18 Octobre 2017

Congo-Kinshasa: J.C Katende dénonce les intentions du Gouvernement de faire disparaitre l'Asadho et l'ACAJ

Me Jean-Claude Katende insinue dans la déclaration du Ministre du Développement rural, Justin Bitakwira, la volonté manifeste du Gouvernement de dissoudre les deux principales Ongs de défense des droits de l'homme en République démocratique du Congo (RDC).

A cet effet, il met sur le compte de Bitakwira, tout ce qui pourrait arriver à lui et à son confrère, Me Georges Kapiamba de l'ACAJ.

Dans l'une de ses pages d'opinions libres, publiée mercredi 18 octobre 2017, Maître Jean-Claude Katende, président de l'Asadho (Association africaine de défense des droits de l'homme)considèreque la déclaration faite mardi par le ministre Bitakwira, appelant à la dissolution de toutes les organisations de la société civile ayant participé à la campagne contre l'élection de la RD Congo au Conseil des Droits de l'Homme des Nations Unies, prouve « les vraies intentions du Gouvernement de faire disparaitre toute voix dissidente ». « Il a cité principalement l'ASADHO et l'ACAJ (Association congolaise pour l'accès à la Justice) », a soutenu J.C. Katende.

« Nous pensons que cette déclaration est une menace destinée, non seulement, aux organisations qu'il a mises en cause, mais aussi leurs animateurs. Ainsi, si quelque chose arrive à Me Jean Claude Katende et Me Georges Kapiamba, monsieur Bitakwira en sera tenu comptable », a indiqué le président de l'Asadho.

« Disparais dans la nature »

Pour rappel, Justin Bitakwira, ministre du Développement rural assurant l'intérim de sa collègue des Droits humains, a préconisé mardi 17 octobre, la « dissolution » des associations de défense des droits humains qui se sont opposées à l'élection de la RDC au CDH de l'ONU. «Je crois que leur sort, c'est de les dissoudre. Il y avait une sorte de malheur [à New York]: c'était la République démocratique du Congo contre les associations des droits de l'homme», a-t-il déclaré, citant nommément ACAJ et ASADHO.

Le ministre Bitakwira accuse ces associations d'être alimentées par les puissances étrangères. « Quelqu'un se lève ici à Kinshasa. Il y a des gens qui lui paient de l'argent pour aller à New York ou Genève et commencer à manifester [contre la candidature de la RDC] », a-t-il relaté. Avant de menacer : « Et maintenant qu'on nous a élus, tu deviens quoi ? Disparais dans la nature ! ».

Dans sa précédente page d'opinions libres publiée mardi, le président de l'Asadho avait estimé que l'élection au Conseil des Droits de l'Homme de la R. D. Congo « est une mauvaise nouvelle pour tous les défenseurs congolais ».

« Notre campagne contre la candidature de la RDC audit Conseil est un acte patriotique. Nous ne pouvons pas accepter qu'un pays qui est connu comme un des Etats les plus répressifs des droits humains du monde puisse siéger dans un organe dont la mission principale est de promouvoir et de protéger les droits de l'Homme à travers le monde », a expliqué Me J.C. Katende. En outre, il pense que le fait d'avoir participé à cette campagne « ne peut pas donner raisons aux autorités congolaises de nous traiter comme des personnes qui sont au service des occidentaux ».

Claude Katende note aussi que, l'appel de Justin Bitakwira à « l'instauration d'une dictature » en RDC pour mettre en mal les organisations des Droits de l'Homme, est « une preuve de l'intolérance des autorités politiques à l'approche du terme de la légitimité des institutions fixé par l'accord du 31 décembre 2017 ». Il lui rappelle que, la RDC est une République. Et que « dans une république, les lois sont au-dessus de tout le monde voire des ministres. Ainsi, seuls les juges saisis régulièrement ont le pouvoir de dissoudre une organisation de la société civile, pas un ministre ».

« Le malheur du Congo... »

Pour l'Asadho, « ces menaces de dissolution de nos organisations ne vont jamais nous décourager dans notre quête d'un Congo où les droits de l'Homme et la démocratie seront une règle de conduite pour les dirigeants et pour le peuple ». « Le malheur du Congo est d'avoir à la tête du pays des hommes et des femmes qui acceptent difficilement les voix dissidentes », selon Jean Claude Katende.

Pour preuve, il évoque une autre déclaration de Joseph Kokonyangi, secrétaire général adjoint de la Majorité présidentielle (MP), faite le même jour. Celui-ci demandait à ce que Felix Tshisekedi, président du Rassemblement des forces sociales et politiques acquises au changement soit arrêté pour avoir demandé au peuple de faire usage de l'article 64 de la Constitution. Pour le président de l'Asadho, cette autre déclaration rentre dans les stratégies du pouvoir d' « éliminer toute voix dissidente ».

« Ce qui est vrai est que, nous n'épouserons jamais les options politiques de la Majorité présidentielle qui sont contraires à la Constitution et aux valeurs démocratique. Je suis vraiment un homme libre au vrai sens du mot », a conclu Me Jean Claude Katende.

Pour preuve, il évoque une autre déclaration de Joseph Kokonyangi, secrétaire général adjoint de la Majorité présidentielle (MP), faite le même jour. Celui-ci demandait à ce que Felix Tshisekedi, président du Rassemblement des forces sociales et politiques acquises au changement soit arrêté pour avoir demandé au peuple de faire usage de l'article 64 de la Constitution. Pour le président de l'Asadho, cette autre déclaration rentre dans les stratégies du pouvoir d' « éliminer toute voix dissidente ».

« Ce qui est vrai est que, nous n'épouserons jamais les options politiques de la Majorité présidentielle qui sont contraires à la Constitution et aux valeurs démocratique. Je suis vraiment un homme libre au vrai sens du mot », a conclu Me Jean Claude Katende.

Congo-Kinshasa

Manifestations du 28 novembre - Affrontement programmé entre la MP et le Rassemblement

Trois marches auront lieu le mardi 28 novembre dans la capitale : une signée Front pour le… Plus »

Copyright © 2017 Le Potentiel. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour toute modification, demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica publie environ 900 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.