18 Octobre 2017

Kenya: Reprise de la présidentielle - Le rendez-vous de toutes les incertitudes !

S'achemine-t-on vers un nouveau report de la présidentielle au Kenya ? C'est la question que plus d'un observateur se pose. Car, en plus du retrait, la semaine dernière, de la candidature de Raïla Odinga qui dénonce une mascarade électorale, une responsable de la Commission électorale en la personne de Roselyn Akombé, a rendu le tablier, hier, 18 octobre dernier.

Selon elle, en l'état actuel des choses, l'IEBC « ne peut certainement pas garantir une élection libre ». Et le président de la Commission électorale, Wabula Chebukati, ne dit pas autre chose lorsqu'il émet, dans la foulée, au cours d'une conférence de presse, de sérieux doutes sur la tenue du scrutin du 26 octobre prochain.

Morceaux choisis : « Dans les conditions actuelles, il est difficile pour moi de garantir une élection libre, juste et transparente. Sans changement important, la crédibilité du scrutin sera compromise », a-t-il laissé entendre avant de s'en prendre violemment à la classe politique en ces termes : « J'adresse un carton jaune à tous les leaders politiques.

Je ne tolèrerai plus les menaces contre moi et mon équipe, ni les interférences dans notre travail ». Mais, quant à ceux qui attendaient la démission du président de l'IEBC, il leur a répondu avec un brin d'ironie. « Beaucoup aimeraient que je me retire.

Ce serait le choix le plus facile. Mais le pays doit passer en premier. Je ne serai pas celui qui plongera le Kenya dans une crise encore plus profonde », a-t-il précisé. Dont acte !

On risque d'assister à un drame humain d'une grande ampleur

Le président de la Commission électorale n'a donc fait qu'apporter de l'eau au moulin de la commissaire démissionnaire qui, il faut le dire, a eu le nez creux. Car, toutes proportions gardées, la date du 26 octobre apparaît de plus en plus comme le rendez-vous de toutes les incertitudes.

Le pire est à craindre au pays de Jomo Kenyatta, surtout que l'opposition menée par Raïla Odinga appelle ses ouailles à descendre dans la rue pour empêcher par tous les moyens le déroulement du scrutin.

Si fait qu'à l'analyse, l'on a envie de dire que s'il est vrai que les juges de la Cour suprême ont fait leur travail en invalidant la présidentielle du 7 août dernier, ils n'ont cependant pas rendu service au Kenya qui risque de basculer dans la violence ; tant le conflit politique est en train de s'exacerber sur fond de clivages ethniques.

Alors que faire ? C'est la question que tout le monde se pose. Car, ce qui se passe au Kenya rappelle mutatis mutandi, ce qui s'est passé au Soudan du Sud où deux figures tutélaires (Salva Kiir et Rieck Machar) incarnant chacune une communauté, ont passé le temps à se disputer le leadership, prenant ainsi en otage la vie de tout un peuple pendant des années.

Et c'est peu dire ! C'est pourquoi la communauté internationale gagnerait à agir vite. Car, à l'allure où vont les choses, on risque d'assister à un drame humain d'une grande ampleur.

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