16 Octobre 2017

Tunisie: Mondher Ben Jaballah - «Mon sang est aux couleurs de la Baklawa»

Ben Jaballah, tout comme Hédi Khedher (COT) et Boubaker Zitouni (COT et CA), pour ne citer que ces trois grands gardiens, ont fait une carrière loin des lumières des premiers plans à cause de leur appartenance à des clubs moins huppés que l'EST, l'ESS et le CA.

Mais cela n'a pas empêché Mondher Ben Jaballah de s'imposer pendant plusieurs années comme l'un des meilleurs gardiens de Tunisie après la retraite de Attouga, et ce, en compagnie de feu Kamel Kraïa et Mokhtar Naïli et avant le règne de Chokri El Ouaer.

Quel fut l'itinéraire de Ben Jaballah ? «J'ai fait les catégories «écoles», «minimes» et «cadets» avec le petit club de Widad Montfleury dont plusieurs footballeurs de renom y ont été formés à leur jeune âge tels que Rached Tounsi, Mohamed Naouali (dit Gouchi), Kamel Chebli, Khaled et Sami Touati et j'en oublie», répond Mondher Ben Jaballah.

Mondher, qui a aujourd'hui 63 ans, est passé à l'ASMégrine à l'âge de 17 ans alors qu'il était dans la catégorie «cadets» où il a été enrôlé avec ce club divisionnaire pendant onze bonnes années. Et ce n'est qu'en 1982 qu'il a débarqué au Bardo pour s'engager jusqu'à la fin de sa carrière (en 1991) avec le Stade Tunisien, le club qu'il a toujours porté dans son cœur. «En effet, malgré les nombreuses propositions émanant de plusieurs clubs de gros calibre et à leur tête l'EST, je n'ai jamais voulu jouer ailleurs qu'avec la Baklawa car mon sang est à ses couleurs. Pour preuve, mes filles sont toutes stadistes pures et dures. De surcroît, je ne suis pas du type ingrat qui oublie le bien que les personnes lui ont fait. Jamais je n'oublierai ce que feu Hédi Enneïfer a fait avec moi. Et tout au long de ma carrière, j'ai tout fait pour rendre au Stade Tunisien une partie de ce qu'il m'a donné».

«La coupe arabe, mon plus beau souvenir»

Nul doute que Mondher Ben Jaballah est l'un des principaux artisans de la consécration en coupe arabe des clubs vainqueurs de coupe que le Stade Tunisien a remportée en 1989. «Je me rappelle les conditions dans lesquelles s'était déroulée cette compétition que nous avons remportée haut la main malgré vents et marées. Par exemple à ce jour, je n'arrive pas à trouver une réponse convaincante au fait que la FTF ait rappelé à Tunis Hergal et Mhadhebi pour participer à un match amical de l'équipe nationale alors que le ST venait de se qualifier en demi-finale à Jeddah ?!

Bref, nous avons quand même joué la demi-finale et la finale avec brio et je m'enorgueillis d'avoir conduit la Baklawa au succès grâce à plusieurs arrêts décisifs, notamment, sur trois penalties. D'ailleurs, le ST était la première équipe tunisienne à avoir remporté la Coupe arabe des clubs vainqueurs de coupe (1989) et la dernière (2001). Et en plus de la Coupe arabe, j'ai glané le trophée des «souliers d'or» en 1984 grâce notamment à mon record de onze matches sans avoir encaissé le moindre but».

En 1984, Mondher Ben Jaballah a, également, été «sacré» héros d'un fait divers qui l'a honoré à tout jamais. Et Mondher de nous raconter ce fait divers étonnant : «En effet, j'étais dans la terrasse du café de notre quartier à Bab El Fella, et tout à coup nous avons entendu des cris stridents venant du balcon du troisième étage surplombant notre café. Je m'empresse de voir ce qui se passe et en même temps je vois une jeune fille de 14 ans tombant comme une pierre d'en haut. Sans hésiter, je jaillis pour la réceptionner par la tête et les épaules. Elle s'en est sortie avec deux jambes fracturées. Pour ma part, cela m'a coûté une blessure au genou». Mondher Ben Jaballah a de quoi être fier de son geste de bravoure et d'altruisme, comme quoi un gardien de but à l'esprit chevaleresque ne plonge pas uniquement pour sauver ses filets d'un but mais il peut le faire pour sauver la vie d'une jeune fille qui voulait mettre fin à ses jours. Bravo !

«J'ai souvent été international»

Mais notre héros n'apprécie pas beaucoup qu'on le classe parmi les meilleurs gardiens en Tunisie ou qu'on le compare à tel ou tel gardien de toute l'histoire de notre football. «Sans prétention, je me considère le meilleur gardien et ma seule idole était feu Abdallah Trabelsi. Point à la ligne! Mon amour sans bornes pour le Stade Tunisien m'a empêché d'être enrôlé par l'un des grands clubs de notre pays et même dans d'autres clubs étrangers. Et par voie de conséquence, je n'étais pas au-devant de la scène footballistique en Tunisie, bien que depuis l'âge de 18 ans, j'aie souvent été international. J'ai été sélectionné par feu Mokhtar Ben Nacef en 1970 (17 ans), par Kulecha en 1981/82 alors que j'étais encore à l'AS Mégrine.

Après, j'ai été sélectionné plusieurs fois notamment par André Nagy que je considère comme le meilleur entraîneur que la Tunisie ait connu. J'ai joué les éliminatoires de la Coupe du monde et n'eût été l'incompatibilité d'humeur avec Youssef Zouaoui qui ne me portait pas trop dans son cœur, j'aurais pu avoir plus de rayonnement. Mais je ne m'en plains pas. Je suis content de ce que j'ai vécu avec le Stade Tunisien auquel je dois toute ma réussite. Dans ce contexte, j'ai un reproche à formuler à Youssef M'sakni qui ne daigne même plus évoquer ses années de formation au Stade Tunisien dans la catégorie des jeunes». Mondher sait aussi donner des leçons de morale sans avoir froid aux yeux.

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