17 Octobre 2017

Madagascar: Sécurité - Une cellule anti-kidnapping sur pied

Une convention relative à la mise en place d'une cellule anti-kidnapping a été signée hier. La promptitude dans la riposte aux rapts, par la coopération avec les opérateurs téléphoniques, est l'objectif.

Célérité. Le ministère de la Justice a annoncé sur sa page Facebook, hier, la signature d'une convention de partenariat », mettant en place une cellule en cas de kidnapping, de menace, ou de tentative. À la lecture de la publication, l'objectif est d'alléger les procédures pour permettre plus de rapidité dans les répliques à ce type d'acte de banditisme.

« La procédure pénale exige un ordre de réquisition émanant des autorités judiciaires par le biais duquel les officiers de police judiciaire, chargés des enquêtes, peuvent obtenir des informations auprès des opérateurs pour être recevables devant la justice. La lourdeur administrative qui accompagne le système actuel retarde la mise en œuvre de ces actions, et influe sur les éventuelles mesures qui auraient pu être prises », explique la publication du ministère de la Justice.

Le ministère de la Justice, celui de la Sécurité publique, ou encore le secrétariat d'État chargé de la gendarmerie nationale, l'Autorité de régulation des technologies de la communication (ARTEC), et les opérateurs téléphoniques étaient les entités présentes à la convention signée hier. Ceci, selon toujours la publication, afin de conjuguer les efforts et assurer une coordination des actions, pour obtenir des résultats dans les plus brefs délais.

Contacté, Jérémie Napou, directeur de la communication auprès du ministère de la Justice, indique que cette convention permettra de lutter contre les kidnappings en utilisant tous les moyens technologiques à notre disposition. Le constat serait que les ravisseurs utilisent toujours des téléphones cellulaires pour contacter les familles des victimes afin de demander des rançons.

Référent

« La plupart du temps, lorsque les enquêteurs demandent des informations sur les puces téléphoniques utilisées par les ravisseurs, aucun propriétaire n'est répertorié », a déclaré le général Andriamahavalisoa, secrétaire d'État à la gendarmerie nationale, hier lors d'un entretien téléphonique. L'officier général ajoute ainsi, que la convention signée, hier, renforce l'obligation des opérateurs en téléphonie à répertorier les propriétaires de toutes les puces téléphoniques qu'ils ont mis en vente.

Mais elle aurait surtout pour effet d'alléger la procédure de réquisition de ces entreprises afin qu'elles fournissent les informations nécessaires aux enquêteurs, pour retracer l'utilisation des réseaux téléphoniques ou internet par les ravisseurs, dans l'objectif de faciliter les recherches. L'officier général s'est, toutefois, gardé de donner des précisions quant au délai imparti. Seulement, à entendre ses explications durant l'entretien téléphonique d'hier, cela devrait prendre moins de 48 heures. D'après le secrétaire d'État à la gendarmerie nationale, auparavant, les résultats des demandes faites par les enquêteurs ne sont donnés par les opérateurs que 48 heures, voire une semaine après. La convention créant la cellule interministérielle, en collaboration avec le secteur privé, entre dans le cadre des démarches entreprises pour renforcer la lutte contre les actes de kidnapping. Dans le schéma figure également la désignation d'un magistrat référent.

Une information déjà révélée par Véronique Vouland-Aneini, ambassadeur de France, lors de son discours durant la célébration de la fête nationale française, le 14 juillet à Ivandry. Un point focal dans le traitement des dossiers de kidnapping souhaité, notamment par les pays dont les ressortissants sont, fréquemment victimes des rapts, dont la France. Si l'on s'en tient aux explications du secrétaire d'État à la gendarmerie nationale, toutefois, un flou existe sur le territoire de compétence de cette personnalité.

« Nous souhaiterions que le magistrat référent ait compétence sur tout le territoire malgache, afin que les dossiers ne se dispersent pas. Dans la plupart des cas en effet, les affaires de kidnapping qui s'enchevêtrent, ont des liens entre eux », indique le général Andriamahavalisoa.

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