment les adolescentes vivent vraiment leur vie pour que les filles et les garçons puissent être soutenus pour remettre en question les stéréotypes-sexo-spécifiques qui ne sont que trop présents dans leur expériences quotidiennes.

Plan International estime que c’est le moment de soutenir les aspirations de la génération d’adolescentes actuelle et à venir  afin qu’elles réalisent leur potentiel en tant qu’actrices incontournables dans la réalisation d’un monde durable et équitable.

La représentante du système des Nations Unies, Mme Diana Ofwana, par ailleurs, Directrice Régionale d' ONU Femmes Afrique de l'Ouest et du Centre souligne que « beaucoup reste à faire pour faciliter le passage de filles à l’âge adulte ». Elle juge important de consacrer beaucoup d’investissements dans l’éducation et la formation professionnelle des filles.

Elle incite les États de la région a appliqué les lois contre le mariage précoce. Un message qu’ont artistiquement porté de jeunes artistes de la banlieue dakarois issus du studio Timbuktu qui, à travers leur prestation, ont porté des messages forts contre le mariage des enfants, pour la scolarisation des jeunes filles. Une manière de « Se révolter pour se faire entendre pour défendre leurs droits».

Un ensemble de plaidoyers qui ont poussé la nouvelle ministre de la femme, de la famille et du genre, Mme Ndeye Saly Dieng qui s’engage à être l’avocate des filles dans le gouvernement du Sénégal. Dans le cadre de sa mission, elle ambitionne de réserver une place privilégiée à l’entreprenariat des jeunes filles.

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