16 Octobre 2017

Congo-Kinshasa: USA-RDC - Arrivée imminente de Nikki Haley à Kinshasa

Les spéculations sont déjà permises, sans pour autant cerner les vraies motivations de la visite en RDC de l'ambassadrice des États-Unis aux Nations unies qui demeurent, pour l'heure, tout un mystère.

Tel que l'avait annoncé Donald Trump en marge de la 72e assemblée générale de l'ONU devant une brochette des présidents africains triés sur le volet, l'ambassadrice de son pays aux Nations unies, Nikki Haley, est attendue en RDC dans les tout prochains jours. La RDC fait partie des pays sur lesquels Washington maintient un droit de regard dont il place au centre des préoccupations. En mettant cet Etat désormais au centre des préoccupations, Donald Trump entend, cette fois-ci, intervenir politiquement dans ce grand pays d'Afrique centrale après avoir observé une certaine distance du reste contreproductive.

L'arrivée, le 21 octobre de la diplomate américaine en RDC, interviendra à un moment crucial, à l'heure où le pays tend à amorcer un virage historique via l'organisation des élections censées déboucher sur une alternance démocratique. L'on croit savoir que Nikki Haley vient sceller l'avenir proche de la RDC en proie à des convulsions internes liées aux incertitudes relatives à la non-organisation des élections. Plus cet état de choses va perdurer, plus l'angoisse n'arrête d'étreindre les Congolais qui ne savent pas de quoi demain sera fait. La visite de Nikki Haley à Kinshasa pourrait peut-être aider à clarifier certaines choses, pense-t-on. Avec ses positions tranchées sur la RDC, l'ambassadrice américaine, plutôt connue pour son verbe haut, ne rassure guère certains esprits qui pensent que sa venue pourrait sceller le sort du chef de l'État, Joseph Kabila, qu'elle tient du reste pour l'élément essentiel du blocage actuel.

De quoi va parler la représentante de Trump si ce n'est exiger à son interlocuteur des garanties qu'il va passer le témoin à son successeur par le truchement des scrutins attendus dans les meilleurs délais, se convainc-t-on dans certains milieux politiques. À l'opposition, l'on croit savoir que la rencontre Nikki Haley-Joseph Kabila pourra booster le processus électoral et conduire à la tenue rapide des élections. L'émissaire américaine ne manquera pas, au passage, d'exiger la publication urgente du calendrier électoral, une des étapes-clés pour faire avancer le processus politique, ce dont le régime de Kinshasa ne s'y est jamais opposé. Le plus évident est que le Rassemblement Limete va tenter de capitaliser le passage à Kinshasa de cette ex-gouverneure de Caroline du Sud, d'origine indienne, pour lui faire adhérer ses prises de position en surfant notamment sur la thèse de l'illégitimité ou de l'illégalité du « pouvoir en place ».

Nombre d'opposants se souviennent encore de la visite de l'ambassadeur américain à l'ONU, Bill Richardson, à la fin du règne du Maréchal Mobutu. L'ambassadeur américain n'y était pas allé avec le dos de la cuillère pour montrer le chemin de l'exil à un Mobutu malade qui ne régnait déjà plus que sur une partie de l'ex-Zaïre. Mais le contexte est bien différent et les acteurs ne sont plus les mêmes. Cependant, pour maints analystes, l'administration Trump chercherait à aménager une voie de sortie pour Joseph Kabila dont l'indépendance d'esprit et le côté nationaliste sont tant redoutés. Une situation qui n'émeut, outre mesure, lorsqu'on connaît les relations tendues qu'ont toujours développées les administrations démocrates vis-à-vis du pouvoir de Kinshasa.

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