16 Octobre 2017

Congo-Kinshasa: Jacob Zuma dans le pays - Entre les affaires et la politique

Le président sud-africain Jacob Zuma est reparti de Kinshasa sans tambour, ni trompette. Pas de grande annonce au terme de sa visite de deux jours. En difficulté dans son pays, Jacob Zuma n'est pas prêt à lâcher son homologue de la RDC, Joseph Kabila.

A Kinshasa, le président Zuma lui a redit dimanche tout son soutien dans la conduite du processus électoral. Zuma et Kabila sont liés pour le meilleur et pour le pire - entre les affaires et la politique.

Arrivé samedi à Kinshasa pour repartir 24 heures après, le président sud-africain Jacob Zuma, grand allié du président Joseph Kabila, est venu redire tout son soutien à son homologue congolais. Entre Zuma et Kabila, les relations ne semblent avoir pris aucune ride.

Quoiqu'en difficulté dans son pays où il a été mis en cause vendredi dernier dans une affaire de corruption, le président Zuma n'est pas prêt à lâcher son homologue congolais avec qui il se sent très lié dans les affaires tout comme en politique.

Dans le communiqué sanctionnant son séjour à Kinshasa, les deux chefs d'Etat « ont renouvelé leur engagement à consolider les relations bilatérales excellentes qui unissent la République démocratique du Congo et la République d'Afrique du Sud ». Plus explicite, « le président sud-africain a exprimé son soutien au processus électoral en cours en République démocratique du Congo ».

Grand allié de Kabila, Jacob Zuma détient de gros intérêts économiques en RDC, essentiellement dans le secteur de l'industrie extractive. Si bien qu'à Kinshasa, des analystes avertis sont d'avis qu'au-delà de la politique, les deux personnalités ont certainement parlé de l'avenir de leurs intérêts économiques réciproques, par ces temps de fortes turbulences politiques à Kinshasa comme à Pretoria.

En disgrâce

Pendant ce temps, Jacob Zuma fait face à une fronde qui ternit ses derniers jours à la présidence de la nation arc-en-ciel. Le président Zuma est accusé d'avoir perçu, alors qu'il était vice-président, des pots-de-vin pour un contrat d'armement de 4,2 milliards d'euros signé en 1999 par l'Afrique du Sud avec plusieurs entreprises européennes, dont la française Thales.

La justice sud-africaine a rouvert, vendredi dernier, la voie à un éventuel procès pour corruption contre le président Jacob Zuma dans une affaire de ventes d'armes qui tient le pays en haleine depuis une bonne dizaine d'années.

Dans un jugement lu à l'audience par le juge Eric Leach, la Cour suprême d'appel de Bloemfontein (centre du pays) a rejeté un appel du chef de l'Etat contre la décision de relancer contre lui 783 inculpations de corruption, fraude fiscale et extorsion de fonds dans le cadre de ce dossier.

Très attendue, cette décision renvoie la balle dans le camp du parquet général sud-africain, qui doit désormais décider de relancer ou non le dossier et, éventuellement, de renvoyer Jacob Zuma devant un tribunal.

Chef de l'Etat depuis 2009, M. Zuma doit quitter le pouvoir au terme de son deuxième et dernier mandat à l'issue des élections générales prévues en 2019. Son parti, l'ANC, doit choisir en décembre celui ou celle qui succèdera à sa tête et, en cas de victoire du parti en 2019, à celle du pays.

Jusqu'à présent, Zuma a toujours réussi à passer au travers des mailles de multiples filets judiciaires que ses adversaires ont tendus sur son chemin. A une exception près. L'an dernier, il a été contraint de rembourser une partie de travaux de « sécurité » financés par l'Etat dans sa résidence privée.

Pour l'instant, le président Zuma est un allié sûr de Kinshasa, prêt à tout pour apporter tout son secours au président Kabila. Sans doute à Kinshasa, Zuma est venu consolider ses liens, en attendant son départ prévu 2019 ; année qui coïncide avec l'organisation par la Céni des élections en RDC.

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