21 Octobre 2017

Tunisie: Sommes-nous égaux devant l'impôt ?

Mais il n'en demeure pas moins vrai que d'année en année, l'étau se resserre autour de ceux qui rechignent à payer leurs impôts. Le projet de loi de finances, qui devra être adopté au plus tard le 10 décembre, prévoit pas moins de 11 mesures dites de "lutte contre l'évasion fiscale", dont un suivi du respect des conditions d'octroi des avantages fiscaux, la hausse des pénalités de retard ou encore l'alourdissement des peines de prison pour les évadées fiscaux, qui passent d'une peine maximale de trois ans à des peines de 3 à 5 années d'emprisonnement.

Même si les approches sont différentes, chez Keynes et chez les néoclassiques, l'épargne est égale à l'investissement et les deux sont nécessaires à la prospérité économique. Du coup, le gouvernement a choisi de tenter de les booster les deux à la fois. Afin d'encourager les créations de projets, le projet de loi prévoit une exonération fiscale, pendant trois ans, pour les entreprises créées entre 2018 et 2019. Pour les PME se trouvant en difficulté, l'Etat se propose de les aider à se restructurer, notamment en prévoyant des plans de rééchelonnement de leurs dettes. Selon leurs secteurs d'activité et leurs chiffres d'affaires, les PME bénéficieront même d'une baisse d'impôt de 25 à 20%. Dans le but de soutenir l'emploi dans les zones de développement régional, c'est désormais l'Etat qui paiera les cotisations patronales des salariés embauchés entre 2018 et 2020.

Le montant à retrancher de la base imposable sur les comptes d'épargne pour investissement, se verra rehausser de 20.000 à 50.000 dinars. Deux autres mesures prévues (en faveur de l'assurance vie) visent également à encourager l'épargne à moyen et long terme.

Le PLF entend aussi extirper certaines professions en perte de vitesse, et qui connaissent d'énormes difficultés, à l'instar du secteur de la presse écrite, pour qui l'Etat s'engage à prendre en charge les cotisations patronales. Préserver les emplois, dans un secteur qui a perdu pas moins de 10% de son chiffre d'affaires en 7 ans.

Les artisans aussi, sensiblement touchés par la crise, verront leurs ardoises accumulées auprès de l'Office national de l'artisanat, tout bonnement effacées. Ils seront ainsi remis en selle et pourront prétendre à de nouveaux crédits pour faire face à la disette.

La disette, c'est justement l'angoisse de la majorité des Tunisiens, c'est-à-dire la classe moyenne. Avec des augmentations tous azimuts, les ménages tunisiens pourraient voir des dinars et des millimes pousser comme des champignons, non pas dans leurs fiches de paie, mais bien sur leurs factures.

La taxe sur la valeur ajoutée sera probablement augmentée d'un point (toutes catégories confondues), la facture de téléphone portable, l'internet et les frais de toutes sortes d'opérations seront augmentés. Pour l'anecdote, même les frais relatifs à l'obtention d'un prêt seront réévalués à la hausse.

A titre d'exemple, la taxe sur la recharge téléphonique passera de 100 millimes pour 1 dinars; à 140 millimes pour un dinar.

Ces ménages qui auront à payer tout cela n'échapperont toutefois pas à l'impôt de solidarité que paieront salariés et entreprises (même celles qui bénéficient d'exonération). Le porte-monnaie en berne, les Tunisiens risquent de devoir se serrer la ceinture, tout comme l'Etat d'ailleurs. Avec à peu près 22 millions de dinars, les dépenses de gestion représentent l'essentiel des dépenses. L'enveloppe allouée au développement s'établit à 5,121 millions de dinars. Le gouvernement de Youssef Chahed espère la réalisation d'un taux de croissance de 3%.

Tunisie

Korbous fera le décollage si rêvé !

Dans notre dernier papier, nous avons eu l'occasion d'annoncer la construction, d'ici l'année 2020, d'un… Plus »

Copyright © 2017 La Presse. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour toute modification, demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica publie environ 900 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.