12 Octobre 2017

Cote d'Ivoire: Affaire cache d'armes - Le principal inculpé, Soul to Soul, dénonce une machination judiciaire

L'affaire de la découverte d'une cache d'armes à Bouaké, en mai dernier au domicile de Souleymane Kamaraté dit Soul to Soul lors d'une mutinerie de soldats, vient de connaître un nouveau développement avec la mise en examen et la mise sous mandat de dépôt du directeur de cabinet du Président de l'Assemblée nationale (PAN) ivoirienne, Guillaume Soro.

Depuis le 9 octobre dernier donc, le bras droit de l'ex-chef de la rébellion ivoirienne croupit en prison, en attendant de s'expliquer devant la Justice sur les faits de « complot contre l'autorité de l'Etat» qui lui ont valu son interpellation, « au regard de la gravité des faits de détention, de cession d'armes de guerre et de minutions de première catégorie », selon le Procureur.

Il n'en fallait pas plus pour que les partisans du PAN voient derrière cette arrestation, une cabale judiciaire visant à ternir l'image de leur mentor sur fond de rivalités politiques dans la perspective de la présidentielle de 2020. Et après avoir passé 72 heures dans son lieu de détention, le principal inculpé lui-même s'est fendu d'une lettre ouverte le mercredi 11 octobre dans laquelle il s'est vertement attaqué au camp Ouattara. Morceau choisi : « Je suis mis en prison à cause des armes qui ont mis Alassane Ouattara au pouvoir. »

Le moins que l'on puisse dire, c'est que la guerre semble désormais ouverte entre les camps Ouattara et Soro, dans ce qui s'apparentait jusque-là à une bataille politique larvée. Et bien malin qui saurait en prédire l'issue. Mais l'on pourrait se demander si à trop vouloir politiser l'affaire, l'on ne risque pas de s'écarter de la vérité. Car, l'essentiel, c'est que la lumière jaillisse.

Et en cela, l'arrestation de Soul to Soul est déjà en soi un pas, même si pour beaucoup, il n'est qu'un lampiste. La véritable cible étant Guillaume Soro qui, on se rappelle, avait dit en assumer la responsabilité au début de l'affaire. L'histoire s'arrêtera-t-elle donc à Soul to Soul où remontera-t-on jusqu'à Guillaume Soro ? Le cas échéant, que se passera-t-il ? Ira-t-on jusqu'à entendre le PAN ? Et après ?

La lune de miel est finie entre les tombeurs de Laurent Gbagbo

En attendant d'avoir réponse à toutes ces questions, les choses semblent se compliquer pour le protégé de Guillaume Soro dont on pensait qu'en raison de sa proximité avec celui qui était il n'y a pas longtemps la deuxième personnalité de l'Etat, son cas bénéficierait d'un traitement comme savent le faire les tenants du pouvoir en Afrique pour ne pas se compromettre. Mais à la lumière des derniers développements, il y a lieu de croire que la lune de miel est finie entre les tombeurs de Laurent Gbagbo et que les couteaux sont définitivement tirés entre les alliés d'hier qui se regardent aujourd'hui en chiens de faïence.

La question est maintenant de savoir jusqu'où ira cette affaire de cache d'armes. Car, si derrière cette mise au cachot de Soul to Soul certains voient un avertissement à peine voilé lancé à Guillaume Soro, tout porte à croire que ce dernier et ses partisans ne sont pas prêts, le cas échéant, à plonger seuls.

En effet, ils semblent décidés à emporter avec eux la galaxie Ouattara dans leur chute, si les chosent devaient se gâter pour eux. En tout cas, c'est ce que l'on est porté à croire, au regard de la tournure des événements, avec certaines langues qui commencent à se délier. Comme celle du chargé de communication de Guillaume Soro qui n'est pas passé par quatre chemins pour dire que la maison de Soul to Soul « a juste servi de lieu d'entreposage pour l'ensemble des forces républicaines de Côte d'Ivoire qui, sur ordre du président Alassane Ouattara, ont lancé l'assaut pour déloger Laurent Gbagbo du pouvoir ».

De là à attribuer la paternité de ces armes au chef de l'Etat, il y a un pas que beaucoup de partisans de Guillaume Soro n'hésiteraient pas à franchir pour dédouaner leur leader. Et rien ne dit que d'ici là, d'autres développements ne viendront pas révéler l'existence d'autres caches d'armes comme celle découverte récemment dans un gymnase à Abidjan. C'est dire si cette guerre de tranchées entre alliés d'hier est potentiellement lourde de dangers pour la Côte d'Ivoire. Et le perdant ne sera peut-être pas celui que l'on croit.

En attendant, le fossé continue de se creuser entre le président de la République et le président de l'Assemblée nationale, et un tel climat de tension n'est pas bon pour la Côte d'Ivoire.

Cote d'Ivoire

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