19 Octobre 2017

Sénégal: En Afrique de l'Ouest, le fonds public britannique CDC compte investir 2,4 milliards d'euros d'ici 2021

Le Commonwealth development group (CDC-Group), le fonds de financement du développement du Royaume-Uni monte en puissance en Afrique de l'Ouest, une région dans laquelle il était jusque-là peu présent.

Et pour montrer la couleur, le CDC entend faire les choses en grand à travers l'annonce d'un investissement massif en Afrique francophone, particulièrement en Afrique de l'Ouest dans les prochaines années.

C'est l'engagement pris par l'institution lors de la présentation de sa nouvelle stratégie, mardi dernier à Dakar. «Le gouvernement britannique nous a alloué de nouveaux capitaux qui s'élèvent à 2 600 milliards de Fcfa et nous souhaitons investir 60% de ces fonds en Afrique de l'Ouest dans des projets structurants», a annoncé Mark Pay, membre du directoire du CDC, lors d'une conférence presse tenue ce mardi 17 octobre à Dakar.

Bien que présent sur le Continent depuis des décennies, le fonds de financement du développement britannique était peu engagé en Afrique francophone, particulièrement dans sa partie occidentale, a reconnu Mark Pay. En 2016, CDC Group a investi plus de 1,6 milliard de dollars (1,36 milliard d'euros) qui ont induit la création de près d'un million d'emplois sur le Continent, selon le document établissant la stratégie de CDC Group de 2017 à 2021 . Avec le nouveau fonds mis à sa disposition, ce sont donc quelque 1 560 milliards de Fcfa, soit l'équivalent de 2,4 milliards d'euros. que le britannique compte investir en Afrique de l'Ouest sur les cinq prochaines années.

Nous n'avons pas assez investi en Afrique de l'Ouest, il faut le reconnaître. C'est pourquoi nous allons désormais nous y focaliser à travers le secteur privé et le financement des plans de développement élaborés par les pays de la région et dans lesquels l'existence d'un secteur privé solide est essentielle pour le développement d'une économie robuste et prospère, qui peut construire des infrastructures, offrir des produits et services et créer des emplois», a déclaré Mark Pay, CDC Group.

L'Afrique francophone, particulièrement celle de l'Ouest, serait donc la nouvelle priorité du groupe britannique qui justifie déjà des investissements estimés actuellement à quelque 300 millions de dollars. Dans le cadre de la nouvelle stratégie du groupe, environ un tiers des pays prioritaires identifiés par le britannique se trouvent en Afrique de l'Ouest francophone, avec des engagements d'investir davantage de capitaux sur le long terme.

Sénégal et Côte d'Ivoire, pays cibles prioritaires

En Afrique de l'Ouest, CDC Group entend investir dans des secteurs stratégiques comme le BTP et les infrastructures, l'agriculture et l'énergie.

Deux pays constituent à cet effet les cibles prioritaires pour le fonds. Il s'agit du Sénégal et de la Côte d'Ivoire, «les deux pays qui constituent la locomotive de cette région», selon Mark Pay. Après le Sénégal, la délégation du groupe britannique se rendra d'ailleurs en Côte d'Ivoire à la recherche d'opportunités d'investissement. «Aujourd'hui, nous sommes au Sénégal, et demain nous irons en Côte d'Ivoire pour y tenir la même rencontre. Nous venons d'abord chercher des projets et trouver des entreprises partenaires pour les convaincre d'investir dans des secteurs où il y a des défis», a expliqué le membre du directoire du groupe britannique.

Au Sénégal, le groupe CDC ambitionne de contribuer à la transformation des ressources naturelles, notamment le gaz que le pays va bientôt produire, ainsi que dans l'agriculture, «un secteur important, même s'il est difficile pour les investisseurs». Le groupe s'est dit engagé à investir dans plusieurs projets identifiés dans le cadre du Plan Sénégal Emergent (PSE) du président Macky Sall, tout comme le Programme national de développement (PND) du président Alassane Ouattara en Côte d'Ivoire où le groupe est déjà présent dans l'énergie à travers la centrale électrique d'Azito qui fournit un tiers de l'électricité du pays.

Créé en 1948, le CDC investit de plusieurs manières dans des entreprises présentes en Afrique, avec comme principal objectif, le développement et la création d'emplois dans des secteurs à forte valeur ajoutée, comme le BTP et l'agriculture. Directement, le groupe prend des participations dans les entreprises, en capitaux propres ou en dettes, et indirectement à travers des fonds d'investissement. A ce jour, CDC groupe soutient près de 69 fonds dans une trentaine de pays et possède des participations dans quelque 650 entreprises.

La montée en puissance du fonds d'investissement britannique est une bonne nouvelle pour les pays africains surtout en cette période où la nécessité de nouveaux flux financiers étrangers s'avère décisive au vu de la raréfaction des ressources tirées des matières premières. Toutefois, le groupe devra faire face à la forte concurrence de ses pairs français (AFD, Proparco, CDC) et des autres fonds de développement européens (KFW, GTZ, SNV...) très actifs dans la sous-région, même si au regard du besoin et des potentiels, il y a encore de la place pour tout le monde.

Sénégal

Descente implacable aux enfers de Michael Reza Pacha, les masques tombent

Confidentiel Afrique qui suit en exclusivité de très près voilà plusieurs mois l'affaire… Plus »

Copyright © 2017 Ecofinance.sn. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour toute modification, demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica publie environ 900 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.