18 Octobre 2017

Afrique: Akinwumi Adesina - «L'Afrique pourrait nourrir les neuf milliards de personnes de cette planète, d'ici a 2050»

«L'Afrique possède 65% des terres arables non exploitées de la planète. C'est donc l'agriculture africaine qui déterminera l'avenir de l'alimentation dans le monde. Notre continent possède un potentiel énorme en matière d'agriculture mais, comme le disait M. Borlaug, le potentiel ne se mange pas ! Libérer ce potentiel doit commencer par les savanes africaines, qui s'étendent sur «600 millions d'hectares - un chiffre ahurissant ! -, dont 400 millions sont cultivables».

L'annonce est du président de la Banque africaine de développement (BAD) et lauréat 2017 du Prix mondial de l'alimentation, Akinwumi Adesina qui s'exprimait, lundi 16 octobre 2017, devant un auditoire international averti à l'université de l'État de l'Iowa (Etats Unis), à des Moines lors de la conférence Norman Borlaug, à l'occasion de la Journée mondiale de l'alimentation.

Lors de cette session intitulée «Parier sur l'Afrique pour nourrir la planète», le président de la BAD soutient que le continent africain a besoin d'une main forte pour propulser son agriculture. «Les agriculteurs africains ont besoin de bien plus qu'une main secourable. Pour eux, l'urgence majeure est d'obtenir un renouvellement des politiques», sollicite-t-il. Pour Akinwumi Adesina, «si M. Borlaug a pu nourrir à lui seul un milliard de personnes, nous pouvons sans aucun doute en nourrir 800 millions au niveau mondial et nous pouvons certainement nourrir 300 millions d'Africains».

Pour y arriver, M. Adesina suggère «la mise en place d'un impôt foncier sur les terres agricoles non exploitées ou sous-exploitées afin d'inciter à une commercialisation plus rapide des produits agricoles et de libérer tout le potentiel agricole en Afrique». Et Akinwumi Adesina d'ajouter que «relever l'immense défi de nourrir la planète, dont la population atteindra 9 milliards de personnes d'ici à 2050, passera inéluctablement par une augmentation rapide de la production agricole mondiale, de la production d'aliments et de bio-nutriments.»

Par ailleurs, Akinwumi Adesina estime que, malgré les progrès obtenus au niveau mondial en matière de production alimentaire (notamment en Afrique, en Amérique latine et en Asie), 700 millions de personnes vivent toujours, sur la planète, dans une extrême pauvreté. «800 millions de personnes, insiste-t-il, souffrent de famine chronique, 2 milliards de carence en micronutriments et 150 millions d'enfants de moins de cinq ans sont atteints de retard de croissance».

À l'en croire, en Afrique «la population confrontée à l'insécurité alimentaire a progressé où près de 300 millions de personnes sont sous-alimentées». Par conséquent, selon le président de la BAD, l'Afrique dépense chaque année 35 milliards de dollars EU dans l'importation de produits alimentaires, soit près de 110 milliards de dollars EU d'ici 2030, ce qui est, pour lui, inacceptable.

D'ailleurs, plus de 1200 participants venant de près de 65 pays discuteront de problématiques majeures liées à la sécurité alimentaire et à la nutrition mondiales au Symposium international du dialogue de Borlaug, du 18 au 20 octobre. Norman Borlaug, fondateur du Prix mondial de l'alimentation, avait reçu en 1970 le prix Nobel de la paix pour les efforts qu'il avait menés, durant toute sa vie, pour nourrir la planète.

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