20 Octobre 2017

Tunisie: Les enfants porteurs de handicap, privés de rentrée

C'est, en effet, la situation telle que dépeinte par le secrétaire général de l'Utaim à Sfax, Lotfi Masmoudi, l'un des quatre membres démissionnaires de l'association, qui l'attribue à l'intransigeance du président de l'institution.

Explication : «L'Utaim compte deux catégories de fonctionnaires, ceux affectés directement par le ministère des Affaires sociales et ceux recrutés dans le cadre de la convention collective cosignée par les associations et le ministère. Auparavant, le personnel appartenant à la première catégorie pouvait poser sa candidature au poste de directeur de l'un des centres relevant de l'association.

Or, à partir du mois d'avril 2017, ce droit a été annulé par une circulaire , arguant du fait que ces fonctionnaires, ayant reçu une formation pédagogique et acquis des compétences dans le domaine de l'encadrement des personnes handicapées mentales, doivent être affectés exclusivement à des postes d'enseignement, d'autant plus qu'ils perçoivent une prime pédagogique».

Le président oppose son veto à l'octroi d'une procuration au profit de la Fédération des associations des handicapés

Toujours selon notre interlocuteur, au cours de la réunion tenue suite à la publication de ladite circulaire, la quasi-totalité des membres de l'association ont convenu d'en appliquer les dispositions, et de démettre les trois directeurs concernés par la circulaire, à l'exception du président qui s'est montré intransigeant, même après l'intervention du syndicat, et dont la position était favorable à l'application des termes de la circulaire.

Second point de litige, le président de l'association a opposé son veto à l'octroi d'une procuration au profit de la Fédération des associations des handicapés l'autorisant à encaisser les traitements des employés de l'Utaim versés par le ministère de tutelle , et de les verser par la suite dans les comptes personnels de ces derniers.

Lotfi Masmoudi indique que le président de l'association, bravant toujours les décisions du ministère des Affaires sociales, et dans le mépris le plus total de l'unanimité des neuf autres membres de l'association concernant les deux points de divergence, s'en tient toujours à sa position initiale, tenant obstinément tête aux autorités régionales et nationales, ce qui a créé une situation d'inertie, pour ne pas dire de blocage total : «N'eussent été les multiples interventions du ministre des Affaires sociales pour débloquer les traitements mensuels, les employés seraient restés sans salaires».

Mais là où le bât blesse c'est la situation découlant de ce conflit entre le président de l'Utaim-Sfax et les neuf autres membres de l'association. Occupés à démêler cette situation inextricable, ils n'ont pas été en mesure d'assurer la rentrée au sein des quatre filières de l'Utaim à Sfax. Conséquence : les cinq minibus de ramassage scolaire sont toujours immobilisés, pour manque d'entretien et de réparation, ce qui a privé 60% des effectifs des 360 enfants handicapés de rejoindre leurs centres, faute de moyens de transport. Il ne reste pratiquement que ceux qui habitent à proximité et qui peuvent s'y rendre à pied».

C'est d'autant plus déplorable que l'accueil de ces enfants est impératif dans les centres de l'Utaim, établissements d'éducation, de formation et de réhabilitation, qui rendent d'éminents services aux jeunes handicapés mentaux en matière de promotion d'insertion sociale et professionnelle.

Le calvaire des parents

Sur le plan familial, les centres de l'Utaim ont au moins le mérite de libérer les parents et de leur permettre de vaquer à leurs occupations. En effet, un enfant handicapé mental à la maison constitue une contrainte de taille pour les parents dont au moins un est tenu d'en assurer la garde et de se consacrer entièrement à lui, quitte à s'absenter de son travail et à sacrifier d'autres affaires de grande importance.

Le secrétaire général de l'Utaim-Sfax fait remarquer à ce propos : «L'indifférence totale du président de l'association à l'égard du calvaire des parents trouve d'ailleurs son explication dans le fait qu'il est le seul membre à ne pas avoir d'enfant présentant un handicap mental !»

Notre interlocuteur estime que la situation est d'autant plus désespérée que, d'une part, le président de l'association s'appuie sur l'article premier du décret-loi n° 2011-88 du 24 septembre 2011,portant organisation des associations, lequel garantit « La liberté de constituer des associations... ainsi que le respect de leur indépendance », ce qui explique son intransigeance et son obstination à tenir tête aux autorités sans risque d'être inquiété.

D'autre part, quatre membres ayant présenté leur démission, il n'est plus possible d'atteindre le quorum requis pour prendre des décisions ou exercer une quelconque pression sur le président de l'institution, d'autant plus que le groupe de démissionnaires compte dans ses rangs le trésorier général avec toutes les conséquences qui en découlent sur les décisions à caractère financier.

Dommage ! Dans la mesure où cette association, fondée il y a 50 ans qui encadre 360 enfants répartis sur quatre sections, celles de Sfax-Bjaoui, Chihia, Sakiet Ezzit et de la route de Mahdia, et qui emploie 70 cadres entre éducateurs, agents administratifs et ouvriers, se retrouve du jour au lendemain dans une situation quasiment sans issue et traverse, dit-on, une crise sans précédent depuis sa fondation !

Tunisie

Anderlecht - Hamdi Harbaoui veut plus du temps de jeu

Hamdi Harbaoui reçoit de plus en plus sa chance à Anderlecht. Pourtant son avenir reste flou. Face… Plus »

Copyright © 2017 La Presse. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour toute modification, demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica publie environ 900 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.