14 Octobre 2017

Congo-Kinshasa: Quel mécanisme pour une transition sans Kabila ?

analyse

La tenue d'élections étant exclue cette année, l'après-décembre 2017 reste un mystère. Raison pour laquelle le projet d'une « transition sans Kabila » auquel des mouvements citoyens, tels « Filimbi », « Lucha » et « Congolais debout » ont souscrit, a été relancé jeudi par le président du Rassemblement Félix Tshisekedi.

Pourtant, le mécanisme pour y arriver reste encore flou. La table-ronde qu'il propose le dispute au 3ème dialogue que soutient la MP.

En décembre 2017, il n'y aura pas d'élections, tout comme en 2018. A la Céni (Commission électorale nationale indépendante), l'échéance la plus proche pour la tenue d'élections reste la fin de l'année 2019. C'est son président, Corneille Nangaa, qui s'est chargé de l'annoncer aux différentes parties prenantes au processus qu'il a rencontrées au courant de cette semaine.Sans surprise, ses déclarations ont suscité des réactions en chaîne dans les rangs de l'Opposition.

Si le G7, regroupement membre du Rassemblement, a appelé, jeudi dernier, le peuple à se mobiliser pour grossir les rangs de la résistance, dans la même soirée, Félix Tshisekedi, président du Rassemblement, a embouché le même refrain en relevant que le chef de l'Etat et le président de la Céni ont "déclaré la guerre au peuple congolais", en annonçant qu'il n'y aurait pas d'élection présidentielle avant 2019.

L'occasion faisant le larron, Félix Tshisekedi a relancé l'option d'une transition sans Kabila, après décembre 2017, échéance prévue pour la tenue d'élections. « Devant cette énième forfaiture, Joseph Kabila et son serviteur Corneille Nangaa se sont, de ce fait, disqualifiés », a affirmé Félix Tshisekedi.

Appel à la résistance

A l'instar du G7, le Rassemblement se prépare à une forte résistance pour barrer la route à l'action de sape du processus électoral, que la Céni s'est chargée d'exécuter pour le compte de la Majorité présidentielle. Sans en donner les détails, Félix Tshisekedi a promis une série d'actions pour faire plier le pouvoir en place.

« J'annonce le lancement de la campagne de mobilisation populaire par des visites de nos bases à travers le Congo profond. Le calendrier vous sera communiqué incessamment », a dit sans autre précision le président du Rassemblement.

Il a annoncé par ailleurs que « le Rassemblement entreprend des démarches auprès de la communauté internationale, à travers l'ONU, pour une implication directe dans l'organisation des élections », en privilégiant l'option d'une « une courte transition sans Joseph Kabila et une Céni recomposée ».

Toujours attaché à l'Accord politique du 31 décembre 2016, signé sous l'égide de la Cenco, Félix Tshisekedi indique « Le cadre de l'Accord de la Saint-Sylvestre n'est pas mort, on peut le ressusciter avec l'aide de la Cenco et on désignera le remplaçant de Joseph Kabila. Appellez ça troisième dialogue, moi je ne suis pas dans la querelle des mots à partir du moment où tout cela aura lieu après Joseph Kabila ».

Dans tous les cas, au sein du Rassemblement, l'option d'une transition sans Kabila fait l'unanimité. Si les avis divergent sur la forme, tous sont d'accord sur un point : il n'y aura pas d'élections tant que le président Kabila est au pouvoir. Mais, comment y arriver sans raviver la crise de légalité et de légitimité ? C'est là tout le problème.

Confiant, Félix Tshisekedi a promis jeudi dernier de surmonter cette difficulté. Il entend s'appuyer sur l'accompagnement de la communauté internationale, étant entendu que le président Kabila a prouvé nettement qu'il ne s'est jamais inscrit dans le respect de l'Accord du 31 décembre 2016.

La communauté internationale ayant apporté tout son soutien à cet accord, le Rassemblement note qu'en le foulant au pied, le président Kabila n'est plus un interlocuteur crédible. Pour le Rassemblement, le seul moyen de sauver le processus électoral est la mise à l'écart du président Kabila au-delà de décembre 2017.

Entre table-ronde ou 3ème dialogue, Félix Tshisekedi a évité de se lancer dans cette guerre sémantique. Il pense néanmoins que la Cenco aura un rôle à jouer pour relever ce défi.

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