18 Octobre 2017

Cote d'Ivoire: Elephants - Une sélection qui ne fait plus flipper

Le dernier classement FIFA publié le lundi 16 octobre 2017 est évocateur du malaise qui frappe la sélection nationale de Côte d'Ivoire. Finie la belle période de l'année 2013 où du 14 février (12ème au classement FIFA) au 4 juillet (13ème au classement FIFA), la Côte d'Ivoire a titillé le top 10 des meilleures nations.

Les Eléphants, avec leur capitaine emblématique Didier Drogba, leur maitre à jouer Yaya Touré, leur métronome de la défense Didier Zokora et toute cette belle kyrielle de joueurs de la génération dorée, dominaient le football continental.

Le dernier classement a placé la Côte d'Ivoire au 61ème rang mondial avec une régression de sept places. La sélection ivoirienne est même devancée par des équipes moins huppées en terme de talents à l'image de Monté- négro (54ème), Haïti (56ème), la République Populaire de Chine (57ème) ou encore la Jamaïque (59ème).

Au classement africain, il faut aller au 10ème rang pour voir les bandes verticales orange-blanc-vert du drapeau ivoirien.

Un positionnement des Eléphants qui interpelle plus d'un car il faut remonter au classement de mars 2004 pour voir la Côte d'Ivoire dans les profondeurs avec la 75ème place mondiale et une 15ème au classement africain.

Un rang que la Côte d'Ivoire va occuper jusqu'en mai 2004 avant d'entamer sa renaissance. Et depuis les passages des différents sélectionneurs (Henri Michel, Ulrich Stielike, Gérard Gili, Vahid Halilhodžić, Georges Kouadio, Sven-Göran Eriksson, Fran- çois Zahoui, Sabri Lamouchi, Hervé Renard, Michel Dussuyer) jusqu'en mars 2017, la Côte d'Ivoire a su se maintenir dans le top des meilleurs élèves de l'instance faitière mondiale.

Mais ça, c'était avant. En place depuis mars 2017, Marc Wilmots a réussi l'exploit d'envoyer les Elé- phants dans le ventre profond du classement.

En l'espace de cinq matchs avec le Belge sur le banc, la Côte d'Ivoire est passée successivement de la 47ème place au 1er juin 2017 au 61ème rang mondial au 16 octobre 2017.

Au niveau des résultats, Wilmots comptabilise cinq matchs pour une victoire (3-0 face au Gabon), un nul (0-0 face au Mali) et trois défaites (5-0 contre les PaysBas, 3-2 contre la Guinée et 2-1 contre le Gabon). Soit six buts inscrits contre dix encaissés. Un bilan désastreux pour les Champions d'Afrique 2015 qui n'émeut aucun adversaire.

Car depuis l'arrivée du Belge sur le banc, la Côte d'Ivoire n'impressionne aucun adversaire. Les équipes telles que la Guinée, le Gabon, le Mali ou encore le Maroc qui tremblaient de peur avant de croiser les Pachydermes se présentent maintenant avec beaucoup de confiance. Les défaites à domicile contre la Guinée et le Gabon sont des exemples concrets de ce qu'est devenue la Côte d'Ivoire. Incohérences coupables.

Une équipe quelconque à la responsabilité partagée. Contraint à la démission au sortir de l'élimination des Eléphants au premier tour de la CAN 2017, Michel Dussuyer a expliqué plus ou moins les raisons de la débâcle. «Nous avons eu un bon stage à Abu Dhabi. Mais quand nous sommes arrivés à Oyem, il y a eu une cassure...

Jusqu'à maintenant, je n'arrive pas à m'expliquer ce qui s'est passé», a déclaré le Français. La fédération et son nouvel entraîneur (Wilmots) devraient donc chercher et ressouder le boulot cassé dans l'équipe depuis Oyem au Gabon. Mais cela ne fut pas le cas. Les deux collaborateurs ont cru trouver la solution en se lançant dans une course effrénée aux binationaux.

A tour de bras, Fofana Seko (Udinese, Italie), Boga Jérémie (FC Grenade, Espagne), Maxwell Cornet (Lyon, France), Joris Gnagnon (Rennes, France), Jean-Philippe Gbamin (FSV Mayence 05, Allemagne) ou encore Boli Yoan (STVV, Belgique) sont recrutés.

A l'instar d'un club en plein mercato, ces recrues sont brandies fièrement. Mais sur le plan tactique, le travail attendu peine à prendre forme. Alors que certains joueurs cadres ont été mis de côté, la tournure catastrophique prise par les qualifications de la Coupe du Monde 2018 oblige la FIF et son entraîneur à revoir leur copie.

Les «anciens», comme on les appelle, sont responsabilisés lors du match de la 4ème journée des éliminatoires à Libreville. Salomon Kalou, Max Gradel, Seydou Doumbia, Gervinho et leurs camarades font chuter les Panthères.

Un sursaut d'orgueil qui a vite fait croire à la naissance d'une équipe. Que nenni ! Trois jours après cette belle prestation, les Elé- phants chutent à domicile. Une contre-performance mise sur le compte des tensions entre le patron du football et certains joueurs qui ne s'adresseraient même pas la parole.

Une assertion qui pourrait trouver sa justification dans l'absence de Sidy Diallo à l'hôtel des joueurs à Bouaké, avant et après le match. Malheureusement, ce vent glacial sur les rapports dirigeants fédéraux-athlètes va accompagner la sélection au Mali avec le résultat qu'on connaît, un nul heureux (0-0).

Enjeux financiers importants Le Maroc, autre prétendant du groupe C à la qualification de Russie 2018, profite de ce faux-pas pour s'asseoir dans le fauteuil de leader. Avec un point d'avance au compteur, les Lions relèguent les Eléphants au second plan et les condamnent à l'exploit lors du dernier match, le samedi 11 novembre prochain à Abidjan.

Un match à quitte ou double que la Côte d'Ivoire a du mal à préparer. La preuve, la fédération n'a pas été en mesure de se trouver un match amical lors de la dernière trêve FIFA.

Après le match du vendredi 6 octobre dernier à Bamako, les joueurs ont été mis au repos. Alors que cette période pourrait servir à réviser les gammes tactiques, les Ivoiriens se sont offert des jours de détente.

Ce qui a précipité le retour des joueurs en clubs. Pendant ce temps, Hervé Renard et ses hommes procédaient à des contrôles devant la Corée du Sud après leur succès face au Gabon (3- 0). Deux manières de préparer le dernier match du groupe qui montrent bien la volonté et l'envie marocaines.

Alors que la Côte d'Ivoire ou du moins la FIF sera dans une situation délicate en cas de non-qualification, le combat psychologique est à l'avantage des Marocains. Dans le royaume chérifien, la mobilisation est à son paroxysme. Il est fait état de 3000 plus 3000 autres supporters à Abidjan pour soutenir les Lions à Abidjan.

Du côté de la FIF, c'est le calme plat. Peut-être on ne croit plus à la chose. Ou bien comme cela est de coutume, on attend les dernières 72 heures pour un semblant de mobilisation.

Et dire qu'une participation à la phase finale de la Coupe du Monde, ce sont plus de 4,5 milliards F CFA qui retombent dans les comptes de la Fédération. Le manque à gagner serait donc énorme pour l'ensemble du football national.

Et pourrait réveiller les tensions déjà palpables au niveau de la gouvernance Sidy Diallo. On est encore loin de là.

Un match de football reste certes aléatoire mais a plus de chance de sortir victorieux celui qui manifestera plus d'envie, de volonté, d'engagement. Et pour le moment, la FIF n'en est pas moins loin.

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