20 Octobre 2017

Cameroun: La marche du Sdf interdite

L'administration reproche au président régional du Social Democratic Front d'avoir modifié l'objet de sa manifestation prévue demain.

La décision a été rendue publique hier, 19 octobre 2017. « Sont et demeurent strictement interdits, le meeting et la marche projetés pour le 21 octobre 2017 par Monsieur Jean-Michel Nint- cheu, président régional du Sdf, pour changement radical de l'objet de la déclaration ».

Tels sont les termes et le motif de de la décision du sous-préfet de Douala 1 er , Jean-Marie Tchakui. Conséquence, les dispositions du récépissé de déclaration de manifestation publique avec occupation temporaire de la voie publique, délivré pour la marche susmentionnée, sont d'office rapportées.

Ledit objet figure dans le récépissé délivré le 12 octobre 2017 par l'autorité administrative. Il était alors question « d'exprimer la solidarité » du Sdf « aux populations des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest Cameroun ».

Et conformément à la loi, l'intéressé s'est engagé en outre « à ne modifier ni l'objet, ni l'heure et lieu du meeting, ni l'itinéraire de la marche sans autorisation préalable de l'autorité administrative ».

Pourtant, depuis quelques jours, le président régional du SDF s'est illustré par des sorties médiatiques annonçant notamment une manifestation de soutien au fédéralisme.

Bien plus, dans un communiqué de presse rendu public hier, le sous-préfet de Douala 1er évoque la diffusion de « messages tendancieux dans les réseaux sociaux ainsi que divers tracts séditieux en circulation ».

Ainsi, après le revirement de Jean-Michel Nintcheu, des sympathisants parmi notamment des partis politiques, sont sortis du bois, sur fond de récupération de la nouvelle orientation.

Ces derniers jours, les réseaux sociaux ont été inondés d'appels à manifester, avec des messages aussi explicites que : « Venez avec votre drapeau bleu et blanc » ; « Ce samedi, je serai en noir » ; « C'est une opportunité de venir dénoncer les violations des droits humains », ou encore: « Il est l'heure d'agir»...

Il apparaît donc, au vu de l'évolution du discours, repris sur les réseaux sociaux par des opportunistes aux intentions à peine voilées, que les organisateurs de la manifestation projetaient de s'écarter de son objet déclaré, et d'en faire un cadre de revendications intempestives.

Ceci, « sous prétexte de dénoncer des prétendus massacres à grande échelle des populations civiles le 22 septembre et le 1 er octobre 2017 dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest », selon l'autorité administrative.

Le sous-préfet s'appuie sur les propos tenus par le président régional du SDF en début de semaine dans un quotidien de la place. Propos dont le contenu et la tonalité n'ont rien à voir avec l'objet de la déclara- tion de manifestation.

M Nintcheu y parle précisément de « ... dire non aux massacres perpétrés à grande échelle, ... dire non aux déportations massives et dire oui au retour au fédéralisme ». La décision du sous-préfet est donc justifiée au regard de la loi .

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