16 Octobre 2017

Burkina Faso: 30e anniversaire de l'assassinat de Thomas Sankara - Le Cim-Ts pour l'ouverture d'une enquête judiciaire en France

A la faveur du 30e anniversaire de l'assassinat de Thomas Sankara et de ses 12 compagnons, le Comité international mémorial Thomas Sankara (CIM-TS) et des membres de la société civile ont initié, le 15 octobre 2017 à Ouagadougou, plusieurs activités.

Une manière pour eux de rendre non seulement hommage au capitaine Thomas Sankara, mais aussi de demander justice pour ce dossier qui, selon eux, n'a que trop traîné.

Cela fait 30 ans que le capitaine Thomas Sankara, le père de la révolution burkinabè, a été assassiné au Conseil de l'entente, avec 12 de ses compagnons. 30 ans qui n'ont pas ébranlé la détermination du peuple burkinabè et au-delà, les peuples africains, dans leur quête de justice pour celui qui, aujourd'hui, est considéré comme un modèle. Le 15 octobre 2017, à la faveur de l'anniversaire de ce que l'on considère comme le massacre du Conseil de l'entente, des centaines de personnes ont encore battu le pavé pour réclamer justice. La marche qui a débuté devant le Conseil de l'entente a eu pour point de chute le Tribunal militaire en passant par l'ambassade de France au Burkina Faso. Tout au long du trajet, les messages étaient clairs. Comme sous l'ère de la révolution, les manifestants scandaient : « Les voleurs, à bas ! », « Les corrompus, à bas ! » et « Vérité et justice », bien entendu dans le traitement du dossier Thomas Sankara. Pour la manifestation de la vérité, selon les manifestants, la France pourrait apporter

son concours. Pour ce faire, ils ont, à mi-chemin de l'itinéraire de la marche, fait une escale à l'ambassade de France au Burkina Faso pour y déposer un mémorandum adressé à la République française. Les principales requêtes consignées dans ce mémorandum appellent la France à, d'une part, ouvrir une enquête judiciaire afin d'inculper les éventuels coupables et, d'autre part, à lever le secret défense qui pèse sur le dossier. De l'ouverture d'une enquête judiciaire en France, le CIM-TS, dans son mémorandum, a fait cas des récentes avancées qu'a connues le dossier, notamment en ce qui concerne l'ouverture de la tombe supposée du capitaine Thomas Sankara aux fins d'expertise, les différentes auditions et les inculpations qui s'en sont suivies. « Où en est-on avec la demande du juge d'instruction sur la levée du secret défense en France ? » Telle est la question posée, sans ambages à la République française par le CIM-TS, dans la deuxième partie de son mémorandum. En effet, selon le Comité, c'est depuis 2016 qu'une demande a été officiellement adressée à la France, afin qu'elle lève le secret défense et que l'enquête puisse être menée en vue de situer sa responsabilité dans ce crime.

« ... mettre tout en œuvre pour l'arrestation de Blaise Compaoré... »

« Mais, les autorités françaises n'ont pas encore donné une suite favorable à cette requête », a déploré le Comité, surtout que dans plusieurs écrits et témoignages, il apparaît clairement que Sankara aurait été victime d'un complot ourdi, aussi bien à l'intérieur du pays qu'à l'extérieur, notamment en France. « En son temps, le président Thomas Sankara, de la bouche du président François Mitterrand, « dérange », « il empêche de dormir ». Est-ce parce qu'il dérangeait et empêchait de dormir le président français que moins d'une année après le passage de François Mitterrand au Burkina, Thomas Sankara a été assassiné ? ». Une autre question adressée à la France et à laquelle le Comité attend également des réponses, en exigeant d'elle, elle qui « se réclame être un pays de droits de l'Homme », la levée du secret défense. De l'ambassade de France au Burkina Faso au Tribunal militaire, les manifestants ont parcouru environ 1 kilomètre, toujours avec la même ferveur et scandant le même message, celui de la justice pour Thomas Sankara. Après avoir remis leur message aux autorités françaises, c'est au tour des autorités burkinabè de recevoir le leur via la Justice militaire. C'est le président du Tribunal militaire, Sita Sangaré, qui a été le récepteur de ce message qui indique que « les autorités burkinabè doivent tout mettre en œuvre pour l'arrestation de Blaise Compaoré et Hyacinthe Kafando qui seraient en Côte d'Ivoire ». Aussi, dans ce deuxième mémorandum, le CIM-TS s'est interrogé sur le fait que les dossiers relatifs à Thomas Sankara, au putsch et à l'insurrection populaire des 30 et 31 octobre ont été confiés au même juge d'instruction. Une situation qui, pour lui, peut porter préjudice à la manifestation de la vérité. Au titre des recommandations, le CIM-TS a, entre autres, exigé que « les principaux inculpés, Blaise Compaoré, Gilbert Diendéré et Hyacinthe Kafando, encore vivants, aident à l'identification du corps de Thomas Sankara ». C'est sur ce point qu'a pris fin la marche pour réclamer justice pour le père de la révolution burkinabè et ses compagnons. Par ailleurs, pour perpétuer sa mémoire et lui rendre hommage, le CIM-TS a, dans la soirée du 15 octobre, tenu un panel sur la vie de l'homme.

La réaction de Bernard Sanou, président du Comité international mémorial Thomas Sankra suite à la sortie de la veuve Mariam Sankara

« Dans sa déclaration à la faveur du 30e anniversaire de l'assassinant de son époux, Mariam Sankara s'est prononcée sur l'initiative du CIM-TS et le lieu où il entend ériger le mémorial. « Je tiens à saluer cette initiative de la société civile, conduite par l'Association CIM-TS (Comité international pour le mémorial Thomas Sankara). Ce projet de mémorial bénéficie du soutien populaire. Une démarche consensuelle et inclusive devrait permettre de réaliser un ouvrage de qualité, qui témoignera de la vitalité des idées de Thomas et de ses fidèles compagnons de la Révolution du 4 Août 1983. Toutefois, la famille tient à ce que ce mémorial ne soit pas construit dans l'enceinte du Conseil de l'Entente qui rappelle de douloureux souvenirs, en raison des assassinats et des tortures qui ont marqué ce lieu », a-t-elle déclaré. Réponse de Bernard Sanou, président du CIM-TS : « C'est tout à fait normal. Nous sommes encore dans le domaine du sentimentalisme. Mais, nous faisons partie de la famille. Nous pensons qu'en tant que tel, nous trouverons tôt ou tard la solution. C'est une affaire de famille et nous arriverons à nous entendre sur le site, soyez-en certains ». »

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