17 Octobre 2017

Sénégal: Pr Moussa Diaw - « Les partis souffrent de leur gestion unilatérale »

Suite à la cascade de sorties notée ces dernières années dans la formation politique Rewmi ; l'Enseignant-chercheur en Sciences politiques à l'Université Gaston Berger de Saint-Louis, professeur Moussa Diaw, est persuadé que le système d'organisation politique, souvent basé, sur la personne du leader, constitue l'un des principaux motifs. Il déplore également la non réglementation du financement des partis politiques, souvent source de désistement.

L'Enseignant-chercheur en Sciences politiques à l'Université Gaston Berger de Saint-Louis, professeur Moussa Diaw, est d'avis que les nombreuses sorties notées ces derniers temps au sein de la formation politique Rewmi traduit une crise profonde au sein de cette organisation. Il est persuadé que certains sont allés jusqu'à contester le leadership de l'actuel dirigeant du parti.

Certainement, à l'image de la plupart des partis du Sénégal, celui de Rewmi, souffre peut-être, de sa gestion unilatérale, relève-t-il. Selon lui, il faut y ajouter le fait que les instances ne se réunissent pas régulièrement. Cette gestion unilatérale est d'ordre à irriter quelques militants qui alimentent des ambitions et ne sont pas prêts à éternellement rester derrière un seul homme. Ils se disent souvent disposer de background et de bagages intellectuels, pour aller sinon aussi loin que leur leader du moins plus loin que lui. Ces ambitions poussent certains à sortir pour aller voir ailleurs, dès que l'occasion se présente à eux, relève-t-il.

D'une part, le politologue est d'avis que les partis ne recrutent plus. Ils ne créent plus suffisamment d'instances, d'échanges, de débats et de conquêtes. Cette donne fait que l'on note souvent des départs et rarement des arrivées remarquables, pour résorber ces gaps enregistrés. D'autre part, les débats sont pratiquement inexistants à l'intérieur des partis. Les militants sont, la plupart du temps, motivés par leurs ambitions, ne s'occupant guère du reste, regrette-t-il.

Le spécialiste déplore le fait qu'au sein des partis politiques, toutes les décisions tournent souvent autour d'une seule personne. C'est comme qui dirait le parti est une propriété singulière. Tout tourne autour du leader et cela pose forcement problème pour certains. Et pire, des instances d'échanges et de manifestations régulières des points de vue sont rarement créées. Certains militants ne se reconnaissant plus à travers leur leader sont parfois tentés de partir, relève-t-il. Le professeur pense que l'incarnation de ce dernier ne fait pas souvent l'unanimité. Il est persuadé de la nécessité de veiller au renouvellement de l'offre politique.

Il relève que le financement des partis constitue également une problématique. « La gestion d'un parti politique requiert forcement des moyens conséquents. Il faut aussi rappeler que depuis sa création, le Parti Rewmi a toujours évolué dans l'opposition. C'est à véritablement dire qu'il s'agit d'un parti d'opposition qui a certes un peu cheminé avec le pouvoir en place. Mais, cela n'a pas duré. Or, il n'est pas facile de s'opposer. Cette posture d'opposant rend parfois certains vulnérables et les poussent à sortir dès que l'occasion se présente », relève-t-il.

Seulement, l'analyste politique souligne qu'au rythme où vont les choses, il faut certainement s'attendre à d'autres sorties au sein du Parti Rewmi. Il est nécessaire de s'acquitter d'avec l'exigence de changer de discours et de modes de démarches. C'est le seul moyen efficace pour attirer de nouveaux militants, notamment, dans la couche des jeunes, campe-t-il.

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