20 Octobre 2017

Burkina Faso: Appel à manifester de Pascal Zaïda - Des commerçants s'en démarquent

Les responsables de la coordination des structures syndicales et associatives des commerçants de Rood-Woko invitent les commerçants à se démarquer du meeting que prévoit d'organiser le responsable du Centre d'expression démocratique (CED), Pascal Zaïda, le 21 octobre prochain, avec ou sans autorisation des autorités.

L'appel a été lancé hier, 19 octobre 2017, au cours d'une conférence de presse qu'ils ont aminée à la salle de réunion de Rood-Woko, à Ouagadougou. C'était en présence de quelques membres des organisations de commerçants.

Les commerçants de Rood-Wooko redoutent le meeting du 21 octobre que veut organiser vaille que vaille le coordonnateur du Centre d'expression démocratique (CED), Pascal Zaïda. Leur inquiétude est fondée sur le fait qu'il pourrait y avoir des débordements parce que, disent-ils, « personne ne maîtrise la rue. En cas de débordement, les commerçants, comme d'habitude, payeront un lourd tribut. Nous l'avons constaté en 2008, en 2011 et avec le putsch manqué de 2015. Et comme l'adage le dit, "mieux vaut prévenir que guérir". De 2008 à nos jours, les troubles qui se sont succédé au Burkina ont fait payer aux commençants un lourd tribut ».

Pour eux, le contexte sécuritaire actuel ne sied pas à une telle manifestation, car le Burkina qui n'échappe pas à la crise mondiale qui engendre des conflits internes, des guerres, etc., ne peut faire une semaine sans être attaqué par des terroristes qui veulent, disent-ils, coûte que coûte installer la psychose et l'anarchie au Burkina. Et en dépit de cette situation sécuritaire précaire, des individus « mal intentionnés », ont-ils déploré, veulent semer le désordre dans le pays.

Pour le coordonnateur de la coordination des structures syndicales et associatives des commerçants de Rood-Woko, El Hadj Inoussa Kaboré, si la sécurité va mal dans un pays, l'économie aussi va mal. Car, dit-il, lorsque les troubles persistent, les investisseurs fuient le pays. « C'est pourquoi nous dénonçons les mauvaises pratiques de certaines personnes égarées et dont la volonté absolue est de défier les autorités afin d'assouvir leurs desseins inavoués», a-t-il soutenu. Avant d'ajouter que nul n'est au-dessus de la loi.

La démocratie interdit la pagaille

« Nous sommes certes en démocratie, mais la démocratie interdit la pagaille et tout ce qui peut ternir son image », a-t-il martelé avant d'appeler au bon sens de tous. « Nous lançons un appel à tous les commerçants, les opérateurs économiques, les acteurs de l'économie informelle à se mobiliser dans la solidarité et à se démarquer des manifestations inutiles comme celle prévue pour se tenir le 21 octobre 2017 », a-t-il lancé. Car, pour ses camarades et lui, ce meeting est organisé pour provoquer l'insécurité. Selon eux, c'est ensemble avec les autorités, que le peuple pourra trouver des solutions idoines à ses préoccupations pour le développement du pays.

A l'intention de ceux qui réclament chaque jour la libération des prisonniers du putsch manqué du 16 septembre 2015, ils leur ont demandé d'avoir un droit de regard pour les morts et d'accepter que la Justice fasse la lumière sur ce dossier. Tout en réaffirmant leur soutien au gouvernement pour la quête de la paix et la stabilité au Burkina, ils ont annoncé l'organisation prochaine d'un grand meeting des commerçants dont l'objectif est de plaider pour la paix et la stabilité.

Mais, pourquoi les commerçants ont-ils tant peur du meeting du CED? La réponse à cette question est claire. « Si c'était au stade ou à la Maison du peuple, les commerçants ne redouteraient pas autant cette manifestation. Mais, il s'agit d'un meeting qu'un citoyen veut coûte que coûte organiser. Nous ne savons pas quelle force il a pour opposer un bras de fer à l'Etat », ont-ils confié. Mais, Zaïda n'est-il pas dans son droit d'organiser son meeting? La réponse des conférenciers est sans équivoque. « Il est dans son droit, nous n'avons rien contre lui, mais nous protégeons notre gagne pain.

Un adage dit que "quand un caillou tombe du ciel, chacun protège sa tête" ». Pour eux, la peur des commerçants est légitime, parce qu'il y a une insistance à organiser le meeting. Or, en cas de débordement, le marché peut être attaqué comme ils l'ont déjà vu en 2008. Outre cela, des djihadistes peuvent également profiter de cette situation pour commettre des attentats.

Les commerçants menacent de riposter en cas d'attaque du marché

Ils ont, par ailleurs, menacé de riposter en cas d'attaque du marché par des manifestants. Ils ont aussi demandé à l'Etat de protéger les marchés, au cas où le meeting a lieu comme prévu.

Burkina Faso

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