17 Octobre 2017

Congo-Kinshasa: Droits de l'homme - L'Acaj exhorte à la libération de Jean-Claude Kyungu Kabila

L'ONG, qui s'appuie notamment sur le non-respect de la procédure judiciaire et l'état de santé dégradé de l'incarcéré, demande également aux autorités d'ouvrir une enquête afin d'établir les responsabilités et de punir les responsables de ces actes qui vont à l'encontre des prescrits de la Constitution et de plusieurs instruments juridiques internationaux ratifiés par la RDC.

Au cours d'une conférence de presse tenue, le 16 octobre, au siège de l'Association congolaise pour l'accès à la justice (Acaj), le président de cette ONG de défense des droits de l'homme, Me Georges Kapiamba, a appelé à la libération pure et simple du président national du parti politique Union du peuple congolais engagé (UPCE), Jean-Claude Kyungu Kabila, ainsi qu'à une enquête judiciaire pour établir les responsabilités dans cette affaire. « L'Acaj dénonce sa détention au privé dans les locaux de l'Agence nationale de renseignement( ANR) et exige sa libération sans condition afin de lui permettre notamment de suivre des soins appropriés par rapport à son état de santé », a dit Me Georges Kapiamba.

Georges Kapiamba regrette que toutes les actions de plaidoyer menées auprès des autorités congolaises restent sans suite. Le juriste relève, en effet, que l'Acaj a lancé des appels pour la libération de ce politique congolais, dont le parti est membre de la majorité présidentielle (MP), aux ministres chargés de la Justice et de la Défense, au procureur de la République, à l'auditeur général des Forces armées de la République Démocratique du Congo (Fardc), à l'administrateur de l'ANR, au président de l'Assemblée nationale et secrétaire général de la MP, au président du CNDH, à l'inspecteur général de la police, etc., qui sont restés sans suite. Pourtant, a-t-il relevé, les dernières informations font état de la dégradation considérable de la santé de Jean-Claude Kyungu dont la famille et les proches ont manifesté leur inquiétude.

Jean-Claude Kyungu arrêté et gardé en dehors du circuit de la justice

La description du dossier fait par l'Acaj auprès de toutes les autorités compétentes de la RDC et étalée devant la presse dénote d'une détention arbitraire. Selon cette ONG, le président national de l'UPCE a été arrêté depuis le 13 février 2017. Détenu pendant plusieurs jours dans les installations de la police situées au zoo de Kinshasa, il a été transféré à l'ANR où il y est depuis le 10 avril 2017 jusqu'à ce jour.

Dans la correspondance adressée le 7 mars 2017 à l'auditeur général des Fardc, l'Acaj note qu'il serait reproché à Jean-Claude Kyungu d'avoir mené dernièrement sa campagne politique personnelle dans la province du Haut-Katanga et qu'on chercherait à le faire abdiquer de ses responsabilités au sein de son parti politique. Et, pour y parvenir, on lui aurait collé des faits « imaginaires » dont les actes d'escroquerie à Nairobi, au Kenya, et de viol à Kinshasa. « L'OPJ verbalisant lui aurait demandé de passer aux aveux afin de recouvrer sa liberté, mais c'est devant sa résistance qu'il l'aurait détenu ainsi sur ordre de sa hiérarchie administrative.

C'est la raison pour laquelle il se trouverait, jusqu'à ce jour, en détention arbitraire », a expliqué l'Acaj. L'ONG a condamné le silence du secrétaire général de la MP dont le parti de Jean-Claude Kyungu fait partie. Elle a vivement recommandé de requérir la communication de Jean-Claude Kyungu ainsi que son dossier et d'ordonner sa libération, sans oublier de faire engager des poursuites contre les auteurs de son arrestation et sa détention illégales. Et, dans une autre lettre du 30 mars, de faire poursuivre l'actuel commandant de la police/ville de Kinshasa, alors commandant de l'unité de la police située au zoo de Kinshasa, pour séquestration de Jean-Claude Kyungu Kabila.

Notons que cette situation violait les articles 17 et 18 de la Constitution, qui prescrivent notamment les conditions légales d'arrestation et de détention ainsi que de la garde a vue. L'Acaj avait sollicité de l'inspecteur général de la Police nationale congolaise, dans une correspondance du 30 mars 2017, de bien vouloir agir avec urgence et faire libérer la victime. Car, avait noté l'ONG en son temps, les officiers de police judiciaire n'avaient aucune prérogative légale de détenir des suspects au-delà du délai de 48 heures.

Congo-Kinshasa

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