20 Octobre 2017

Cameroun: « Nous essayons de nous adapter à la situation »

interview

Jean René Libog Lilim Bayiha, maire d'Eséka.

Comment la ville se prépare-t-elle à commémorer le premier anniversaire de la catastrophe ferroviaire du 21 octobre 2016 ?

La commune d'Eseka se prépare tant bien que mal à commémorer cet évènement douloureux qui aura marqué l'ensemble des Camerounais dans leur dignité. Nous avons commencé par les actions d'hygiène et de salubrité afin d'accueillir nos invités dans la propreté. Nous avons commencé à défricher et à aménager le site devant abriter ladite cérémonie. Nous nous apprêtons à accueillir les convives dès vendredi (aujourd'hui : Ndlr) parce qu'il est prévu à cet effet, un concert géant de chants religieux avec plusieurs chorales. Et puis, le jour-J, c'est-à-dire samedi, une messe oecuménique sera célébrée. Vous savez, c'est comme l'amour d'un enfant envers sa mère, surtout lorsque celle ci décède. Parce que l'enfant ne va pas l'oublier tout de suite, il aura toujours à penser qu'elle est cachée quelque part, avec espoir de la voir revenir un jour.

Qu'est-ce qui est fait ou sera fait par la commune en guise de devoir de mémoire ?

La commune en son temps avait saisi le chef de l'Etat qui a répondu favorablement en acceptant de dresser une stèle du souvenir. Nous avons déjà choisi la maquette. Le dossier a été coté au ministre des Arts et de la Culture (Minac) et nous attendons la suite. Des sites ont été identifiés et un a été choisi, mais il pose encore des problèmes. Cette question sera résolue avec l'arrivée du Minac ce samedi. La maquette a été conçue par les designers camerounais qui ont préalablement soumis des propositions. On y retrouve la symbolique, l'évènement et les matériaux. On s'est accordé sur l'essentiel. Elle sera dressée d'ici 2018. Je le crois fermement.

Les activités économiques de la ville étaient liées au train. Comment les populations vivent-elles son absence ?

La réduction du trafic pénalise les populations qui vivent le long du chemin du fer. Pourtant, ce sont elles qui alimentent les autres. Nous nous débrouillons avec nos routes pour écouler nos produits. Mais, nous essayons de nous adapter à cette situation qui s'impose à nous pour approvisionner les agglomérations. Malgré le retard, nous avons un train régulier communément appelé « mbombo », qui passe une fois par jour.

Que dites-vous à ceux qui associent l'image de la ville d'Eseka à cette catastrophe ?

Je leur dirais oui, parce que pareil évènement ne s'est jamais produit au Cameroun. Non, pas parce que le Camerounais ne devrait pas vivre avec la douleur. Nous devons continuer à travailler afin de contribuer à l'émergence de notre pays. L'histoire mythique de cette ville est toujours empreinte de beaucoup de choses. Mais nous vivons avec cette nouvelle image et souhaitons que cette ville puisse se développer. Nous demandons donc à l'élite de venir bâtir Eséka. C'est un projet qui ne concerne pas seulement la mairie, mais tout le monde. Nous devons faire un effort pour changer la physionomie de la ville.

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