17 Octobre 2017

Tunisie: La grande épreuve !

La mise en place d'une stratégie nationale pour l'autonomisation économique et sociale des femmes et des filles en milieu rural (2017/ 2020) est un nouveau tournant en matière de concrétisation du principe de l'égalité des chances, non seulement entre les sexes, mais aussi entre les Tunisiennes vivant en milieu rural et urbain.

En Tunisie, les femmes représentent la moitié de la population. En milieu rural, elles constituent 50,4% de la population, ce qui fait d'elles un maillon incontournable au développement et à la garantie de l'équilibre social voire de la paix sociale dans ce milieu.

Pourtant, toutes les conditions jouent contre elles : le faible accès aux prestations sanitaires, à la sécurité sociale, au marché de l'emploi, à l'autonomie financière, à la culture et à la participation à la vie collective rend vains les efforts fournis par les féministes et pro-féministes ainsi que par l'Etat pour la garantie des droits des femmes. Et pour preuve : « Seuls 20% des femmes rurales disposent d'une source de revenu propre.

Le taux de chômage féminin excède les 40% dans certaines régions » et ce, selon le Recensement de la population relatif à 2014. Pis encore : « Parmi les 61% des femmes salariées du secteur agricole, 12% seulement d'entre elles sont affiliées à la sécurité sociale », et ce, selon l'étude portant sur « le travail des femmes en milieu rural et leur accès à la protection sociale ».

Actives, les femmes demeurent mal rémunérées, sous-estimées, ce qui nuit et à leur autonomie financière et à leur capacité à aller de l'avant et à être plus productives et plus aptes à relever les défis nationaux. S'agissant des filles, elles continuent à endurer les répercussions d'une infrastructure défaillante, ce qui entrave leur scolarisation. Faute d'accès au savoir, de nombreuses filles vivant dans les zones rurales sont vouées à l'exploitation domestique dans les grandes villes. Autant de ressources humaines en herbe vouées donc aux travaux dégradants voire humiliants.

Se plier à la Constitution

D'un autre côté, la nouvelle Constitution de 2014 appelle au renforcement des compétences de la femme tunisienne, dont celle vivant en milieu rural. D'où la nécessité d'intervenir positivement en optant pour une stratégie susceptible de combler les lacunes constatées et de doter les femmes et les filles rurales des meilleurs moyens, outils, mécanismes et conditions favorables à l'autonomie aussi bien sociale qu'économique.

La présente stratégie, dont le Plan national d'action sera lancé le 31 octobre et le premier novembre 2017, lors d'un séminaire national organisé à l'occasion, s'articulera autour de cinq axes majeurs.

Une stratégie en cinq axes

Le premier concerne l'autonomisation économique de cette population-cible. Un pari ambitieux qui passe inéluctablement par une panoplie d'interventions et de programmes spécifiques, visant « l'amélioration de l'employabilité des femmes, le rapprochement et la diversification de la formation professionnelle, l'accès aux ressources et moyens de production, la facilitation du passage du secteur informel au secteur formel, la promotion de l'économie sociale et solidaire et l'accès aux marchés ».

Le deuxième axe s'articule autour d'une série de défis à relever et dont certains demeurent non atteints jusqu'à nos jours malgré les appels insistants des intervenants et des militants de la société civile. Lutter contre l'abandon scolaire, pour le travail décent, ainsi que l'amélioration et la facilitation de l'accès aux droits à la santé, à la sécurité sociale, au transport, à la culture, à une infrastructure digne améliorerait à coup sûr la vie des ruraux et par ricochet le développement régional et rural. Autre point crucial : la participation des femmes à la vie publique et à la gouvernance locale faciliterait le changement des mentalités. Car convaincre les homme de l'importance d'impliquer les femmes rurales dans la vie publique ne sera point une épreuve aisée.

Le quatrième axe majeur de ladite stratégie misera sur « l'amélioration de la qualité de la vie dans ces zones ». Une qualité de vie qui doit systématiquement rimer avec droit à la culture, aux loisirs et à une bonne infrastructure. Le cinquième axe sera, quant à lui, focalisé sur « la production des données et des statistiques selon le genre et le milieu géographique et leur intégration dans l'élaboration et l'évaluation des plans de développement ». Il est à souligner que le budget alloué à la réalisation du plan national d'action est estimé à 53,5MD dont 55% sont garantis par l'Etat.

Le reste sera une contribution de l'ordre de 25,5MD accordée dans le cadre de la coopération internationale. Notons que 90% du budget seront investis dans la finalisation des projets en cours de réalisation, lesquels d'ailleurs sont inscrits dans le Plan national de développement économique et social pour le quinquennat 2016/ 2020. Les 10% restants seront exploités pour la réalisation de nouveaux projets.

Tunisie

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