18 Octobre 2017

Sénégal: Décès de sa fille à l'hôpital de Pikine - La mère d'Aissatou Diallo revient sur le film du drame

Photo: dakarflash
Hôpital de Pikine

Vingt-quatre heures après le drame, les langues se délient pour accuser l'hôpital de Pikine. Lequel dit s'être conformé à la réglementation.

Ça râle à la Cité Comico de Yeumbeul-Nord chez la famille Kaba. Les membres de cette famille accusent les responsables de cette structure hospitalière d'avoir fait preuve de négligence jusqu'à causer la mort de leur benjamine du nom d'Aïssata Diallo plus connue sous le nom de Aïcha qui vivait jusque-là au domicile de ses parents à Niague.

A la maison mortuaire où nous nous sommes rendus, une ambiance de deuil règne dans le coin. Fatou Kaba, veuve de son état, et mère de la défunte narre la triste aventure. «Je tiens à préciser que ma fille n'est pas décédée pour un problème de frais d'hospitalisation de 200 mille francs que j'aurais refusé de payer. Vous avez vu de vos propres yeux que notre famille est à l'abri du besoin. C'est par négligence hospitalière que Aïcha est décédée», dénonce Fatou Kaba.

Revenant sur le film du drame, Madame Kaba explique. «J'étais partie au travail lorsque ma sœur m'a appelée en cours de route pour me dire que ma fille a fait une chute accidentelle. Avant que je n'arrive, ma voisine et ma sœur l'ont amenée pour les premiers soins au poste de santé de Niague. Un morceau de bois aurait pénétré son anus alors qu'elle jouait sur la terrasse de notre maison. Mais, le responsable du poste de santé m'a orientée à l'hôpital de Pikine. Lorsqu'on est arrivé, malgré la gravité de la blessure, le personnel sanitaire m'a fait tourner en rond.

Je leur ai fait comprendre que ma fille a fait une chute accidentelle et s'est blessée grièvement au ventre et ne peut pas attendre. Le personnel sanitaire en service m'a dit qu'il faut attendre. Au bout de quelques minutes, des membres du personnel soignant sont revenus pour me dire d'amener ma fille pour une prise de tension artérielle. Après cela, ils ont disparu pendant 3 heures de temps avant de revenir. Entre-temps, j'ai fait 04 allers-retours pour leur dire de venir secourir l'enfant qui se tordait de douleur. Par la suite, lorsqu'ils ont interné ma fille dans une chambre, le changement de perfusion a posé problème.

Vous appelez trois à quatre fois, mais ils répondent par le mépris. A plusieurs reprises, ma fille a crié pour me dire : 'Maman, le sang est en train de sortir de la bouteille'. Et le personnel traînait les pieds».

Pis encore, «lorsque je faisais l'échographie de ma fille, le médecin m'a dit que son cas était urgent. Il m'a demandé si ma fille venait d'arriver ? Je lui ai répondu que non et que ma fille est là depuis la veille à midi. Le médecin étonné m'a dit que ce n'est pas vrai puisque ma fille souffre d'une hémorragie interne. Il m'a alors délivré séance tenante un papier pour que ma fille soit admise aux urgences. On a amené ma fille. Par la suite, le personnel médical est venu me dire d'attendre un gynécologue puisque l'anus de ma fille est sectionné. Lasse d'attendre encore un gynécologue jusqu'à 19 heures, je suis repartie voire le médecin pour lui demander où est le gynécologue. Le médecin m'a fait comprendre que le gynécologue est rentré. Et lorsque je lui ai posé la question sur les raisons de son oubli d'informer le gynécologue, le médecin m'a répondu que ce n'est pas grave et qu'il y aura un remplaçant d'ici quelques minutes. Voici le calvaire que j'ai subi à l'hôpital de Pikine».

... la Direction de l'Hôpital de Pikine nie en bloc

Surprise de la tournure des événements, la Direction de l'hôpital de Pikine a tenu à faire une déclaration de presse. A travers un communiqué, elle dément la famille de la défunte qui fait état d'une négligence hospitalière. «La Direction s'érige en faux contre la version donnée selon laquelle il y aurait une négligence hospitalière et qu'on aurait refusé de prendre en charge une patiente pour 200 mille francs», a précisé d'emblée Docteur Ababacar Diop, chirurgien par ailleurs chef du service des urgences à l'Hôpital de Pikine. «La Direction tient à préciser qu'elle a reçu la patiente. L'enfant a été prise en charge dès son arrivée comme l'atteste son dossier qui revient chronologiquement sur le parcours. Le 13 octobre 2017, Aïssatou Diallo, 12 ans, a été reçue aux urgences et mise en observation avant d'être acheminée au bloc opératoire.

Ensuite le 14 octobre vu la complexité de son état et après avis gynécologique, elle a subi une intervention chirurgicale et admise en hospitalisation à la chirurgie. Puis, elle a été transférée en réanimation parce que son état de santé commençait à se dégrader au fil du temps. Pour rappel en cas d'urgence, le système d'organisation est configuré de telle sorte qu'un patient qui arrive en urgence est pris en charge médicalement avant toute formalité d'ordre administratif ou financier conformément à la réglementation en vigueur. Les figures compilées ne dépassent pas 200 mille francs, comme évoqué.

Le tout, relevé depuis lors au niveau des services compétents, s'élève à 114 mille francs. Cette somme de 114 mille francs n'a été payée par la famille que le lundi 16 octobre 2017, après le décès de la petite. A relever que plusieurs actes ont été exonérés dont l'Echographie, l'urgence. Donc la Direction regrette le décès de la fille Aïssatou Diallo mais tient à dire qu'on a bel et bien pris en charge la patiente».

La Direction a tenu d'ailleurs à montrer un lot de 1 000 personnes qui ont laissé leurs cartes d'identité au sein de la structure hospitalière pour factures impayées de soins sanitaires.

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