20 Octobre 2017

Cameroun: Catastrophe ferroviaire - Eséka, un an après l'hécatombe

Point sur les poursuites judiciaires engagées contre certains ex-responsables de Camrail. Ce dossier revient aussi sur le processus d'indemnisation des victimes et donne la parole aux rescapés.

Le 21 octobre 2016 vers 11h, une rumeur d'un déraillement de train de Camrail fait le tour des réseaux sociaux. Les responsables de Camrail perturbés par les appels téléphoniques des journalistes sont obligés d'apporter un démenti catégorique à cet instant.

« Il n y a eu aucun déraillement, le train en question est encore à la gare », expliquait un responsable du service de la Communication de Camrail.

Au journal de 13h, Edgar Alain Mebe, le ministre des Transports intervient au poste national de la crtv pour démentir la rumeur qui avait commencé à créer la psychose en matinée.

Au moment où la réaction du ministre est en train d'être diffusée, le train est en train de dérailler. Le train 152 en partance de Yaoundé pour Douala vient « tomber » à Eséka dans le département du Nyong et Kéllé.

C'est la première catastrophe ferroviaire qui vient de se dérouler, avec comme bilan officiel 80 morts et plus 600 blessés. Avant le déraillement survenu vers 13h, la circulation sur la route Douala Yaoundé était déjà coupée depuis 4h du matin au niveau de Manyai, à 66 km de Yaoundé.

Une buse sur la rivière s'est effondrée. Raison pour laquelle les responsables de Camrail avait doublé les wagons ce jour pour faire voyager le maximum des passagers. Quatre membres du gouvernement se rendent le même jour sur les lieux.

Vers 21h, le bilan provisoire fait état d'une cinquantaine de morts et des centaines de blessés. Sur les lieux du drame, au moins trois wagons de Camrail complètement broyés témoignent de la violence du choc. En observant ces wagons, tout laissait croire que certains corps étaient coincés dans les décombres.

A l'hôpital de district d'Eséka, tous les services sont débordés par le nombre de blessés. Plus de 30 cadavres ont été déposés dans une salle non loin de la morgue.

Avant le retour des quatre membres du gouvernement pour Yaoundé, plusieurs blessés seront évacués à l'hôpital central de Yaoundé, au Chu, et au Centre des urgences de Yaoundé. Le président de la République absent au pays pendant le drame, retournera deux jours après.

Une Commission d'enquête

Dès son arrivée à l'aéroport international de Yaoundé, le président de la République annonce la mise en place d'une Commission d'enquête.

Ladite Commission d'enquête dirigée par Philemon Yang aura pour rôle, d'établir les responsabilités sur ce drame, de proposer les solutions pour éviter la survenance d'une telle catastrophe à l'avenir.

En même temps, une enquête est ouverte à la police judicaire de Yaoundé. Le conducteur du train, les responsables de Camrail et plusieurs autres spécialistes dans le secteur ferroviaire sont auditionnés devant le Premier ministre.

Cinq mois après, les résultats de l'enquête prescrite par le Président de la République sont connus. La responsabilité du transport Camrail est établie sur cette catastrophe. D'après ces résultats, le train de Camrail était en excès de vitesse au moment du drame.

1 milliard pour les victimes

En publiant les résultats de l'enquête, le communiqué du secrétaire général de la présidence de la République annonce une dotation d'un milliard F, don du chef de l'Etat au profit des victimes de la catastrophe ferroviaire.

Le 17 juillet dernier, le Premier ministre Philemon Yang signe un arrêté portant création, organisation et fonctionnement du Comité interministériel chargé d'encadrer la réparation de la dotation spéciale en faveur des victimes.

Cette commission composée de huit membres du gouvernement et placée sous la présidence du secrétaire général des Services du premier ministre, avait un délai de trois mois pour soumettre son rapport au Premier ministre Chef du gouvernement. Les conclusions de ce rapport sont toujours attendues.

Les poursuites judiciaires ouvertes

Depuis le 28 septembre dernier, le tribunal de première instance d'Eséka a ouvert le procès des victimes de l'accident contre Camrail. Selon Me Michel Voukeng, avocat d'un collectif des victimes, cette affaire reprend le 9 novembre prochain.

A cette date, les prévenus sont attendus devant la barre pour comparution. Selon l'avocat, les prévenus dans cette affaire sont : l'ancien directeur général de Camrail qui a démissionné quelques mois après le drame et l'actuel directeur général. L'avocat regrette que dans cette procédure judicaire l'Etat qui a perdu un grand patrimoine n'a pas été constitué comme partie civile.

Plus de 1200 dossiers d'indemnisation reçus

Camrail a enregistré plus de 1200 dossiers de passagers du train 152. 72 dossiers ont déjà été ouverts et instruits sur les 80 victimes décédées.

La situation à ce jour d'après Camrail, montre que des accords sur proposition d'indemnisation ont été mis en œuvre, tandis que quelques dossiers sont en cours de discussions ou en cours de constitution documentaire par les familles.

581 dossiers des blessés ont donné lieu à des avances de fonds pour des préjudices sociaux (assistance pour frais de scolarité, assistance alimentaire) et des remboursements de frais médicaux exposés par elles en dehors du cadre des hôpitaux publics.

Camrail ajoute que 332 blessés ont fait l'objet d'une évaluation : 253 rapports d'évaluation définitifs ont été rendus par les médecins, 79 autres cas restent en examen en attendant une consolidation totale.

Six autres blessés sont actuellement suivis à l'étranger après leur évacuation sanitaire. Au titre des avances sur indemnisation pour préjudice physique, 36 dossiers des blessés ont donné lieu à des avances sur indemnisation afin de soutenir les familles en attendant que le patient soit déclaré « consolidé » par les médecins, étape permettant la finalisation de l'indemnisation.

Sur cet accident ferroviaire les zones d'ombre persistent sur le cas des disparus. Madame Dissake, une notaire qui se trouvait dans ce train est introuvable jusqu'à ce jour. L'époux de la victime ne sait pas toujours si cette dernière est en vie ou si elle est décédée.

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