20 Octobre 2017

Cameroun: Parlement panafricain - Fin de session à Midrand

interview

Il aura plané durant ces deux dernières semaines comme un air de campagne électorale sur les travaux de la 5e session ordinaire de la 4e législature du Parlement panafricain (PAP) qui se tenaient au siège de cette institution de l'Union africaine à Midrand en Afrique du sud.

Normal, serait-on tenté de dire. Cette session ordinaire est en effet la dernière avant celle de mai de l'année 2018 qui verra le renouvellement de l'exécutif du PAP. De nombreuses réunions de caucus, ensembles sous-régionaux habilités à présenter les candidatures, se sont succédé. Le principal enjeu, il convient de le relever, est la présidence de l'institution, à la tête de laquelle se trouve le député camerounais Roger Nkodo Dang. Notre compatriote, qui espère recevoir l'aval de ses pairs de la sous-région d'Afrique centrale, devrait briguer un second mandat. Il indique, dans une interview accordée à CT à Midrand, avoir les arguments nécessaires pour y parvenir.

Interview

« Nous avons un bilan à défendre »

Roger Nkodo Dang, président du Parlement panafricain (PAP).

Monsieur le président, que fautil retenir de cette 5e session ordinaire du Parlement panafricain qui s'achève ?

Nous arrivons à la fin de cette session du mois d'octobre. Le premier bilan que nous pouvons tirer est lié à la participation des honorables membres du parlement et surtout de la qualité des débats qui ont eu lieu. Ceux-ci portent notamment sur plusieurs sujets d'actualité en Afrique notamment. La question de la paix et de la sécurité a occupé une place importante dans nos délibérations. Nous avons pris une résolution pour la levée des sanctions que le gouvernement américain vient d'imposer au Tchad parce que ce pays ne collaborerait pas assez en matière de lutte contre le terrorisme. Or au regard des efforts que nous voyons le Tchad déployer tant dans le Bassin du Lac Tchad ou dans le Sahel, nous n'arrivons pas à comprendre. Nous allons approcher le gouvernement tchadien et nous irons également du côté des autorités américaines pour voir ce qu'il y a lieu de faire. C'est la dernière session qui arrive avant celle de mai de l'année prochaine qui sera consacrée au renouvellement de l'exécutif de notre institution. La fièvre monte donc.

S'agissant de cette fièvre électorale, qu'en est-il en ce qui vous concerne ?

J'attendais que les gens me laissent travailler normalement jusqu'au terme de mon mandat, mais l'on a constaté que c'est très tôt que certains se sont lancés dans la campagne. Il faut reconnaître que si l'élection à la présidence du Parlement panafricain suscite des convoitises, c'est parce que nous avons fait quelque chose en essayant de donner de la visibilité à cette institution, tant sur le plan interne qu'au niveau international. Nous avons passé trois semaines aux Etats-Unis d'Amérique en septembre dernier pour plaider la cause du Soudan. Le résultat est là : les sanctions économiques qui pesaient contre ce pays ont été levées. C'est dans cette optique que nous envisageons de faire la même chose pour le Tchad. Du point de vue de la visibilité et des bonnes relations avec les partenaires, nous avons su amener le Parlement panafricain à un niveau assez respectable. On comprend donc que cela suscite des envies. D'où la fébrilité que l'on observe aujourd'hui. Certains ont voulu user de subterfuges avec notamment la question de la rotation à la tête du Parlement.

Qu'en est-il justement de ce problème de rotation dont on a encore entendu parler en coulisses au cours des travaux qui s'achèvent ?

Le sujet a été évacué sur le plan du droit puisque les chefs d'Etat avaient déjà réglé le problème. J'ai rencontré ceux qui militent pour cette rotation. Je leur ai dit qu'il y a une seule possibilité : qu'on ne parle donc pas d'élections mais de nomination. Encore faudrait-il que les candidats soient valeureux et qu'ils aient une vision claire de ce qu'ils veulent faire de cette institution. Tout le monde s'accorde à dire qu'au moment où nous arrivions, cette institution était au bord de la fermeture. Aujourd'hui, cette maison suscite de nombreuses envies. Je crois que j'ai un bilan à défendre. Trois ans ne nous paraissent pas suffisants pour implémenter tout ce que nous avons prévu. Nous avons renoué avec les partenaires au développement qui financent beaucoup nos activités. C'est pourquoi nous pensons que nous avons un bilan valable à défendre.

Il y a un argument que certains de vos adversaires essaient d'utiliser, c'est la ratification par le Cameroun, votre pays, du Protocole de Malabo. Qu'est-ce qui pose problème ?

Il est urgent, si mon pays veut représenter ma candidature que ce protocole soit ratifié et que les instruments de ratification soient déposés au siège de l'Union africaine. Il ne serait pas logique qu'après avoir passé trois années à la tête de cette institution, que mon pays n'ait pas ratifié ce protocole. Mais ce que je sais c'est que le président de la République est assez sensible à cette question, lui qui avait déjà ordonné que le Cameroun procède à la signature de ce document. Nous espérons donc qu'à la session parlementaire qui s'ouvrira dans quelques jours à Yaoundé, l'Assemblée nationale et le Sénat vont recevoir ce texte. Nous avons bon espoir que les choses iront dans ce sens.

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