14 Octobre 2017

Kenya: A Londres, Raila Odinga explique son retrait de l'élection présidentielle

Photo: Daily Nation
Des policiers kényans dans les rues de Nairobi

Le principal opposant au président kenyan était à Londres ce vendredi 13 octobre. L'ex-Premier ministre Raila Odinga passe deux jours au Royaume-Uni, pour évoquer les élections dans son pays.

Le climat est tendu au Kenya depuis que la Cour suprême a invalidé le 1er septembre la réélection du président sortant Uhuru Kenyatta. Deux personnes ont été tuées ce vendredi dans des manifestations. Un nouveau scrutin doit avoir lieu le 26 octobre mais Raila Odinga refuse d'y participer. Il s'en est expliqué dans la capitale britannique, lors d'une intervention au centre de réflexion Chatham House.

Avec notre correspondante à Londres, Marion L'Hour

L'élection du 26 octobre ne devrait pas avoir lieu, affirme Raila Odinga devant une salle comble. Selon lui, le résultat est connu d'avance, car elle sera, dit-il, « aussi corrompue que la précédente ». Donc pas question de se présenter. Raila Odinga accuse la commission électorale de n'avoir pas fait les réformes nécessaires. Et le gouvernement d'organiser la violence.

« Ils envoient les policiers avec du gaz lacrymogènes. Ils ont envoyé du gaz aux gens et tiré 9 balles. Donc ce dont on parle, ce sont des tueries et de la violence financées par l'Etat. »

Et si Raila Odinga est à Londres, c'est pour demander l'appui des autres pays. « Il faut restaurer la démocratie », estime-t-il. « Nous voulons que nos amis internationaux nous aident à résoudre ce problème. Dans notre tradition en Afrique, quand la maison du voisin est en flammes, on n'attend pas d'être invité pour y aller. »

Manifestation

La présence de l'un des principaux candidats à Londres, à moins de deux semaines de la présidentielle, cela ne plaît pas aux partisans du président en place Uhuru Kenyatta, venus manifester devant la conférence.

Parmi eux, Juliette Makhapila : « Vous devriez penser à la somme d'argent que coûte au gouvernement l'organisation de ce nouveau scrutin. Si vous voulez parler, vous vous présentez, et si les citoyens veulent vous élire, alors vous devenez le gagnant. »

« Je gagnerais, s'il y avait une élection libre » veut croire le chef de la coalition Nasa.

La situation est tendue au Kenya. Vendredi, dans le bastion de l'opposant, à Bondo, dans l'ouest du pays, la police a tué par balles deux jeunes hommes accusés par les forces de l'ordre d'avoir attaqué un commissariat. Partout ailleurs, dans les grandes villes, il était interdit aux manifestants de rejoindre le centre-ville, ni même de se rassembler. Notamment dans la capitale, Nairobi.

Ils venaient d'un peu partout, de façon dispersée. Et ils se réunissaient petit à petit. Puis la police est venue les disperser. Ils ne faisaient rien d'autre que de se réunir. Mais la police ne veut plus aucun rassemblement, nulle part. Manifestation ou non, on vous disperse.

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